Grandes Villes, Grands Clubs ?
L’importance d’une ville fait-elle l’importance de son club? Et inversement, les grands clubs de football européens sont-ils tous des représentants des plus grandes mégapoles d’Europe? En se péchant sur la décennie écoulée chez les 5 pays majeurs du continent, il semblerait que cela soit une tendance lourde, mais pas une fatalité. Où quand football, économie et culture s’entremêlent...
Jeter un regard sur les clubs champions de la dernière décennie en Serie A, Liga ou Premier League semble suffisant à s’en convaincre: les grandes villes contiennent en leur sein les plus grands clubs et raflent par la-même tous les titres. Quand ce n’est pas la capitale qui truste les récompenses (Real de Madrid, Chelsea, Arsenal voir Roma et Lazio) c’est les grandes agglomérations qui les suivent (Barcelone, Valence, Liverpool, Manchester, Milan, Turin, Munich, Lyon). C’est même souvent ces puissantes métropoles provinciales qui narguent leur capitale, se servant du football comme d’une revanche pour leur damer le pion dans au moins un domaine. Le palmarès récent de la prestigieuse Ligue des Champions ne fait que renforcer ce constat, le plus petit gagnant étant Porto en 2004, 2e ville portugaise avec ses 270.000 habitants. Et le plateau actuel des 1/8e le confirme avec les mégalopoles de Moscou, Londres (2 clubs), Madrid, Barcelone ou Milan (2 clubs). Les 14 villes présentes sont en moyenne de 2,37M d’habitants (chiffre relatif certes, Moscou augmentant sensiblement la moyenne). Les petits poucets étant les 235.000...Bordelais.
Plus d’habitants, plus de spectateurs, plus de budget
Le constat parait facile, les grandes villes ont des plus grands budgets, des plus grands stades et structures, peuvent compter sur un nombre important de spectateurs. Au niveau des joueurs également, le vivier local est plus grand donc, par définition, il y a plus de chance d’y dénicher un trésor. Le cercle vertueux est alors enclenché: grosse ville > gros budget > grands joueurs > spectacle et trophées > supporters nombreux > revenus importants assurés (billetterie et merchandising) etc., etc. Si à terme cette formule s’avère une réalité, le football possède ses spécificités et brise les règles les plus évidentes. Principalement car c’est avant tout l’aspect culture et la tradition footballistique qui fait les grands clubs. Avant d’être des grandes villes Manchester, Liverpool ou Porto sont avant tout des villes de football, où la réputation du club a surpassé celle de la ville en elle-même. Le poids de l’histoire et de la tradition populaire associés au merchandising moderne font de ces villes moyennes des places fortes du football mondial. Là où certaines grandes capitales se morfondent dans la médiocrité. Vous avez dit Paris?
France-Allemagne, un couple d’exception
La fameuse "exception française" est donc là encore de mise dans notre domaine, mais cette fois-ci elle n’est pas seule car l’Allemagne l’imite également. En effet, comme chez nous, nos voisins germaniques présentent un club de la capitale totalement à la dérive avec le Herta Berlin. Club au palmarès et à l’histoire lointains, il frise aujourd’hui le ridicule avec une dernière place au classement et un ticket quasiment composté pour la 2e division pour l’an prochain, à la grenobloise. Moche pour la 2e plus grande ville d’Europe derrière Londres. A coté, même le PSG ferait office de crack...
Le mimétisme se poursuit au niveau de la variété des villes championnes. Sur les 10 dernières années, on en dénombre 5, avec en prime le titre l’an dernier pour Wolfsburg, le petit poucet de la décennie européenne avec ses 120.000 habitants. On reste encore loin de la taille de ville que l’on qualifiera "d’exceptions culturelles" comme Lens, Auxerre ou Monaco et leur trentaine de milliers d’âmes. Mais ces titres datent de 96, 98 et 2000, preuves que dorénavant, ces cas se font de plus en plus rares, voir impossibles.
Football, règne de l’argent-roi?
Un coup d’œil sur les autres sports collectifs montre également la possibilité pour une commune modeste de devenir une référence européenne. En effet, en regardant les palmarès des coupes d’Europe des disciplines comme le hand ou le rugby, on s’aperçoit que ce sont des villes autours de 200.000 habitants qui font régulièrement la loi: Leicester, Northampton, Kiel, Montpellier, Magdebourg, Pampelune. Ces sports moyennement abreuvés par l’argent, font la part belle aux villes moyennes donc. Un sport plus modeste comme le volley voit lui des champions européens à moins de 100.000 habitants comme Friedrichshafen, Trévise ou Macerata. Le basket européen de son coté, semble vouloir se calquer sur le modèle capitaliste du grand frère américain, les 10 derniers titres européens étant réparties entre Barcelone, Athènes, Tel-Aviv et Moscou. Même notre football, sous l’ère du sport-business, ne peut rivaliser en la matière. Preuve peut-être qu’il reste encore cette incertitude qui fait la beauté de ce sport, incomparable...
Car de petites villes peuvent ponctuellement jouer les trouble-fêtes voir carrément remporter la mise. A l’échelle nationale (Hoffenheim, Wolfsburg, Guingamp) ou internationale (Famagouste) des "villages" ont en tout cas prouvé que la puissance économique de la ville ne faisait pas tout, dans le sillon des victoires danoise et grecque à l’Euro. Mais la suite des événements prouvent généralement qu’il est dure pour les petits de passer du coup d’éclat à la régularité des bons résultats, et que la tendance à long terme privilégie les clubs des grandes villes.
C’est sur ces certitudes que doivent s’appuyer des clubs français au fort potentiel national comme Toulouse, Nice, Rennes, Strasbourg ou Montpellier. Assis sur un bassin de population important, avec une culture footballistique historiquement bien ancrée, ces clubs doivent s’appuyer sur un grand stade fonctionnel, une série de bonnes saisons en Ligue 1 et une épopée européenne pour enclencher un cycle et (ré)écrire leur légende.
NON..........pas forcémént vrai...........
Bien bbel article et Bravo à son OTEUR ( QUEL FOTE )
En France il y Lens , Auxerre ce sont 2 exemples qui prouvent que des Villes de moins de 50000 habitants peuvent tenir la route honorablement et en L1 et en C1 - C3 ..........tous 2 ont eu un beau parcours Européen avec à la clé des 1/4 de Finales pour l’un et demi-Finnale pour l’autre aux Coupes Européennes
Lorient , Valenciennes , Sochaux idem Villes moyennes et assez présents dans l’élite..............
Par contre Grandes Villes : Grands Clubs : c’est valabkle que pour outre-Manche : quelques 7-8 clubs Londonniens trustent els places d’Honneur et en Premiere League et aux Coupes Européennes !!!!!!!!!!
c’est le seul cas en Europe (je pense)...par contre en Argentine il y plusieurs clubs de Buenos-Aires qui eux aussi trustent les Titres et les Copas............
Après eh bin...............c’est un peu la bouteille à encre...........
Barcelone , Madrid , Milan Porto, Lisbonne , Munich , Glasgow se détachent mais après il ny a plus grand chose...........en France peut-être et encore je répète : peut-être Marseille au vu de ses 4 Finales de C1 et C3 et du titre de C1
Article très appréciable, qui s’attache aux faits plutôt qu’aux impressions.
En ce moment, c’est rare. Bravo !
Paris, Berlin ou même Rome ne valent pas Madrid et Londres, capitales qui dominent le football de leur pays.
Et encore, Madrid est concurrencé par Barcelone, tout comme Londres l’est par Manchester ou Liverpool.
"Avant d’être des grandes villes Manchester, Liverpool ou Porto sont avant tout des villes de football, où la réputation du club a surpassé celle de la ville en elle-même."
ça, c’est intéressant !
Mais bon, Liverpool est aussi connu pour les Beatles. Porto, pour son vin.
T’façons, la quasi-totalité de mes notions de géographie, je les dois au foot.
En effet, Liverpool a eu les Beatles ...
Par contre, des villes comme Newcastle, Kaiserslautern, la Corogne voire Udine peuvent dire merci au foot, qui leur donne un peu de pub.
Et aussi il faut que chez nous en France : il n’ y a aucun DERBY a vrai sens du terme........pour ceux qui sont sensible au bon Français (bien que Derby soit un mot d’origine British)
En France depuis Paris dans les années 1980 ? ? ? ? avec 2 clubs à Paris le RCP et le PSG..........plus aucun derby !!!!!!!!!
Dans les 4 Grands Championnats Européens Italien ; Anglais, Allemand et Espagnol c’est 1 derby par semaine au moins...........de même en Turquie avec 5 clubs à Istanbul et 3 perticipent annuelement aux joutes Européennes !!!!!!!!!
Roumanie aussi avec 4 clubs de la Capitale etc etc .............en France : RIEN c’est l’amer (pas Michèle mais) constat
@ TouFoot On sent bien que tu espères voir remonter le Nîmes Olympique en L1 pour que le grand derby languedocien reprenne des couleurs ! ;-)
Blague à part, il ne me semble pas me tromper en affirmant que Manchester n’est pas la seconde ville englaise derrière Londres, mais que ce titre honorifique reviens plutôt à Birmingham.
Déformation footballistique oblige (United et City) on relègue ainsi Birmingham (City & Aston Villa) derrière manchester et presque aussi Liverpool me semble-t-il...
Bonjour à tous...
Très juste Musselman, en effet la deuxième ville anglaise en nombre d’habitants est Birmingham et possède deux clubs Aston Villa et Birmingham City, c’est pas non plus les plus prestigieux du royaume. Cela renforce l’argument évoqué plus tôt de culture du foot dans une ville.
Pour en revenir à l’absence de derby en France, je souligne que bien souvent l’existence de deux clubs dans une même ville vient de scissions d’un même club comme à Milan ou Liverpool. En France je n’ai jamais entendu parler de conflits entre personne d’un même club qui conduit à la création d’un autre.
Reste la situation de Londres qui est unique avec chaque année cinq clubs de son aire urbaine représentés en première division.

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