Les rois du challenge round
Jadis, certains Grands Chelems de tennis, Wimbledon et l’US Open, étaient soumis à une règle appelée challenge round. Le tenant du trophée rencontrait le vainqueur du tournoi des challengers (sur le modèle de la Coupe de l’America, en voile, ou du championnat du monde d’échecs) ...
Le nom de William Renshaw ne vous dit probablement rien.
Pourtant, ce tennisman britannique fut sept fois vainqueur dans le temple du tennis, Wimbledon (1881, 1882, 1883, 1884, 1885, 1886, 1889), comme un certain Pete Sampras (1993, 1994, 1995, 1997, 1998, 1999, 2000).
Roger Federer, six fois vainqueur à Wimbledon (2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2009), aura peut être l’occasion d’égaler puis de dépasser Renshaw et Sampras, s’il joue jusqu’en 2012.
Par contre, les six victoires consécutives de l’Anglais (1881 à 1886) ne sont pas prêtes d’être égalées. Federer (2003 à 2007) et Borg (1976 à 1980) se sont arrêtés à cinq, Sampras (1997 à 2000) à quatre.
Mais contrairement à l’Américain, au Suédois et au Suisse, vainqueurs en jouant à chaque fois sept matches, Renshaw a bénéficié de la règle en vigueur à l’époque, le challenge round. Elle permettait donc au tenant du titre d’être qualifié d’office pour la finale de l’édition suivante. Son challenger était le vainqueur d’un tournoi préalable à élimination directe, sur le même modèle que le tableau complet existant actuellement, avec 7 matches couperet dans les tournois du Grand Chelem.
Aboli en 1922 à Wimbledon ainsi qu’à l’US Open, ce système fut utilisé en Coupe Davis jusqu’en 1972. Par contre, le challenge round n’a jamais existé à Roland-Garros, internatonal depuis 1925. Excepté Nadal ou Borg, tous deux vainqueurs de quatre tournois de Roland-Garros consécutivement (1978 à 1981 pour le Suédois, 2005 à 2008 pour l’Espagnol), aucun joueur n’a pu aligner une série de victoires. Conserver son titre à Roland-Garros est déjà un sacré exploit, réussi par Pietrangeli (1959 et 1960), Kodes (1970 et 1971),Lendl (1986 et 1987), Courier (1991 et 1992), Bruguera (1993 et 1994) et Kuerten (2000 et 2001), en plus de Borg et Nadal. Dominer la terre battue de façon durable paraît plus complexe que régner sur le gazon ou le ciment ...
Quintuple vainqueur consécutivement à Wimbledon (1902 à 1906), Lawrence Doherty a profité du challenge round, indiscutablement, comme Renshaw.
Idem pour Richard Sears à l’US Open, septuple lauréat à New York, entre 1881 et 1887, ou pour William Larned, également sept fois titré à l’US Open (1901, 1902, 1907, 1908, 1909, 1910, 1911).
Quant à Bill Tilden, six fois vainqueur de l’US Open entre 1920 et 1925 (et une septième fois en 1928), il a vécu la fin de cette époque. Mais Tilden, également triple vainqueur à Wimbledon, fut le premier titan du tennis, avant Gonzales, Rosewall, Laver, Connors, Borg, McEnroe,Lendl, Becler, Sampras, Federer et Nadal. Sans diminuer les mérites de Renshaw ou Doherty, Tilden était un joueur d’une toute autre dimension, étant quasiment invincible en Coupe Davis ou en Grand Chelem pendant les années 20.
En Coupe Davis, le challenge round a également permis de longues séries de victoires. Les Etats-Unis ont aligné sept saladiers d’argent entre 1920 et 1926. La France, via les mousquetaires Borotra, Cochet, Lacoste et Brugnon, a succédé aux Américains avec six victoires consécutives entre 1927 et 1932. Le Royaume-Uni et l’Australie ne sont pas en reste, avec des séries de quatre victoires consécutives (1933-1936 pour les Britanniques, 1950-1953, 1959-1962 et 1964-1967 pour les Australiens). Depuis l’abolition de ce système en 1972, aucun pays n’a su instaurer une domination durable. Aucune nation n’a réussi desérie de trois victoires consécutives. Pour les doublés, on recense les Etats-Unis (1979-1979, 1981-1982),la Suède (1984-1985, 1997-1998), la RFA (1988-1989) etl’Espagne (2008-2009). Comme en Grand Chelem, on voit l’influence du challenge round.
Renshaw, Doherty, Sears, Larned. Quatre immenses joueurs, mais que se serait-il passé sans le challenge round? Auraient-ils pu affirmer leur suprématie aussi facilement sur le tennis de leur époque? Compteraient-ils autant de victoires?
On ne le saura jamais, mais ce qui est certain, c’est que Borg, Federer ou Sampras, eux, auraient porté leurs records encore bien plus hauts!
Pour bien se rendre compte des exploits de Borg, Sampras ou Federer sans le challenge round, par exemple à Wimbledon.
41 victoires consécutives pour Borg entre 1976 et 1981 à Londres, avant la défaite en finale contre McEnroe en 1981
53 victoires en 54 matches pour Sampras entre 1993 et 2000 à Wimbledon, seule défaite en 1996 contre Richard Krajicel, en quarts de finale.
41 victoires consécutives pour Federer entre 2003 et 2007 à Wimbledon, avant la défaite en finale contre Nadal en 2008 (précédente défaite contre Mario Ancic en 2002)
A Roland-Garros, Nadal a réussi 31 matches sans défaite de 2005 à 2009, avant de s’incliner contre Robin Soderling en 1/8e l’an passé. Sacrée performance pour le taureau de Manacor.
outre le fait que les tenants du titre étaient directement qualifiés pour la finale, les tournois manquaient cruellement de concurrence. Il n’y avait que des Anglais à Wimbledon, des Français à Roland Garros, etc...
ps : avec ton article, tu m’as plombé mon quizz ! (une question en tout cas)
lol pour ton quizz... mauvaise coïncidence ;-)
En effet, avant 1925, Roland-Garros était réservé aux seuls Français. Max Decugis imposa son hégémonie au tournoi parisien.
Ce fut ensuite le tour des Mousquetaires, Borotra, Cochet et Lacoste se partageant les titres de la fin des années 20 et du début des années 30.
Je dois mentionner qu’un autre joueur a réalisé une incroyable série de victoires dans un tournoi du GC, mais pour une autre raison que le challenge round. Seul amateur de bon niveau en Australie au milieu des années 60, Roy Emerson profita du fait que Rod Laver et Ken Rosewall, ses deux plus glorieux compatriotes, étaient passés sur le circuit pro (interdit de participation aux GC avant 1968), pour s’adjuger 5 victoires consécutives à l’Open d’Australie ... de 1963 à 1967 !
comme tu l’as souligné, les succès de Roy Emerson ne valaient pas grand chose car outre Rosewall et Laver, ultra dominateurs sur le circuit pro, de nombreux autres joueurs pro eux aussi étaient meilleurs qu’Emerson.
Il a gagné 12 tournois du Grand Chelem (record battu en 2000 par Sampras à Wimbledon), mais n’ayant plus jamais gagné de tournoi majeur après 1967, cela dévalorise son palmarès, en effet (l’ère Open ayant débuté en 1968).
Rosewall et Laver, eux, ont su gagner après 1967 (notamment Laver, auteur du Grand Chelem en 1969, le second de sa carrière après 1962).
les données étaient totallement faussées entre 1945 et 1967, les meilleurs joueurs étant passé pro.
S’ils avaient pu participer aux GC, Rosewall aurait pu en gagner une vingtaine et Laver presque autant. Emerson, lui, n’a jamais battu ces 2 compratriotes... et pourtant il en a gagné 12 !
Oui, complètement.
Même constat pour Pancho Gonzales, le meilleur tennisman professionnel des années 50, "seulement" vainqueur de deux US Open.
Ton récent article sur Rosewall a rendu justice à ces joueurs injustement oubliés ...
Quant à Borg, absent en 1977 à Roland-Garros, il ne perdit qu’un match à Paris entre 1974 et 1981.
C’était en 1976, contre l’italien Adriano Panatta, en quarts de finale.
Son bilan est donc, entre 1974 et 1981, de 46 victoires pour une seule défaite.
Oui, 49-2 au total avec sa défaite en 1/8ème en 1973 contre... Panatta ! Ce type peut quand même s’énorgueillir d’être le seul jouer à avoir battu le Suédois à Roland-Garros, très fort. Et en plus, deux fois !!!
Autre faits marquant, il est également le seul joueur à avoir gagné un Tournoi du Grand chelem en sauvant une balle de match au 1er tour, RG 1976 (excellente année au demeurant !)
Mais il va arrêter de spammer le Vox celui là !
quel recours on a Axel ? pas grand chose.
Je sais mais la modération laisse à désirer doublement : sur les articles mode "dépêche AFP" ainsi que sur ces spams !
J’ai cru comprendre lorsque je me suis inscrit que le site venait d’être repris par l’equipe, mais qu’il était géré par une autre société auparavant. Ca expliquerait qu’ils en aient un peu rien à faire.
Oui et non car si la pub vient petit à petit sur le Vox, le site devra être nickel ...

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C’est plus le travail défensif des deux ailliers hazard-gervinho que je trouve un peu léger, m ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
MS Montreal demarre le 5 aout ...et le 6 a Stockolm la course du siecle ??? ( GAY ,BOLT POWELL. ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
ouais Axelborg je suis d accord avec toi sur l analyse faite des politicards francais ! Tu as e ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
Oui juillet c’est un peu la session de rattrapage sur terre battue avant la saison américaine ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
@armand,On ne peut pas comparer l’impact du sport sur la société entre la France et l’Es ...
> 23 Autres ...
normal Garcia c’est Espagnol non ?? ;) Quand on se souvient de leur entame de saiso ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
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> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
et pour rester dans le debat : je dirais que je suis choqué vu les querelles des hommes politiq ...
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