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le 18/02/2010

Le Tournoi du centenaire - Présentation d’un mythe


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C’est une édition 2010 très particulière pour le Tournoi des Six Nations car la compétition fête cette année son centenaire. Un siècle durant lequel le jeu a évolué comme le profil des joueurs mais s’il est une chose qui n’a pas changé depuis 1910, c’est la ferveur des peuples anglo-saxons, celtes, gaéliques ou latins durant l’épreuve. Retour sur cent ans d’un Tournoi prestigieux.

A l’ére du professionnalisme et de la mondialisation du Rugby, les compétitions internationales se sont multipliées, que ce soit en Europe avec la H Cup qui fait aujourd’hui partie intégrante du calendrier ou en hémisphère sud avec le Super 12 devenu Super 14, le Tri Nations et bien sûr la Coupe du Monde qui fait désormais office de référence dans le monde de l’ovalie.

Mais si la domination planétaire de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud est incontestable sur la durée, paradoxalement la magie qui entoure les rencontres du Tournoi des Six Nations n’a rien à envier aux chocs qui opposent chaque année Wallabies, All Blacks et Springboks. La raison de ce succès tient en un mot, la tradition. Un terme qui, même avec la révolution du professionnalisme opérée ces dernières années, revient souvent lorsque l’on parle du Tournoi.

Ainsi, depuis 1910 et l’entrée de la France dans le Tournoi ( qui était jusque là disputé par l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Ecosse et l’Irlande depuis 1883 ), beaucoup de symboles sont restés gravés dans cette compétition sans être modifiés en dépit des intérêts financiers et médiatiques qu’impose le sport moderne. Ainsi, le système de bonus mis en place notamment en championnat et en H Cup afin de favoriser le jeu offensif n’existe pas dans le Tournoi, toujours au nom de cette sacro-sainte tradition. Tout comme l’a été jusqu’en 1993 le fait de ne pas départager les équipes qui terminaient à égalité de points.

Les matchs du Tournoi offrent la particularité de voir des rencontres conviviales entre supporters malgré des rapports parfois tendus sur le plan historique qu’entretiennent certaines nations. Ainsi, sans que ce soit apparenté à du chauvinisme excessif, les fans viennent régulièrement au stade vêtus du maillot de leur équipe nationale et fraternisent dans les tribunes au son d’hymnes aussi connus que "Flower of Scotland", "Swing Low, Sweet Chariot" ou "Hen Wlad Fy Nhadau" ( la terre de mes ancêtres ). Une atmosphère festive qui se prolonge avec la pratiquerituelle de la troisième mi-temps, véritable institution du Rugby à XV qui, si elle est moins partagée par les joueurs depuis l’entrée en vigueur du professionnalisme, reste une tradition bien réelle pour tous lessupporters.

S’il est difficile et quelque part un peu inutile de comptabiliser les succès de chaque nation, toutes n’ayant pas pris part à autant d’éditions et surtout, les victoires partagées ayant été nombreuses depuis la création de l’épreuve, on retient facilement en revanche les Grands Chelems réalisés par chacune de ces équipes, l’objectif majeur dans cette compétition, à savoir battre toutes les autres. L’Angleterre a réussi cet exploit à 12 reprises, le Pays de Galles et la France 8 fois chacun, l’Ecosse 3 fois et l’Irlande 2 fois.

Alors que le coup d’envoi de l’édition 2010 a été donné il y a dix jours, donnant l’occasion à tous les amoureux de ce jeu de passer une belle fin d’hiver en attendant l’arrivée du printemps, voici un bref aperçu de la relation qu’entretiennent chacune des équipes qui y participent avec le Tournoi:

L’Angleterre

La légende raconte que le Rugby trouve ses racines en 1823au cours d’un match de football oùun étudiant Anglaisnommé William Webb Ellis porta le ballon à la main derrière le but. Le Rugby est longtemps resté reservé à l’élite en Angleterre, le Football étantpratiqué dans les collèges publics tandis que le Rugby l’était dans les établissements privés afin d’endurcir les brillants étudiants appelés à diriger des ouvriers. Un adage anglais définit le Rugby ainsi: "c’est un sport de voyous pratiqué par des gentlemen". Après avoir dominé le Tournoi avant guerre dans son temple de Twickenham, l’Angleterre, victime de la popularité du Football, a peu à peu disparu de l’échiquierentre 1960 et 1990. L’avènement du professionnalisme et la médiatisation qui s’en est suivi a remis l’équipe de sa Majesté au devant de la scène avec en point d’orgue l’année 2003 où, après avoir réalisé son 12ème et dernier Grand Chelem, elle est devenue la première nation européenne à s’octroyer la Coupe du Monde.

Le Pays de Galles

Contrairement à son voisin anglais, le Rugby gallois trouve ses amateurs dans les couches populaires, notamment les fils et petits-fils de mineurs et il est ici le sport roi. Un statut qui lui a souvent permis de rivaliser avec la France ou l’Angleterre en dépit d’une population près de dix fois inférieure. Ses heures de gloire se situent principalement dans les années 1970 grâce à son quatuor des lignes arrières composé de Gareth Edwards, Barry John, Gerald Davies et JPR Williams. Par la suite, avec la fermeture des mines de charbon, de nombreux joueurs vont se tourner vers le Jeu à XIII, financièrement intéressant et la renaissancedu Rugby gallois a coïncidé avec l’arrivée du professionalisme. Depuis, les Choeurs gallois retentissent à nouveau dans le Millenium Stadium de Cardiff.

La France

Importé en 1872 par des universitaires britanniques puis pratiqué à Paris par une clientèle aisée, comme c’était le cas outre manche, le Rugby français a connu ensuite une double reconversion, géographique et sociologique. Des beaux quartiers de la capitale, le Rugby s’est peu à peu délocalisé dans le sud-ouest du pays. Des vignobles bordelais aux bistrots de Narbonne, le jeu s’est démocratisé, popularisé, se parlant avec l’accent de Toulouse. Longtemps décrié par les Britanniques pour sa brutalité et son approche du professionnalisme, ce qui lui vaudra une exclusion du Tournoi en 1931, le Rugby français s’est aussi fait remarqué pour son imagination, sa créativité, ce que les Anglais ont appelé le "French Flair". Une culture qui tranche avec la rigueur des avants britanniques et qui a souvent fait s’apparenter un France - Angleterre à une partie de gendarmes et voleurs.

L’Ecosse

C’est sur les hauteurs d’Edimbourgqu’a eu lieu en 1871 la première rencontre internationale de l’histoire. Elle a opposé l’Ecosse à l’Angleterre et ce sont les hommes des Highlands qui ont eu le privilège de s’imposer. Depuis cette date, aucune équipe ne pénètre sans crainte dans l’enceinte de Murrayfield au moment où les joueurs entonnent le "Flower of Scotland", hymne de la résistance écossaise face à l’envahisseur anglais. Pourtant, si l’Ecosse a vu naître de grands joueurs comme John Jeffrey ou Gavin Hastings, elle a souvent eu du mal à confirmer. Aujourd’hui encore, le XV du chardon est capable d’exploit à tout moment sans pour autant parvenir à s’installer durablement au sommet.

L’Irlande

L’Irlande ne traite pas le Rugby comme son cousin gallois. Il est ici un sport parmis d’autres et n’a jamais été le sport national, ses racines étant trop anglaises, trop protestantes. Comme le football, il a longtemps été interdit à Croke Park, le fief des sports gaéliques que beaucoup d’Irlandais lui préferent aujourd’hui encore, et a dû s’exiler dans le vieux stade de Lansdowne Road. Mais l’Irlande a tout de même connu quelques moments de gloire grâce au légendaire "fighting spirit" que ses joueurs peuventpleinement exprimer dans ce sport. Le Rugby a aussi la particularité d’avoirsu regrouper les joueurs républicains et unionistes sous le même maillot, catholiques et protestants, miracle propre au seul jeu à XV.

L’Italie

Invitée en 2000 à rejoindre les autres équipes dans le Tournoi, devenu dès lors celui des Six Nations, la Squadra Azzura tarde depuis à confirmer les progrès qu’elle avait montré dans les années 1990 et qui lui avait permis à l’époque d’accéder à la grande messe du Rugby européen. Sa participation est aujourd’hui remise en cause par beaucoup et il ne tient qu’à elle de faire taire ses détracteurs en obtenant des résultats.

bulle_commentaire.jpg Les derniers commentaires

par chano56

le 18 février 2010 à 10H08

Le Tournoi du centenaire - Présentation d’un mythe

hum hum ...

ça me dit quelque chose cet article.

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par Christian Cullen

le 18 février 2010 à 11H16

Le Tournoi du centenaire - Présentation d’un mythe

je sais mais il était illisible, là c’est quand meme plus agréable, non ?

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par chano56

le 18 février 2010 à 11H22

Le Tournoi du centenaire - Présentation d’un mythe

Rhaa oui ...

C’est très agréable.

Mais c’était déjà bien la semaine dernière.

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par Christian Cullen

le 18 février 2010 à 13H32

Le Tournoi du centenaire - Présentation d’un mythe

merci du compliment

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par Guillaume Pottier

le 18 février 2010 à 15H01

Le Tournoi du centenaire - Présentation d’un mythe

Tournoi du centenaire : voila une vision bien franco-française. Le tournoi existait bien avant que le XV de France ne l’intègre. Le premier tournoi date des années 1880 !!!!

100 ans d’équipe de France dans le tournoi : OUI

tournoi du centenaire : NON

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par Christian Cullen

le 18 février 2010 à 15H30

Le Tournoi du centenaire - Présentation d’un mythe

il a débuté en 1883 exactement ( c’est marqué dans l’article d’ailleurs ) mais il ne s’appelait pas encore le Tournoi.

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par lezardos

le 18 février 2010 à 15H06

Le Tournoi du centenaire - Présentation d’un mythe

ça fait donc 100 ans qu’on se fait mettre par les britanniques et leur vision anglo-anglaise du rugby

joyeux anniversaire

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par chano56

le 18 février 2010 à 15H14

Le Tournoi du centenaire - Présentation d’un mythe

Boah ... depuis qu’on a gagné notre 1er tournoi, c’est plutôt nous qui la mettons aux Britts.

Depuis 1954, c’est la France qui est en tête du nombre de grands chelems et de tournois.

Sinon Lez, t’avais raison. Flannery a été privé de pudding pendant 6 semaines. The Big entube !

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par chano56

le 18 février 2010 à 15H10

Le Tournoi du centenaire - Présentation d’un mythe

Et encore 100 ans. On s’est fait virer dans les années 30 sous prétexte qu’on était violent ou qu’on avait des professionnels.

Je ne sais plus exactement quelle raison ils ont invoqués pour nous emmerder ou retarder notre 1er grand chelem.

De plus, si on enlève les années de guerre, la France n’en est pas encore à 100 tournois.

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par morathi

le 18 février 2010 à 16H36

Le Tournoi du centenaire - Présentation d’un mythe

Super article ! Apparemment il était déjà disponible la semaine passé, en ce qui me concerne je ne l’avais pas lu et je me félicite d’avoir pu le dévorer aujourd’hui !! Merci.

@Christian : serait tu expliquer pourquoi le rugby d’abord implanté à Paris par des universitaires britanniques est devenu le sport n°1 du sud ouest ? Si bien que notre "championnat de France" se résume davantage à un championnat régional incluant en plus Paris. Il me semble qu’il serait du devoir de la Ligue d’investir pour créer un grand club dans le Nord ainsi qu’en Bretagne.

J’ai déjà posé la question sur ce site mais les réponses obtenues à l’époque ne m’avaient guère satisfaites.

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par chano56

le 18 février 2010 à 17H20

Le Tournoi du centenaire - Présentation d’un mythe

J’avais entendu une théorie plutôt sensée, qui faisait de l’église catholique Romaine, un obstacle à l’expansion du rugby, que les curés trouvaient trop violent.

le Sud ouest a été avant tout le reste en France, une terre laïque où le rugby a pu se développer (s’étant affranchi de l’autorité morale des calotins).

Contrairement à la Bretagne par exemple.

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par Christian Cullen

le 18 février 2010 à 17H26

Le Tournoi du centenaire - Présentation d’un mythe

merci pour les compliments, ça fait plaisir.

Concernant l’implantation du Rugby dans le sud-ouest, elle est essentiellement dûe à l’engouement massif pour le Stade Bordelais dans les années 1900 à 1920, qui a gagné de très nombreux Bouclier de Brennus au dépend des clubs parisiens.

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