Les flux RSS de L'Equipe.fr
le 1er/12/2009

Le véritable patron du football espagnol


Citizen Katalan

Imprimer Ecrire un commentaire

Le clasico du football espagnol a eu lieu avant-hier soir, entre le Barça et le Real Madrid. Outre la victoire du FC Barcelone sur les merengues par 1 but à 0, cette rencontre a revêtu une importance particulière pour un homme. L’homme fort du football espagnol.

Il ne s’agit ni de Joan Laporta, le président de Barcelone, ni de Florentino Perez, le président du Real, et encore moins de José Luis Astiazaran, le président de la Ligue Professionnelle du Football Espagnol (la "Liga").

Pour la première fois, tous les pays du monde, sauf l’Inde, ont pu assister au clasico ibérique, soit une estimation d’un milliard de téléspectateurs, grâce au groupe Imagina (ex-Mediapro), détenteur des droits télévisés des deux équipes et qui les a revendu aux plus grandes chaînes du monde entier: BSkyB B (Grande Bretagne), Wowow (Japon), Canal Plus (France), CCTV (Chine), Gol TV USA (Etats-Unis), Direct TV (Amérique du Sud), Sky (Italie), Al Jazeera (Moyen-Orient), Supersport (Afrique), TV4 (Suède) et NTV (Russie). Une audience équivalente à un évènement majeur olympique.

A la tête de ce groupe, un homme. Un catalan de 59 ans, au passé trotskiste qu’il ne renie pas, magnat des médias et du cinéma, que certains nomment le «Rupert Murdoch espagnol»: Jaume Roures.

Né en pleine période franquiste, issu d’une famille modeste (il quitte l’école à 12 ans pour travailler dans une imprimerie), il milite très tôt à la LCR et à la IV° Internationale et fait connaissance à plusieurs reprises des geôles du Caudillo (arrêté 7 fois, il y passe en tout deux années de sa vie). Puis il se lance dans le journalisme sportif à TV3 (la télévision publique de Catalogne) avant d’investir le monde des médias où son ascension est fulgurante.

En 1991, il découvre la gestion des droits sportifs chez Dorna, une société spécialisée en la matière, et crée Mediapro trois ans plus tard, ayant parfaitement assimilé ce qui allait devenir la véritable clé du pouvoir, la détention de ces droits télés sans lesquels aujourd’hui le sport ne serait qu’un business balbutiant.

Petit à petit, au prix d’investissements colossaux (en tout, près de 2 milliards d’euros), Mediapro devient un véritable empire et acquiert les droits télévisés de la quasi-totalité des clubs de football espagnols (36 des 42 clubs de 1ère et 2ème division), puis ceux de la Formule 1, produit même les derniers films de Woody Allen, et s’installe dans la presse écrite avec le quotidien "Publico".

Mediapro change de nom durant l’été 2009 après sa fusion avec le producteur télé Globomedia, et devient Imagina. Et le dernier né de cet empire se nomme GolTV, la première chaîne payante numérique TNT, 100% spécialisée dans le football, qui diffuse 265 matches par mois, dont 82 en direct, moyennant un abonnement mensuel de 15 €. Dès le début de l’aventure, GolTV compte pas moins d’un million d’abonnés!

Quinze ans après la création de Mediapro, devenu depuis Imagina, Jaume Roures, qui détient toujours un tiers des parts sociales, est à la tête de 2.000 salariés et d’un groupe dont le chiffre d’affaires annuel tourne, bon an mal an, autour de 800 millions d’euros.

Dans le domaine du football, on imagine aisément quelle est l’influence et la puissance du personnage, dans la mesure où les clubs ibériques sont étroitement dépendants de la manne télévisuelle. En effet, à l’instar de l’Angleterre, de l’Italie et de la France, les droits audiovisuels représentent en Espagne le plus important poste de revenus des clubs, même si ceux-ci les négocient individuellement avec les opérateurs (c’est-à-dire avec Imagina pour 86% d’entre eux).

Pour les deux clubs les plus puissants du football espagnol, considérés même comme les plus riches du monde (selon le magazine Forbes), la part des revenus issus de ces droits oscillait, pour la saison 2007/2008, entre 37 et 38% de leur chiffre d’affaires, soit 136 millions d’euros pour le Real Madrid et 116 millions d’euros pour le FC Barcelone (source Cabinet Deloitte, Football Money League 2009).

C’est dire à quel point un seul homme, par le biais de l’empire industriel qu’il a bâti, détient entre ses mains l’avenir financier, et donc sportif, du football espagnol.

Le genre d’ironie dont raffole l’Histoire, où comment un jeune trotskiste catalan, ami de José Luis Zapatero, Woody Allen, Juan Laporta, Bernie Ecclestone et Johan Cruyff, est devenu Citizen Katalan.

Un autre regard sur le football: Histoire(s) de foot

.

bulle_commentaire.jpg Les derniers commentaires

par d’ago

le 1er décembre 2009 à 11H30

Le véritable patron du football espagnol

Gol TV, j’ai vu ça cet été. La chaine débutait et a été gratuite juqu’en septembre.

Une chaine 100% foot.

J’y ai même vu des matchs du championnat de France ! Moi qui ne suis pas abonné à Canal !

Ou des matchs portugais. Une première pour moi.

Ce qui m’a marqué c’était la qualité des commentaires. Les mecs s’y connaissaient vraiment (même en football français !).

Rien à voir avec les commentateurs d’ici (je parle des chaines publiques) qui, sortis de l’hexagone, sont en terra incognita.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Munich

le 1er décembre 2009 à 11H36

Le véritable patron du football espagnol

en même temps, question foot international sur les chaines publiques, y’a la cup sur france 4 et c’est tout...C’est sûr que si tu retires les 99% de la programmation internationale que constitue les marathons du WE (le onze d’europe), t’as vraiment peu de possibilité de voir du foot de club européen ou d’amsud...

alors forcément, l’analyse des commentateurs est vite faite... mais bon une analyse sur 1% d’une population, c’est pas vraiment hyper poussée...

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par d’ago

le 1er décembre 2009 à 11H48

Le véritable patron du football espagnol

Je parle des Thierry Roland et autres Chritian Jean-Pierre.

Quand il commentent des match de l’EdF ou de coupe d’Europe.

Leur ignorance est flagrante. A l’image de beaucoup d’amateurs de foot. Je pense même que ce francocentrisme est voulu. Maintenir les gens dans les limites nationales est un des sport favoris des grands médias.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Munich

le 1er décembre 2009 à 12H05

Le véritable patron du football espagnol

Ligue des Champions : 1 match commenté sur TF1 (max 17 fois dans l’année)

PL : 3 à 6 matchs par WE sur canal

Liga : 2 à 3 matchs par WE sur Canal (plus sport plus)

Calcio : 3 à 4 matchs par WE sur Canal

tu compares une chaîne spécialisée et un réseau national qui diffuse du foot de manière ponctuelle... C’est une analyse pour le moins particulière !

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par d’ago

le 1er décembre 2009 à 12H09

Le véritable patron du football espagnol

Ben, une chaine généraliste ne devrait pas faitre appel à des commentateurs connaisseurs ?

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Munich

le 1er décembre 2009 à 12H20

Le véritable patron du football espagnol

pourquoi avoir des commentateurs experts sur des chaines qui ne diffusent pas de foot... ? les chaines publiques dont tu parlais, c’est france télévision, sinon TF1, pour ta gouverne, est une chaine privée depuis plus de 20 ans...

ça répond à ta question, mais ça n’enlève pas le fait que tu portes des jugements sur les commentateurs de foot sans avoir canal (qui diffuse 95% du foot) : autant dire que tu généralises...

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par d’ago

le 1er décembre 2009 à 12H25

Le véritable patron du football espagnol

TF1, chaine privée, je veux bien. Disons qu’elle est gratuite. Tu chipotes. T’as tellement envie de me décrédibiliser !

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Munich

le 1er décembre 2009 à 12H35

Le véritable patron du football espagnol

Gol TV, c’est une chaine payante (cf ton premier com sur l’article), compare des choses comparables !

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par d’ago

le 1er décembre 2009 à 12H41

Le véritable patron du football espagnol

D’accord, Munich.

Je le ferais pourvu que tu ne me mordes plus les chevilles à la première occase.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Munich

le 1er décembre 2009 à 12H43

Le véritable patron du football espagnol

et maintenant le mépris, toujours utile quand on est complètement à court d’argument...

Merci de ne me pas me comparer à un chien, je ne te qualifie pas de primate moi...

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par condor

le 1er décembre 2009 à 12H45

Le véritable patron du football espagnol

Roures est un authentique trotsko d’ailleurs il le revendique ........

D’où sa politique d’infiltration dans le football avec comme résultat celui d’avoir affaiblit les pauvres en les manipulants pour permettre aux puissants de s’enrichir toujours plus et de triompher !.....

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par tekrur

le 2 décembre 2009 à 22H18

Le véritable patron du football espagnol

"Roures est un authentique trotsko d’ailleurs il le revendique ........ D’où sa politique d’infiltration dans le football avec comme résultat celui d’avoir affaiblit les pauvres en les manipulants pour permettre aux puissants de s’enrichir toujours plus et de triompher (...)"

What’s else....

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par tekrur

le 2 décembre 2009 à 22H22

Le véritable patron du football espagnol

Mieux vaut être un authentique trotskyste, avec des idées, des convictions, c’est conjoncturel, ça se soigne... Un con (d’or soit-il) c’est irréductible

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Jesús de la Rosa

le 1er décembre 2009 à 19H15

Le véritable patron du football espagnol

belle réussite industriel....mais....

"C’est dire à quel point un seul homme, par le biais de l’empire industriel qu’il a bâti, détient entre ses mains l’avenir financier, et donc sportif, du football espagnol."

si ce n’est pas lui ça sera le groupe Prisa ou un autre...

« Je suis favorable à un référendum d’autodétermination auprès des Catalans. C’est important de se prononcer, même si, au final, il est probable que j’opterai pour rester dans le giron espagnol. »

tu n’as pas le choix que de rester dans le giron espagnol, pour des raisons historique, mais aussi financière si tu veux que ton affaire continue à marcher....

« Nous sommes un peuple de mille ans d’histoire, doté d’une langue littéraire riche et d’une grande ouverture d’esprit. »

une histoire riche et commune à l’Espagne étant donné que la catalogne est une communauté autonome, celle-ci ayant été rattaché au royaume d’aragon qui parlait le castillan et l’aragonais et non le catalan...

« Pourquoi un communiste ne pourrait-il pas penser à manger ? C’est drôle, on ne soumet pas ce genre de paradoxe à un catholique. Et de toute façon, je fais de l’argent pour servir mes idées. »

tes idées tu les appliques dans un système capitaliste qui te rend bien la monnaie....

si le siège social est à Barcelone la rédaction et le département commercial ainsi que la chaine sexta se trouve à Madrid....

puis zapatero est content, ça ne lui suffisait pas un groupe de presse à tendance socialiste(prisa), il lui en fallait un deuxième(mediapro)....

je crains que ça ne suffira pas pour toi et ton partie dans un futur proche...

a moins que tu es planifier un autre attentat avec tes amis de l’alliance des civilisations....

mais n’oublie pas que c’est toi au pouvoir cette fois ci... ;-)

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par AxelBorg

le 1er décembre 2009 à 21H07

Le véritable patron du football espagnol

Match des paradoxes.

Le Real, leader avant le match, a un jeu catastrophique, enchaîne les victoires en Liga (même si la Coupe du ROi et la défaite contre Milan ont laissés des traces) et le Barça est deuxième alors que son jeu léché a connu des soucis ces derniers temps.

Pendant le match, Barcelone et ses artistes sont fébriles face à un Real Madrid étrangement solide défensivement.

Et si la Liga 2009-2010 n’était pas jouée ? Et si le Real donnait vraiment du fil à retordre à ce Barça qu’on juge invincible sur la durée d’une saison ?

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par ilove_MU

le 1er décembre 2009 à 22H48

Le véritable patron du football espagnol

Avant le rouge pour Sergio, le Barça commençait vraiment à prendre le match à son compte, le Real avait la tête sous l’eau. Je suis persuadé qu’a 11v11 le score aurait été plus sévère.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Outta_Control

le 1er décembre 2009 à 23H45

Le véritable patron du football espagnol

Bizarrement je les ai trouvé meilleur a 10 contre 11 les catalans donc pas sur tout ca

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus
Laisser un commentaire Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessus l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
Derniers Commentaires
L'auteur de L'Article
Ses derniers Articles