L’épopée de l’équipe de France en Coupe Davis
Notre équipe nationale méritait bien un article à part dans cette rétrospective sur la Coupe Davis... Le tennis français, après l’époque des Mousquetaires, a connu une longue traversée du désert, dont les années 70 ne sont que le prolongement. Patrice Dominguez, Patrick Proisy et François Jauffret constituent une équipe correcte sans plus, à une époque où la Coupe Davis souffre de toute façon d’une désaffection des meilleurs.
Yannick le hussard
En 1981 est créé le groupe mondial de Coupe Davis, et la France fait partie des 16 équipes disputant cette première édition sous ce format. Le fer de lance de l’équipe est Yannick Noah (21 ans), épaulé par Thierry Tulasne (18 ans) et Henri Leconte (18 ans), sous le capitanat de Jean-Paul Loth.
L’année suivante, la France atteint la finale en battant l’Argentine de Guillermo Vilas, puis la Tchécoslovaquie et la Nouvelle-Zélande, à l’issue de trois rencontres serrées. En finale, elle défie à domicile (Grenoble) les Etats-Unis de John McEnroe. Le premier point scellera le sort de l’équipe de France: Noah mène 2 sets à 1 contre McEnroe, mais finit par s’incliner en 5 sets. Le jeune Leconte, ensuite, pêche par inexpérience face à Gene Mayer, et le tandem McEnroe-Fleming achève le travail... Une défaite durement ressentie par Noah, qui a senti dans le staff de l’équipe un crédo «l’important est de participer»... Cette défaite est fondamentale pour Noah, et jouera un rôle essentiel dans l’état d’esprit de l’équipe de France victorieuse 9 ans plus tard.
Les années suivantes seront plus contrastées. La France s’incline à l’extérieur en demi-finales 1983 contre l’Australie, puis en quarts en 1984, face à la Tchécoslovaquie. Elle touche le fond en 1985, en perdant une rencontre houleuse disputée à Ascunsion, contre le Paraguay de Victor Pecci. En barrages, la Yougoslavie de Zivojinovic est la plus forte: la France sera en deuxième division en 1986... Entretemps, le jeune Guy Forget intègre l’équipe, formant avec Leconte une paire redoutable en double.
L’équipe retrouve le groupe mondial en 1987, mais s’incline en quarts face à la meilleure équipe du moment, la Suède, emmenée par Wilander et Edberg. Rebelote l’année suivante, où les Suédois restent les plus forts en demi-finales. En 1989, Noah et McEnroe, tous deux en net regain de forme, s’affrontent sur le sol américain sept ans après leur duel de Grenoble; le second l’emporte largement, et la France s’incline 5/0... En 1990, l’arrivée de Patrice Dominguez semble symboliser un nouvel espoir pour l’équipe... mais c’est un faux espoir, la France s’incline dès le premier tour à Perth face à l’Australie, Wally Masur l’emportant à deux reprises en cinq sets sur Noah et Leconte.
La folie de 1991
Plusieurs éléments se conjuguent pour expliquer la campagne victorieuse de 1991:
- Guy Forget atteint le sommet de sa carrière et remporte 6 titres en simple cette année-là, dont Bercy. Il pointe un temps au 4ème rang mondial.
- Yannick Noah, en préretraite, devient le capitaine de l’équipe, et lui insuffle une énergie, une «magie», qui a été sa marque de fabrique pendant sa carrière.
- L’équipe de France joue tous ses matchs à domicile.
La France arrache ainsi une difficile victoire en quarts face à l’Australie, dans les Arènes de Nîmes, le spécialiste de terre battue Richard Fromberg remportant ses deux simples contre Forget et le (très) jeune Fabrice Santoro. Mais c’est ce dernier qui sauve l’équipe, en l’emportant en quatre sets sur Wally Masur dans le dernier simple. En demi-finales, la France affronte une Yougoslavie privée des Croates Ivanisevic et Prpic, pour cause de conflit yougoslave, et l’emporte sans réelle opposition.
En finale se dresse l’équipe des Etats-Unis, emmenée par Sampras et Agassi, et la paire Flach-Seguso en double (titrée plusieurs fois en Grand Chelem). Un élément nouveau entre en jeu: Henri Leconte, 160ème mondial, se prépare comme jamais pour cette finale, dont il va renverser totalement les perspectives. Contrairement à la finale de 1982, c’est une équipe de France bien préparée et sûre de ses chances qui défie l’ogre américain, sur surface rapide à Lyon.
La finale débute mal pour la France: Forget, après un premier set gagné de haute lutte, est impuissant face à Agassi qui le lamine de ses retours meurtriers (6/7 6/2 6/1 6/2). Leconte entre alors en scène, face à Sampras; il joue sans doute le meilleur match de sa carrière pour l’emporter nettement (6/4 7/5 6/4) dans une ambiance de folie. Le samedi, Forget et Leconte surfent sur une vague d’euphorie pour battre en quatre sets (6/1 6/4 4/6 6/2) Flach et Seguso. C’est à Forget que revient l’honneur d’apporter le point décisif, face à Sampras qu’il vient de battre en finale à Bercy; le Français l’emporte au terme d’un match crispant et serré (7/6 3/6 6/3 6/4) et envoie son équipe - et son pays - au paradis. Cette finale jouera un grand rôle dans le regain de popularité du tennis en France. Elle est l’œuvre de la génération Noah, ses trois protagonistes se connaissant alors parfaitement, et Forget et Leconte ayant atteint leur maturité tennistique.
La génération Pioline-Boetsch
Mais Forget et Leconte vont lentement décliner, et la défaite en quarts de finale (3/1 mais au terme d’une rencontre très serrée) de l’édition suivante à domicile face à la Suisse (emmenée par Hlasek et Rosset), va provoquer le départ de Noah. Leconte fait encore bien partie de l’équipe en 1993, mais les deux meilleurs joueurs de l’équipe sont désormais Arnaud Boetsch et Cédric Pioline. Le second refusant de jouer en l’absence de son entraîneur Henri Dumont, c’est une équipe affaiblie qui récolte une défaite improbable 3/2 face à l’Inde en quarts de finale 1993, avec notamment un Leander Paes incontrôlable qui remporte ses deux simples sur Boetsch et Leconte. En 1994, Pioline joue enfin sa première rencontre à Cannes en quarts de finale, mais ne peut rien faire contre un Edberg étincelant qui va emmener la Suède une nouvelle fois à la victoire.
Après un intérim (peu concluant) au capitanat assuré par Georges Goven, Yannick Noah reprend les rênes de l’équipe en 1995. Mais il ne peut éviter une défaite face aux Etats-Unis sur leur sol, avec Jim Courier et Todd Martin en simple.
L’ivresse de 1996
Pioline et Boetsch, clairement, sont les deux patrons de l’équipe qui entame la campagne de 1996. Ils remportent une première victoire logique à domicile face au Danemark, puis une deuxième contre l’Allemagne, Becker ne disputant que le double et Stich étant blessé. En demi-finales, à Nantes face à l’Italie, ils remontent le handicap de la perte des deux premiers simples: Guy Forget et Guillaume Raoux remportent le double, et Pioline et Boetsch gagnent les deux derniers simples, respectivement contre Furlan et Gaudenzi.
La finale se dispute contre la Suède, à l’extérieur, dans une salle de Malmö. Cette finale doit parachever en beauté la carrière de Stefan Edberg, qui prend sa retraite dans la foulée... Hélas pour le champion suédois, il se blesse au début du premier simple contre Pioline, et ce dernier l’emporte logiquement (6/3 6/4 6/3). Enqvist, monstre et fer de lance de l’équipe suédoise, rétablit l’égalité en l’emportant sur Arnaud Boetsch (6/4 6/3 7/6). Le double est une surprise: le «vétéran» Forget et le «bleu» Raoux l’emportent nettement sur Björkman et Kulti (6/3 1/6 6/3 6/3) et placent la France en situation idéale pour le dimanche.
S’ensuit la plus extraordinaire journée de Coupe Davis à laquelle j’ai assisté... Pioline ouvre les débats contre Enqvist. Bien que non favori, il fait un match splendide, mène 2 sets à 0, puis encore 5/2 dans le 5ème set. Mais Enqvist ne lâche rien, remonte point par point et finit par s’imposer (3/6 6/7 6/4 6/4 9/7). La défaite est dure pour Pioline, qui rate de peu l’occasion d’apporter le point décisif. Tout reste à faire...
Boetsch affronte Nicklas Kulti, qui remplace Edberg au pied levé. Le Français remporte de justesse le 1er set, est débordé ensuite par la puissance des coups de Kulti qui réalise le plus beau match de sa carrière. Mais Boetsch tient et remporte le 4ème au tie-break. Pour la première fois, une finale de Coupe Davis se jouera au 5ème set du 5ème match! Kulti lutte contre les crampes, boîte, se fait badigeonner les jambes de pommade, mais continue encore et encore à envoyer des parpaings à Boetsch, qui parvient néanmoins à tenir son service. A 7/6 Kulti, Boetsch est mené 0/40 sur son service... mais refuse de céder, revient point par point, et enfonce le moral de son adversaire. Il finit par ouvrir la brèche à 8/8, et tient son service pour conclure (7/6 2/6 4/6 7/6 10/8). Sans aucun doute la plus belle victoire de la carrière d’Arnaud Boetsch, qui a été loin de jouer son meilleur tennis mais qui, dans la plus terrible adversité, a plié, plié, mais n’a pas cassé. Il est près de 23h00, et la France émerge en vainqueur d’une rencontre au suspense irrespirable. La dernière image de cette finale est celle de Noah, qui prend Edberg sur ses épaules pour lui rendre hommage...
Sur la route de Nice
La victoire de 1996 est peut-être la plus surprenante des trois dernières de l’équipe de France: en 1991 Forget et Leconte ont évolué à un niveau exceptionnel pour battre les Américains, comme le feront Grosjean et Escudé en 2001. Rien de tout cela lors de la campagne 1996: l’équipe de France a mérité sa victoire, mais cette victoire est aussi le fruit de circonstances favorables: la blessure d’Edberg notamment, mais aussi les défaites précoces de «grosses» équipes cette année-là. L’édition de 1997 ramènera les Français à la réalité: ils perdent dès le premier tour, 3/0 contre l’Australie, nettement plus forte à domicile. La poisse s’en mêle en septembre, lorsque Pioline se blesse en plein match contre la Belgique... L’équipe de France descend en deuxième division, dont elle revient l’année suivante (1998), alors que Sébastien Grosjean est sélectionné pour la première fois.
En 1999, Noah cède le capitanat à Forget. Cédric Pioline, âgé de 30 ans, joue le meilleur tennis de sa carrière et son apport est primordial pour l’équipe de France puisqu’il gagne tous ses simples jusqu’à la finale. Après une victoire 3/1 au premier tour face aux Pays-Bas, Pioline atomise Meligeni (récent demi-finaliste à Roland Garros) et Kuerten en quarts contre le Brésil, et l’équipe de France l’emporte sans souci en demi-finales contre la Belgique. La France reçoit l’Australie en finale, à Nice... et en favorite. Patrick Rafter, en effet, ne jouera pas en raison d’une blessure. Si Lleyton Hewitt (18 ans) est battu par Pioline le premier jour en trois sets serrés, la surprise vient de Mark Philippoussis qui bat nettement Grosjean, puis Pioline (Woodbridge et Woodforde ayant remporté entretemps le point du double). Pauvre Pioline, qui rêvait d’apporter le point décisif...
Cette défaite laisse de sérieuses traces dans l’équipe, qui s’incline d’emblée face au Brésil de Gustavo Kuerten lors de l’édition 2000 et laisse transparaître des traces de désunion. Pioline est, de toute façon, en fin de carrière...
Escudé et les minots
Sébastien Grosjean et Arnaud Clément, dont l’amitié dépasse largement le cadre du tennis, se révèlent ensemble lors de l’Australian Open 2001 en s’affrontant en demi-finales. Quelques jours plus tard, ils remontent tous deux un handicap de deux sets au premier tour de la Coupe Davis, face à la Belgique et aux frères Rochus. Au tour suivant, c’est Nicolas Escudé qui se distingue face à la Suisse du jeune Roger Federer, en le battant le premier jour, puis en sauvant une balle de match face à George Bastl dans le dernier simple. En demi-finales, les Pays-Bas sont vaincus à domicile, Escudé se distinguant encore en battant Sheng Schalken sur le fil.
La finale en Australie s’annonce quasi-impossible à gagner, avec en face le jeune n°1 mondial Lleyton Hewitt, et le finaliste de Wimbledon Patrick Rafter (qui, à l’image de Stefan Edberg en 1996, tirera sa révérence à l’issue de cette finale). Arnaud Clément étant blessé, le capitaine Forget choisit logiquement Grosjean et Escudé pour les simples, et le duo expérimenté Pioline-Santoro en double. Escudé donne le ton de cette finale, en arrachant une victoire extraordinaire sur Hewitt (4/6 6/3 3/6 6/3 6/4). Mais Rafter fait un match splendide face à Grosjean et remet les deux équipes à égalité (6/3 7/6 7/5).
Le point du double est le tournant de la rencontre: Santoro et Pioline, après un mauvais départ, réussissent un match exceptionnel (un des plus beaux doubles qu’il m’ait été donné de voir) et l’emportent (2/6 6/3 7/6 6/1) sur Hewitt et Rafter; ce dernier se blesse de surcroît au cours du match, et sera indisponible le dimanche...
La fin de la rencontre est sans surprise: Hewitt laisse parler son orgueil et étouffe littéralement Grosjean (6/3 6/2 6/3)... mais c’est le remplaçant de Rafter, Wayne Arthurs, que devra affronter Escudé. Sans trembler, le Français s’impose (7/6 6/7 6/3 6/3) et offre à son pays un troisième Saladier en 10 ans.
La réussite change de camp
Avec Escudé, dont la réputation d’invincibilité naît avec cette finale, mais aussi avec Grosjean et Clément, l’équipe de France apparaît alors comme la meilleure du monde: remporter tous ses matchs à l’extérieur lors d’une campagne est très difficile, et est le signe d’une grande équipe.
La campagne de 2002, à l’inverse de celle de 2001, va se dérouler intégralement en France. Le double va bouger cette année-là, Pioline glissant lentement vers la retraite. Llodra est ainsi titularisé en double, mais la défaite de la paire Santoro-Llodra contre l’équipe américaine en demi-finales conduira Forget à sélectionner Escudé aux côtés de Santoro pour la finale.
L’équipe de France souffre en quarts contre la République Tchèque emmenée par Jiri Novak, qui est le premier joueur à battre Escudé en simple. Santoro est le sauveur de la rencontre, en l’emportant en cinq sets sur Ulihrach. La demi-finale contre les Etats-Unis se dispute à Roland Garros; les «minots» Grosjean et Clément étranglent en simple les jeunes Roddick et Blake (qui prouvent néanmoins qu’ils sont une belle équipe en devenir...), et envoient la France en finale.
La blessure d’Arnaud Clément va sans doute peser sur le résultat de la finale: pour épauler Grosjean en simple sur la terre battue de Bercy, Forget opte pour le jeune Paul-Henri Mathieu, qui va réaliser à cette occasion son baptême du feu en Coupe Davis... L’Alsacien fait bonne figure contre Marat Safin le premier jour, mais s’incline logiquement; Grosjean remet les deux équipes à égalité en battant Kafelnikov. Le double, extraordinaire, voit la paire française l’emporter en cinq sets sur Safin et Kafelnikov. Mais le dimanche, un Safin impérial atomise Grosjean, et le jeune Youzhny (20 ans) entre en scène. Mené 2 sets à 0 par PHM, il rentre enfin dans le match, remonte son handicap et l’emporte logiquement, 6/4 au 5ème, grâce à un tennis globalement supérieur. Contrairement à ce que beaucoup ont dit et écrit, cette défaite de Paulo me semble logique car Youzhny avait plus de solutions dans son jeu; après deux sets perdus sans les jouer réellement, le Russe a tout simplement imposé son tennis (magnifique). La réussite, souvent dans le camp français, a cette fois changé de camp, et la Russie mérite amplement sa victoire.
Cette défaite concédée de justesse va laisser des traces dans le camp français, qui s’incline lors de l’édition suivante à domicile en quarts, face à la Suisse de Federer, et offre l’image d’une équipe désunie. C’est à cette rencontre que remontent les soucis de Santoro avec l’équipe (là-dessus je n’en sais vraiment pas plus...).
L’équipe de France prend une belle revanche sur la Suisse l’année suivante en 2004, mais s’incline logiquement face aux Espagnols (en Espagne), rencontre au cours de laquelle Rafael Nadal est titularisé pour la première fois.
La France rentre dans le rang
Confrontée au recul d’Arnaud Clément, aux blessures de Sébastien Grosjean, à la retraite d’Escudé et aux problèmes récurrents que Fabrice Santoro semble poser, l’équipe de France ne dépasse plus les quarts de finale. La Russie emmenée par Safin et Davydenko est son bourreau à trois reprises, alors que Richard Gasquet, jeune leader qui n’en est pas un, n’obtient aucune victoire significative. Paul-Henri Mathieu, lui, affiche les limites de son jeu, malgré un investissement total et plusieurs belles victoires (Moya en 2004, Davydenko en 2007).
C’est en 2009 qu’émerge réellement une nouvelle équipe de France, avec Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon, Gaël Monfils et (toujours) Richard Gasquet, Llodra étant désormais le «vétéran» en double. Cette équipe prometteuse mais inexpérimentée s’incline dès le premier tour en 2009 face à la redoutable paire tchèque Berdych-Stepanek qui lui tend le piège parfait... Ce n’est que partie remise pour 2010, où l’équipe de France recevra l’Allemagne.
Bilan
La France n’a, à aucun moment depuis 30 ans, aligné la meilleure équipe du monde de manière durable. Elle a pourtant conquis le Saladier d’Argent à trois reprises. Au-delà de la réussite qui a parfois été la sienne, la grande force de l’équipe de France a été, dans chacune de ces trois victoires, sa cohésion:
- Pas de querelles d’égo
- Pas de joueur qui s’aligne dans des tournois et qui perturbe sa préparation
- Un capitaine incontestable et incontesté dans ses choix
- Aucun entraîneur extérieur au staff
- La certitude que l’équipe peut gagner, même dans des circonstances difficiles (l’Espagne en 2004, la Russie en 2007 et les Etats-Unis en 2008 étaient des équipes difficiles mais prenables)
Cette recette ne fonctionne pas dans d’autres équipes, comme par exemple la Russie... Mais l’histoire de l’équipe de France montre clairement que c’est la seule formule gagnante pour les Français.
Cet article m’était inspiré par la récente polémique autour de Marion Bartoli et Aravane Rezai, qui réclamaient la présence de leurs pères-entraîneurs à leurs côtés pour la dernière rencontre en Fed Cup. La position d’Escudé, qui sait parfaitement de quoi il retourne, est aussi la mienne: une équipe de France gagnante est un huit-clos au sein duquel tout le monde converge uniquement vers l’objectif de la victoire. Plus encore qu’en Coupe Davis, le meilleur exemple est probablement la victoire de la France lors de la Fed Cup 1997, où les Tauziat, Halard, Testud et autres Pierce, qui avaient de sérieux problèmes relationnels en dehors du court, avaient passé douze jours ensemble et coupées du monde extérieur, pour un superbe résultat.
Alors, je préfère une défaite des Françaises à une victoire de Marion Bartoli; je dis aux filles «dommage, mais vous n’avez pas démérité, continuez». Et tant que Marion Bartoli sera persuadée que personne d’autre que son père ne peut l’aider à gagner, sa position sera respectable mais elle n’aura rien à faire en équipe de France. Cédric Pioline aurait probablement beaucoup de choses à dire à Marion à ce sujet.
Quant aux garçons, l’avenir (proche) nous dira ce qu’il en est. Mais je rappelle que l’équipe de France doit recevoir l’Espagne, la Russie, l’Argentine, les Etats-Unis, la Suisse et la République Tchèque, la prochaine fois qu’elle les rencontrera. Dans la perspective d’une campagne prochaine (et pourquoi pas celle de 2010), ce sont une ou plusieurs de ces équipes qui se dresseront sur sa route, et elle aura l’avantage du terrain. Forget et les siens ont une belle carte à jouer...
bel article au moment où l’on parle de modifier le format de cette compétition.
Pour ma part, même si les souvenirs les plus forts datant de 1991, la plus héroïque est celle de 2001 disputée en Australie et sur gazon, surface sur laquelle brillaient Rafter et Hewitt (vainqueur à Wimbledon).
Les trois victoires sont différentes. Celle de 91 arrive après 59 ans d’attente, c’est la plus "émotionnelle". Celle de 96 est hallucinante dans son déroulement, celle de 2001 est la plus belle performance sportive.
J’avoue avoir un faible pour 96, pour le scénario hitchcockien...
1996 et les crampes de Boetsch pour Kulti.
Bien résumé, 1991 c’est l’émotion, 1996 le suspense, 2001 l’exploit sportif. Car en 2001, battre les Australiens chez eux, sur gazon, chapeau les Français !
Sans parler des deux finales perdues en 1999 et 2002, à domicile à chaque fois.
L’équipe de France, sans avoir des titans à la Sampras, Kafelnikov, Nadal ou Federer, est assez régulière depuis vingt ans. Cinq finales, c’est pas si mal, à mon avis, seule l’Espagne a fait mieux.
Les Etats-Unis l’ont gagné 6 fois depuis 1981, la Suède 5 fois, l’Australie et l’Espagne 4 fois, la France et l’Allemagne 3 fois.
Les Etats-Unis 6 fois... et encore, imagine si Sampras, Agassi, Courier et Chang avaient été de toutes les campagnes dans les années 90...
Article sympa, bien rédigé..
Juste un truc : pour moi quand la france "touche le fond" c en’est pas en 1985 face au Paraguay mais en 93 à domicile en quart contre l’Inde avec les défaites de Boetsch et de lecontre face à Paes, très loin d’être une référence sur terre battue, et la défaite consternante de Gilbert contre le retraité et bedonnant Krishnan. C’est vrai qu’il avait pas été aidé sur le banc par Goven (c’est le moins qu’on puisse dire ) mais je crois qu’on peut t évoquer le terme de faute professionnelle pour ces circonstances..
La défaite contre le Paraguay n’est tout de même pas très reluisante ! Pecci a 30 ans à ce moment-là... Mais c’est vrai qu’elle est sans comparaison avec la défaite contre l’Inde en 93. La période 93-94 est d’ailleurs une période sombre pour l’équipe de France, avec Goven sur la chaise qui n’a pas, c’est le moins qu’on puisse dire, transcendé ses troupes et qui a fait des mauvais choix. Le match contre l’Inde signe, pour ainsi dire, la fin de la carrière de Rodolphe Gilbert au plus haut niveau, honteux et traumatisé qu’il était... Perdre contre Krishnan il fallait le faire.
En France on a eu la particularité de désigner au poste de capitaine exactement la personne qu’il ne fallait pas ;
Entre le buste J-P loth , raide comme la statue du commandeur sur sa chaise, Goven, la soufflante, incapable de motiver ses joueurs et de gérer le stress des débutants, Deblicker, le parachuté de la fédération...
A ce sujet j’avais beaucoup aimé la décla de Noah dès sa prise de fonction, :" j’essaierais d’être le capitaine que je n’ai jamais eu.."
Edifiant !!
J’imagine que le bon ou le mauvais capitaine dépend aussi du tempérament... L’équipe russe fonctionne avec succès sous le capitanat de Tarpichev, proche du pouvoir de Moscou (notamment sous Eltsine) et caricature de l’homme d’appareil. A côté de lui, Deblicker ferait office d’indépendant...
Je remarque que l’équipe de France a bien fonctionné chaque fois qu’il y avait un "jeune ancien joueur" sur la chaise, c’est-à-dire un joueur fraîchement retraité, qui avait longtemps côtoyé son équipe avant de devenir capitaine. C’est peut-être cela qui manquerait à Forget actuellement : il a désormais une demi-génération d’écart avec ses joueurs, et ne les a jamais affrontés sur le terrain. Mais bon, ça vaut ce que ça vaut, je ne suis pas certain qu’un capitaine soit nécessaire pour motiver Tsonga !
Et au passage, bravo à Gaël Monfils, qui vient de torcher Kolschreiber en 3 sets. Bon départ !
Bravo Enzo encore une fois pour ton travail rigoureux et exhaustif !
Je crois me souvenir que la rencontre de finale en Australie de 2001 se joue beaucoup sur l’erreur tactique du capitaine australien d’aligner Rafter et Hewitt en simple et double alors qu’il disposait de Woodbridge et/ou d’Arthurs pour reposer l’un des (ou les) deux joueurs,Woodforde ayant déjà pris sa retraite fin 2000.Rafter n’avait pas l’épaule assez solide pour les trois matchs,le banco d’associer deux monstres du gazon tels qu’eux deux (finale à Wim pour Rafter et deux titres aux Queen’s et Bois-le-Duc pour Hewitt n’avait pas marché) Ce fut reproché au capitaine (son nom ?) mais surtout bravo à Escudé,un des tout meilleurs spécialistes français de gazon avec Leconte et Grosjean,qui fut l’instrument principal de la déroute aussie chez elle.Cependant un Rafter non blessé en match décisif.....
Je crois difficile de juger a posteriori le choix d’un capitaine par rapport à telle ou telle situation.
En 2001, en effet, Newcombe (car c’est de lui qu’il s’agit) sélectionne Rafter en double, ce dernier a un physique fragile et Newcombe le sait. Rafter se blesse pendant le double, et l’équipe perd.
En 2009, Forget choisit de ne pas aligner Tsonga en double contre les Tchèques, car il le préserve pour le dimanche, et il sait que Tsonga est fragile physiquement. Tsonga ne jouera jamais ce dernier simple, l’équipe est battue avant...
Franchement, je ne crois pas que Newcombe ait fait une erreur sur cette sélection de Rafter en double. Rafter avait impressionné tout le monde le vendredi, et sachant la fragilité de son épaule il a probablement calculé que Rafter aurait moins de chances de se blesser en double qu’en simple le dimanche contre Escudé. Par contre, je ne me souviens plus en détail de la raison pour laquelle il n’a pas sélectionné Woodbridge avec Rafter ; peut-être parce que tous les deux étaient habitués à jouer à droite ?

> 23 Autres ...
C’est plus le travail défensif des deux ailliers hazard-gervinho que je trouve un peu léger, m ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
MS Montreal demarre le 5 aout ...et le 6 a Stockolm la course du siecle ??? ( GAY ,BOLT POWELL. ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
ouais Axelborg je suis d accord avec toi sur l analyse faite des politicards francais ! Tu as e ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
Oui juillet c’est un peu la session de rattrapage sur terre battue avant la saison américaine ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
@armand,On ne peut pas comparer l’impact du sport sur la société entre la France et l’Es ...
> 23 Autres ...
normal Garcia c’est Espagnol non ?? ;) Quand on se souvient de leur entame de saiso ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
nous sommes pratiquement en inter saison ! Les cadors sont au repos et les tournoi qui se jouen ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
et pour rester dans le debat : je dirais que je suis choqué vu les querelles des hommes politiq ...
22/02 09h32
Coupe Davis : l’aventure des grandes équipes
Entre le début officiel de l’ère Open et sa véritable (...)
TdF / France 2 : et si on polémiquait ? ...
Tous s’insurgent aujourd’hui de la prise de pouvoir du maillot jaune par Alberto C ...
La NBA devient folle ...
La superteam des Miami Heat prend ses formes, en effet après l’annonce faite par Lebron James ...
JM LARQUE AU MILIEU DU DESERT ...
Seul Jean Michel Larqué s’extirpe de cette triste mêlée, un naufrage télévisuel en toute règle ...




