Français, Irlandais et arbitres : un curieux mélange qui peut troubler les qualifications d’un mondial
Quand la France veut aller au Mondial, doit elle remercier les arbitres pour la qualification. Retour sur une histoire qui s’est répétée ce 18 novembre
C’est fait, nous sommes en Coupe du Monde! Bien pour nous, moins pour les Irlandais. Chacun l’aura noté. Mais les Irlandais sont-ils maudits face aux Français? Eliminés dans des conditions des plus contestables avec ce but de Thierry Henry, qui n’est pourtant ni un tricheur ni un joueur violent. Sans doute cette image le poursuivra t-elle, mais bien au delà de cette affaire, les Irlandais sont-ils victimes d’une malédiction contre les Français en coupe du monde. Retour sur les éliminatoires qui ont vu les Français affronter avec succès leurs adversaires irlandais avant que l’équipe de Raymond Domenech ne les prive de mondial en 2006 et 2010. Il s’agit des éliminatoires des coupes du monde 54, 78 et 82. Et déjà, les arbitres avaient pris la fâcheuse habitude de faire des misères aux sympathiques irlandais
1954: France Eire, match clé de notre saison internationale de football, un match dramatique pour le Mondial... Tout un programme, déjà pourrait-on dire.
Eh oui, ce n’était pas la première fois que les Français affrontaient leurs adversaires tout de vert vêtus. Première manche: éliminatoires du mondial 1954. Le 20 septembre 1953, la France entreprend son parcours pour la prochaine coupe du monde qui doit avoir lieu en Suisse et qui semble promise à la Hongrie. Cette dernière, faute d’adversaire, est même qualifiée d’office. En effet, la Pologne et la Hongrie n’étaient que les deux équipes du groupe 7. Mais la Pologne déclara forfait. La Hongrie se qualifia sans jouer. La France, quant-à elle, avait à affronter le Luxembourg et la République d’Irlande. Deux adversaires, somme toute, à sa portée. Pour entamer cette nouvelle campagne, qui, cette fois-ci, ne se résume pas à un match-aller retour contre un adversaire comme la Yougoslavie. Cependant, le match Eire France apparaît comme l’équivalent. Pour préparer le match contre le Luxembourg, le climat ne semble pas au mieux au sein de l’équipe de France. D’abord, Joseph Ujlaki, apprend-on, «renonce à sa sélection pour le Luxembourg. Il est (officiellement) fatigué.» Notons l’ironie de la presse avec ce «officiellement» entre parenthèse. Une étude des faits, menée par les reporters de l’Equipe, enrichit la polémique. Témoin de la préparation des joueurs depuis Reuil, à l’époque, Clairefontaine n’existe pas encore, le journal note à sa une qu’à 17 heures «Ujlaki débordait d’entrain» et qu’à 18 heures, «il déclarait subitement forfait.» Le joueur annonce son double forfait pour Luxembourg France et Eire France, rien que ça! Les dirigeant français veulent mettre les choses au point et le convoquent:
-j’ai perdu 3 kilos en 6 semaines et je préfère me reposer, dit l’intéressé.
-Oui, mais vous serez sans doute rétabli le 4 octobre et donc dans la possibilité de jouer contre l’Eire à Dublin.
-Je ne sais pas car je suis très fatigué et j’aurais peut-être besoin d’un repos à l’OGC Nice.
Voilà un double refus plutôt curieux. Un joueur trop fatigué et qui estime devoir bénéficier d’un repos allant de la mi-septembre jusqu’à début octobre. N’y aurait-il pas un manque d’envie de retrouver un adversaire hostile, dans un stade hostile et garni d’un public hostile tel Matterazzi au moment de retrouver l’équipe de France pour débuter les éliminatoires de l’Euro 2008, quelques semaines après la finale de la Coupe du Monde? Peut-être, car Ujlaki n’a que fort peu goûté le déplacement français en République d’Irlande du 16 novembre 1952! Il faut dire qu’il eut un sérieux accrochage avec l’international irlandais Aherne qui lui courut après suite à une altercation.
Autre soucis: Curyl, joueur du RC Paris est écarté au profit de Piantoni, qui n’a pas encore exposé tout son talent. Sur la question de son choix, le sélectionneur répond que le Parisien «ne nous apparaissait pas comme l’homme de la situation.» Cela tombait bien pour le RC Paris qui devait jouer, pendant ce temps-là, un match au Parc des Princes contre son rival du CA Paris. Le Racing pouvait donc compter sur son international. Tant mieux pour le club et pour Roger Piantoni.
Dernier soucis, Flamion, qui refuse sa sélection comme ailier gauche. «Je n’ai plus joué ailier gauche depuis 2 ans et j’ignore ce que je peux faire à ce poste-là.» Là aussi, il faut savoir-faire la part des choses. Il est fortement soupçonné d’avoir déclaré forfait parce qu’Ujlaki, lui-même, ne voulait pas jouer. Quand nous voyons ce que peuvent donner les propos de Karim Benzema, «peu motivé» lors de France Roumanie ou la discussion entre Henry et le sélectionneur Raymond Doménech, nous pouvons nous rendre compte à quel point nos contemporains n’ont rien inventé.
En résumé, nous avons un joueur forfait pour cause de fatigue, un autre par absence d’utilité dans le schéma de jeu et un dernier par refus de jouer au poste attribué. Des 3, seul Pierre Flamion joua, et même très bien puisqu’il fut à la fois passeur et buteur. Une fois les problèmes partiellement réglés, il ne restait plus qu’à se rendre dans le Grand-duché du Luxembourg pour avoir une idée de ce que cette équipe pouvait valoir. Un mot sur le calendrier: la France devait d’abord se déplacer au Luxembourg et en Irlande avant de recevoir l’Irlande et pour finir le Luxembourg. Ce qui signifie qu’il fallait, au minimum une victoire sur le Luxembourg, au moins un nul en Irlande puis une victoire sur l’Irlande à Paris avant de battre, pour l’honneur le Luxembourg. A l’époque le règlement est clair: 2 points pour une victoire, 1 pour nul et 0 pour une défaite. En cas d’égalité entre les deux premiers, le goal average particulier ne comptait pas et un match d’appui devait être organisé. Soit en aller-retour, soit en match simple selon accord entre les deux équipes. Si les deux équipes, au bout des deux ou trois affrontements étaient toujours à égalité, là et seulement là, le goal average départagerait les deux adversaires. Le Luxembourg semblant condamné à la dernière place et, sauf coup de théâtre, à un zéro pointé, la France et l’Irlande en seraient réduites à se départager lors de leurs deux affrontements. Deux victoires lors des deux premières rencontres et se seraient 80% de qualification pour la France...
Le Onze de France se doit de vaincre à Luxembourg aussi bien par le score que par la manière titre le Quotidien du Sport et de l’Automobile, en d’autres termes, l’Equipe. Pour se préparer et se rassurer, la France peut se fier à certains de ses matchs précédents comme ceux remportés sur l’Allemagne et l’Autriche où le nul ramené d’Irlande. Il n’y eut qu’une défaite à domicile contre les Belges.
La France ne trébucha pas au Luxembourg avec une large victoire chez nos voisins du Grand-duché: 6-1! Voilà bien le minimum qu’on pouvait espérer face à de modestes adversaires. Les actualités de l’époque suivent l’événement et en rapportent un reportage pour illustrer leur compte rendu. «5e minute, Kopa passe à Kargu qui donne à Piantoni et c’est le premier but français.» La France commence des plus correctement mais se laisse surprendre par la réaction luxembourgeoise. «Sur l’engagement, Marche renvoie faiblement la balle. Marche et Vignal revenus, Marche est projeté à terre et Vignal aussi et Khon reprend et marque.» Le spectaculaire gardien René Vignal est blessé, il doit laisser sa place à Remetter. Finalement, les Français à 2-1 sont décontractés. La France bat le Luxembourg 6-1.» L’équipe de France peut donc partir rassurée avec cette large victoire. Une équipe de France déjà très cosmopolite avec ses fils d’immigrés italiens, Piantoni, Gianessi et Cicci (ce dernier connut là sa seule sélection), polonais, Kopa et Glovacki (ce dernier décédé récemment) et, à partir du match suivant, Ujlaki, né en Hongrie et naturalisé français. Piantoni, Kopa, Cicci et Glovacki furent tous buteurs en compagnie de Kargu et Flamion. L’égalisation du Luxembourgeois Kohn ne perturba donc pas les joueurs français. Cela devant 15 000 personnes, dont peut-être, beaucoup de Français. Tous les avant-centres français marquèrent. Glovacki, encensé, fit «des débuts triomphants», comme Kopa. Quant-à Pierre Flamion, incertain, il fut l’auteur de deux passes décisives avant de marquer le dernier but français.
Roger Marche, l’homme aux 63 sélections (il ne fut dépassé par Marius Trésor qu’en 1982) se déclara confiant pour la suite. Dans une chronique de l’Equipe, il écrivait: «il me semble que cette équipe-là vaut bien celle qui a fait match nul à Dublin voilà 11 mois. Par conséquent, nous pouvons réaliser au moins le même résultat en Irlande et nous qualifier définitivement à Paris.»
La presse approuva la performance: un grand Onze de France écrase l’adversaire luxembourgeois: 6-1! Léon Glovacki a droit à la Une de l’Equipe pour y être célébré. «Léon Glovacki, nouvelle étoile du Onze de France, a vu le jour dans une champignonnière» apprend-on. On apprend aussi que son père, d’origine polonaise, s’est mis au français pour pouvoir lire les éloges rédigées pour son fils.
De bonne augure avant de se rendre en Irlande devant 45 000 personnes, acquises en majorité aux joueurs au maillot vert. Un rendez-vous qui s’annonçait, c’est peu dire, bien plus compliqué. Pour ce match, Ujlaki semble prêt à reconsidérer sa position car bien que soumis «à un repos complet depuis une semaine (il) ne renonce pas à jouer à Dublin.» Pour son retour, il eut cependant à s’expliquer avec les dirigeants de l’équipe de France. Paul Nicolas, l’entraîneur mit les choses au point:
-l’équipe de France vous intéresse t-elle?
-moi, mais bien sûr!
-étiez-vous réellement blessé?
-blessé, non mais fatigué.
Ilexplique que sa reprise avec l’OGC Nice contre le Stade Français l’a rassuré. Finalement, l’incident est clos et il jouera, lui dit-on. Maintenant, il faut préparer le gros rendez-vous d’Irlande et la mobilisation est de rigueur. France Football lance un avertissement solennel: suite à la victoire sur le Luxembourg, tout triomphalisme serait malvenu. L’adversaire, s’il mérite estime et respect, n’était pas au niveau de l’Irlande.
«45 000 personnes assistent à Dublin à la rencontre Irlande France (...) comptant pour le championnat du monde. Pendant plus d’un quart d’heure, c’est une puissance inouïe qui déferle sur la défense française assurée par la forme exceptionnelle de Jonquet et Vignal.» Ce descriptif, peu rassurant il est vrai, mais appuyé par les images de télévision, allait être démenti par la formidable réaction française qui pourrait servir d’exemple à leurs successeurs de 2009. En effet, des Français bousculés mais courageux qui ne voulaient pas céder quoi que ce soit à ses adversaires qu’ils n’avaient jamais, jusque là, vaincus sur leurs terres. Les Irlandais, qui veulent, eux aussi, passer une partie de l’été en Suisse, accentuent leur effort.«Mais, l’orage enfin calmé, c’est le réveil français. Kopa passe à Ujlaki qui se déporte vers la gauche et repasse à Kopa. Celui-ci passe à Glovacki et c’est le premier but français (...) Dès lors, les Tricolores ont confiance (...) Flamion passe à Panverne qui passe à Kopa, shoot et passe à Penverne but! France 2, Irlande 0 et c’est la mi-temps.»
Mener 2 à 0 à la mi-temps grâce à Glovacki sur passe de Kopa et Panverne, voilà qui devait contribuer à dégager une partie de la route menant sur les monts helvétiques avec ce soleil qui annonce un brillant réveil et prédit d’un plus beau jour le retour, les beautés, non de la patrie, pour reprendre quelques-uns unes des paroles de l’hymne de nos voisins, mais celui de notre équipe de football. Mais il faut tenir encore 45 minutes pour commencer à rêver. C’est donc avec un véritable «figthing spirit» que les Français abordent la seconde période. «Après la mi-temps, les Français, légèrement malmenés, repartent à l’attaque. Glovacki passe à droite à Ujlaki et un magistral tir en biais donne un 3e but à la France.»
Puis les Irlandais recollent au score (3-1) avant d’encaisser 2 nouveaux buts, un nouveau d’Ujlaki et 1 de Flamion. La France s’impose 5 à 3. Comme les journalistes. La route du Mondial est ouverte: victoire éclatante de l’équipe de France (5-3) et qualification virtuelle EN CHAMPIONNAT DU MONDEannonce l’Equipe. Pour la première fois, une équipe de France gagne en terre britannique dit-on à l’époque, même si la République d’Irlande n’en fait pas partie pas plus qu’il n’étaient «une Angleterre bis». Il a fallu attendre l’équipe de Roger Lemerre pour que l’équipe de France aille s’imposer en Ecosse et en Angleterre... Il y a de quoi être confiant pour la suite. «Sans pêcher par présomption, l’on peut estimer qu’il y faudra vraiment un concours malheureux de circonstances pour que nos joueurs ne réussissent point à obtenir la qualification.» A priori, il est vrai que c’est bien
parti, mais, mathématiquement, rien n’est encore fait. Alors, restons prudent, il y a encore un match retour à jouer. Prudence relative, car ce même journal en est déjà à évoquer les problèmes de constitution d’une équipe de France pour le mois de juin 1954...
Avant de poursuivre l’aventure, et à une époque au cours de laquelle les internationaux ne sont pas surchargés de matchs de coupes d’Europe, encore inexistants, la France joue deux matchs amicaux pas très encourageants: un premier en Yougoslavie, perdu, comme souvent en cette période, puisun second, perdu lui aussi, en France, contre la Suisse. En Yougoslavie, on note que les Français ont été absents. Une absence qui contrastait avec le jeu fulminant de Dublin. Contre la Suisse, ce fut encore plus affligeant! «Une équipe de Suisse, en pleine crise, qui n’a plus rien à perdre» contre laquelle la France était «à la recherche de son attaque et de son équilibre.» Mission non-accomplie qui atténua l’optimisme français et qui contrastait avec l’image de notre équipe, longtemps championne du monde des matchs amicaux comme on l’a dit si souvent...
Rien de très rassurant donc. Arrive ensuite le rendez-vous irlandais au Parc des Princes. Une victoire et le billet pour la Suisse est validé. Un nul, et tout est joué. Mais comment l’obtenir? En jouant le 0 à 0? Non! Cela, les Français ne savent le faire. Alors, il faut prendre l’équipe adverse de façon à la neutraliser... et la battre. Malheureusement, Kopa, Glovacki et Kargu manquent en attaque. En défense, ce sont Jonquet et Vignal, c’est à dire 5 titulaires! Les remplaçants allaient devoir se surpasser et avaient une opportunité de gagner là leur place de titulaire.
Le jour du match, le 25 novembre 1953, si l’événement est au Parc pour le public français, il y en eut un autre qui allait faire date: la victoire de la Hongrie contre l’Angleterre à Wembley. C’est ainsi que l’Equipe partagea sa Une: être ou ne pas être: l’équipe de France, privé in extremis de Kopa, joue, cet après midi un match contre l’Eire, ... avide de revanche. Pour l’autre événement, l’Equipe évoquait le choc au sommet entre les inventeurs du football et les maîtres du football mondial que les Magyars sont devenus: l’Angleterre, toujours invaincue «at home», affronte la Hongrie championne olympique et imbattue depuis la Libération. Pour la France, mission accomplie! Pour les Hongrois aussi. C’est même cette dernière performance qui fait date à la Une de l’équipe: 25 novembre 1953, fin officielle de la suprématie anglaise en football. Mais la victoire française est aussi en Une: France Irlande 1-0. Plein de bravoure (à l’image de Marche et de Strappe) le Onze de France, manquant parfois d’équilibre et de style ASSURE SA QUALIFICATION pour le Championnat du Monde grâce à un but de Piantoni. Les remplaçants avaient été à la hauteur, la France avait composté son billet pour la Suisse.
Il n’y aurait plus d’enjeu pour le match contre le Luxembourg ni de match d’appui contre les Irlandais. Cette équipe de France «replâtrée» avait encore en réserve d’autres espoirs. En fait, si chacun se réjouit en France de la qualification de l’équipe nationale pour le championnat du monde, ce fut ainsi qu’on désignait la compétition récompensée par la Coupe Jules Rimet, l’Evénement du jour venait bien de Wembley et éclipsa la qualification française. Car les Hongrois ne déçurent aucunement les amateurs de football. Du coup, même France Football s’étala d’avantage sur ce haut fait d’armes sportifs qui consacrait déjà la Hongrie dans l’attente d’une Coupe du Monde qui lui semblait promise.
Pour finir, le match France Luxembourg avait des allures de rencontre amicale. Le sélectionneur choisit de faire jouer les jeunes. Elle l’emporta sans soucis 8-0! Cette fois-ci, c’est bon, la France en a fini avec ses éliminatoires. Ils furent plus compliqués que les précédents avec, cette fois-ci, un mini championnat au cours duquel ils réalisèrent un grand chelem. La faute, toujours à cette maudite Yougoslavie! Si elle ne put pas nous éliminer du Mondial avant la compétition, elle le fit au premier tour en Suisse...
1978: MONSIEUR FOOTE, VOUS ETES UN SALAUD!!!
Mais pas vous, monsieur Zlatanos, aurait pu rajouter l’auteur du propos que tout lemonde connait.
En cet été 1976, le football français ne va pas bien du tout. Les internationaux ont pris l’habitude de regarder les grandes compétitions internationales à la télévision, et ce, depuis 10 ans déjà: l’Euro 68, le mondial 70, l’Euro 72, le mondial 74 et l’Euro 76... Rien que ça! Cependant, depuis quelques temps, un léger mieux semble laisser croire que l’horizon pourrait s’éclaircir: nos internationaux Olympiques ont réussit à se qualifier pour les Jeux de Montréal, parmi eux Michel Platini et Maxime Bossis; les Verts de Saint Etienne ont contribué à redorer l’image du football français en laissant espérer qu’une victoire en coupe d’Europe ne serait possible pour les joueurs de Robert Herbin et Roger Rocher. Enfin, un ancien international français, Michel Hidalgo et le nouveau président de la Fédération Française de Football, Fernand Sastre, ont doté le football français de centres de formation dont on attend beaucoup de résultats.
Pour Michel Hidalgo, la mission est simple: qualifier la France pour le mondial argentin! Pour cela, il essaye de constituer une équipe avec les nouveaux talents auxquels il croît et qui sont sélectionnés pour son premier match amical contre les Tchécoslovaques, futurs champions d’Europe contre les Allemands de l’Ouest champion d’Europe et du Monde en titre, cela après avoir battu en demi-finale les joueurs néerlandais, eux-même vice-champion du monde en titre... Ce qui en dit long sur la valeur de leur performance. Ce sont eux contre lesquels les Français disputent un match afin de préparer les éliminatoires du mondial 78. Ce jour-là, Michel Platini place un coup-franc superbe et permet aux Français de faire un bon nul 2 à 2.
Pour aller au Mondial: deux adversaires qui ne sont pas d’anciens vainqueurs de grandes compétitions comme l’Euro ou la Coupe du Monde. Non, mais il s’agit de deux vielles connaissances qui nous ont fait bien des misères: la Bulgarie qui nous a privés du Mondial 1962 et qui a entamé une série qui peut rendre jaloux le football avec quatre participations consécutives depuis ce jour au cours duquel ils écartèrent la France; l’Eire, quant-à elle, nous a laissé un bien triste souvenir pour les éliminatoires du Mondial 74 avec une défaite et un nul. Cependant, ellen’a jamais participé au Mondial. Quant-aux Bulgares, ils n’ont jamais réussi à passer le premier tour en compétition. Alors, le football français, moribond lui aussi, peut tirer son épingle du jeu.
Les résultats encourageants des matchs amicaux rassurèrent avant d’aller quelques jours plus tard en Bulgarie pour un affrontement de la plus haute importance en vue du prochain mondial. Quelques mots sur le calendrier: la France va en Bulgarie, puis reçoit l’Irlande avant de s’y rendre. Une fois ces trois matchs joués, il y a les deux matchs entre la Bulgarie et l’Irlande, puis, pour finir, France Bulgarie au Parc des Princes. Pour la France, il faut donc obtenir au moins 4 points (une victoire à domicile contre l’Irlande et un nul en Bulgarie et en Irlande) avant les deux matchs Bulgarie contre Irlande.
Le nouveau sélectionneur use de deux procédés pour motiver ses troupes:
-il se coiffe d’une casquette «Argentina 78»,
-il évoque en permanence la lassitude de l’évocation des anciens de 58 qui ont besoin de successeurs maintenant.
Alors, Sofia doit être le point de départ d’une nouvelle aventure pour les Bleus. Elle allait durer 10 ans et ferait oublier celle de 1958. Mais à ce moment-là, il est bien tôt pour y croire.
Le match Bulgarie France allait rentrer dans la légende du football français grâce... à monsieur Ian Foote et Thierry Roland! La mobilisation est totale. L’équipe de France, gonflée à bloc, se rend à Sofia, hantée par le souvenir catastrophique de 1961 avec pour objectif de l’exorciser. Et les choses, au début, se passent à merveille: Platini marque au bout de 37 minutes de jeu sur coup franc évidemment. Bernard Lacombe double la mise 3 minutes plus tard. Sur un tir puissant du pied gauche de Bathenay, le gardien bulgare renvoie cette balle qu’il ne peut bloquer. Lacombe a bien suivi, reprend et marque. La France domine et mène 2 à 0. Pas longtemps hélas. Sur un coup franc, Bonev réduit le score après que Lacombe, sorti prématurément du mûr, a dévié la balle et pris à contre pied son gardien. Mais, la France tient bon. On note tout de même que l’arbitre n’a pas beaucoup sanctionné quelques charges sur les joueurs français. Seconde mi-temps: Michel Platini part en contre et prend la défense bulgare de vitesse. Il arrive devant le gardien et ce dernier lui fait un magnifique croc en jambe. Le penalty est indiscutable et l’arbitre, non seulement ne siffle rien, mais oppose aux protestations, légitimes, qui plus est, de Michel Platini, un rire très ironique. Puis le cauchemar se poursuit avec un but sur lequel deux joueurs bulgares semblent hors-jeu. Les Bulgares sont revenus à 2 à 2. Il reste un peu plus de 20 minutes à jouer. C’est alors que le
match allait basculer dans l’irrationnel. Il reste 3 minutes à jouer, les Bulgares se lancent à l’assaut du but français. L’un d’entre eux tombe dans la surface de réparation sans avoir été ni accroché ni bousculé: penalty! Le cauchemar de 1961 recommence et monsieur Fencl, arbitre de ce sinistre Bulgarie France qui nous priva du Mondial chilien, trouvait là un digne successeur que Thierry Roland allait faire connaître à la France entière: Ian Foote. Donnons-lui la parole au moment où, consterné, il déplore ce qui est en train de se passer. D’ailleurs, que se passe t-il? Il voit l’arbitre, le sifflet à la main, qui indique le point de penalty en mimant le croche-pied dont le Bulgare a été victime selon lui. Les joueurs français ont beau protester, il a pris sa décision. «Ah c’est pas possible! Ah c’est pas croyable qu’il accorde un penalty la-dessus! Mais c’est invraisemblable, à 3minutes de la fin (...) je n’ai pas peur de le dire,Monsieur Foote, vous êtes un salaud!!!» Alors, face à tant d’infortunes, il n’y a plus qu’à prier plutôt que de continuer à vociférer. On ne l’entend plus, il attend fébrilement le dénouement. Puis il explose, de joie cette fois-ci: «Oh, à côté!!! Il le met à côté!!! Eh bien il y a un Bon Dieu croyez-moi! Eh! bien il y a vraiment un Bon Dieu. Quel scandale cet arbitrage, c’est invraisemblable. Jamais vu un individu pareil! Il devrait être en prison, pas sur un terrain de football.» Quant-aux joueurs français, ils sautent de joie comme s’ils avaient marqué un but. Le nul est sauvé, mais qu’on a eu chaud chez les Bleus. Ils auraient dû gagner. Ils ramènent un nul heureux, mais on ne peut que s’en contenter. Michel Hidalgo, qui suivait la rencontre tout en bas des tribunes, c’est là que se trouvaient les dirigeants et les remplaçants, fut même agressé. Consterné par l’arbitrage, il prit la défense de Thierry Roland quand il eut pris connaissance de son dérapage. Fin du match, début de la polémique. Sur l’arbitrage? Non, surtout sur les propos de Thierry Roland! Alors que cette polémique battait son plein, Thierry Roland retrouve Stade 2 et Robert Chapatte, son présentateur et créateur, qui annonce les titres de l’actualité. Dans les titres, il déclare: «l’essentiel était de ne pas perdre pour continuer à participer. L’équipe de France est sortie du piège de Sofia malgré 11 Bulgares et l’arbitre.»
Quand le moment d’évoquer le match et l’incident arrive, Robert Chapatte se tourne vers son Monsieur Foot à lui et déclare, pour lancer le sujet: «arbitrage particulièrement déplorable voir injuste (...) et vous-même Thierry vous êtes allé un peu loin vis à vis de l’arbitre à propos des sanctions qui ont semblé axées vers l’équipe de France. Il y a des mots qu’il ne faut pas dire à l’antenne dit-il ironiquement.
-Oui, surtout à la télévision. Dans le feu de l’action, on des mots qui dépassent un peu le pensée, se justifie t-il. Je pense que l’arbitre a été mauvais (...) et je reconnais que le mot que j’ai employé ne convenait peut-être pas. De toute façon, je crois que monsieur Foote ne comprend pas le français et, s’il l’avait compris, il en a entendu bien d’autres sur le terrain.
Ce qui est parfaitement exacte, Platini le confirme: «nous lui avons tout dit sur ce penalty. Heureusement qu’il ne comprenait pas le français, sinon il nous aurait tous expulsés» déclara Platini à l’équipe.
-Bon, pour vous tout est réglé, si vous le rencontrez dans la rue, vous irez le saluer.
-J’pense pas qu’il viendra passer ses vacances en France. En tout cas pas avec Thierry Roland.
Robert Chapatte conclue à ce sujet en lançant à son journaliste: «Thierry, je souhaite que tout le monde oublie vite cet incident et qu’on vous retrouve fidèle à vos habitudes toujours plein d’esprit et caustique quand il le faut, mais avec les mots qui conviennent.»
Et les joueurs, qu’en pensaient-ils? Hidalgo est très déçu mais reste confiant. Quant-à Platini, il déclare à Stade 2: «on devait gagner (...) On a eu beaucoup d’occasions (...) Il nous reste plus qu’à battre l’Irlande, faire un bon résultat au match retour et exploser les Bulgares.»
Mais tout de même, le résultat est là et en France, on en démord pas: monsieur Foote doit s’expliquer! Stade 2, le dimanche suivant, obtient un entretien exclusif avec l’intéressé qui, depuis son retour de Bulgarie, a appris que la Fédération Ecossaise de Football a reçu beaucoup de courrier adressé à sa personne et... en provenance de France.
Une semaine plus tard, Stade 2, revenait sur l’événement en allant demander à monsieur Foote de revenir sur les faits et lui permettre de s’expliquer. Robert Chapatte, grand homme de télévision et journaliste sportif reconnu, fit preuve d’une sagesse qui faisait référence dans le milieu. Ainsi, plein de sagesse, il déclarait: «monsieur Foote, dont on a pu croire qu’il haïssait les Français» dit Chapatte a accepté de recevoir, après plusieurs refus, de recevoir une équipe de télévision française. Il explique à cette dernière qu’il arbitre depuis 1959 après avoir été footballeur. Il est donc très expérimenté. Alors, l’explication commence:
-vous êtes considéré en France comme l’ennemi public numéro 1, que ressentez-vous?
-J’ai appris cela à mon retour de Bulgarie. J’ai été surpris d’apprendre cela, répond l’arbitre écossais à l’équipe d’Antenne 2.
-Les Français disent que vous n’avez pas été correct avec leur équipe au sujet des deux penalties.
-Si j’avais été certain du penalty, je l’aurai accordé aux Français.
Pourtant, une voix off, images à l’appui, confirme qu’il y avait bien penalty. En fin de compte, l’arbitre, face aux polémiques, explique quelles sont les difficultés d’arbitrer (pas de ralenti et exigence de se décider très vite). Quant-à la possibilité d’arbitrer en France qu’on lui présente, il l’affirme: «rien ne ferait plus plaisir!» répond monsieur Foote en souriant. Par la suite, on ne reparla plus guère de monsieur Foote, sauf en évoquant les souvenirs de Thierry Roland. Le fait que la France se fût qualifier pour le Mondial apaisa les critiques.
L’homme en noir et son ami français ne se reverraient plus, il n’avait plus rien à se dire. Puis vinrent les qualifications pour le Mondial mexicain de 1986 avec, de nouveaux les Bulgares face à nous, j’y reviendrait plus loin pour ce qui concerne l’aspect purement sportif. Suite au match du mois d’avril 85, Télé Foot consacrait un reportage au match ayant eu lieu 9 ans plus tôt. Séquence nostalgieou moment d’explications amicales? A priori, il s’agirait plutôt de la seconde hypothèse, puisque Thierry Roland, l’annonce dès la fin du générique: mon invité (...) qui m’a rendu célèbre: voici monsieur Foote. Le fameux monsieur Foote qui avait arbitré le 9 octobre 1976 le fameux France Bulgarie de Sofia.» L’arbitre écossais, que le compère de Jean Michel Larqué ne saurait oublier, se dit ravi d’être là avec l’homme qui l’avait injurié. Il déclare en anglais qu’il estravi d’être là «et après la controverse qu’on a pu rencontrer (...) c’est un match auquel j’ai souvent pensé et c’est la première fois que je le verrai.
-Vous savez sans doute que j’ai eu un mot assez méchant pour vous. Je crois qui a été prononcé il y a 8 ans et demi par la France entière, vous n’étiez pas très populaire en France.
-Non, certainement pas. J’ai reçu beaucoup de lettres moi aussi (...) et je sais ce qu’on pensait de moi.
-Mais il y a prescription. Vous avez le sourire, moi aussi. On ne l’avait pas le 9 octobre 1976 déclare Thierry Roland pour finir.
On passe maintenant aux explications. Conformément à ce qui avait été prévu, on montre les actions litigieuses à l’homme en noir.
Pour le penalty refusé à Michel Platini, «il y a qu’en même une belle faute non? demande Thierry Roland.
-j’étais très loin de l’action (...) le goal a essayé d’attraper la balle.
Le but bulgare entaché d’un hors-jeu. Pour Thierry Roland «il semble qu’il y a hors-jeu.»
Monsieur Foote répond: «je suis d’accord avec vous (...) mais on (l’arbitre de touche) ne me fait pas signe.
-Donc, ce n’est pas de votre faute!
-Si (...) mais j’ai suivi l’arbitre de touche.
Enfin, le penalty pour les Bulgares. L’arbitre s’explique: «vu la position où je me trouvais, il me semble qu’il y a croc en jambe (...) Tous les arbitres doivent prendre une décision en quelques secondes, de sa position. Ils sont au sol alors que les caméras de télévision sont parfois très hautes (...) Il y a une perspective différente dit-il à la vue des images. Mais il affirme avoir pris la bonne décision de là où il était. Les deux hommes, sans s’être mis d’accord, conclurent amicalement. Quant-au désir de venir arbitrer en France qu’il manifesta, il fut réalisé, non pas pour un match international, il fut radié par la FIFA comme monsieur Fencl, la malédiction des Bulgarie France faisait une deuxième victime chez les arbitres, mais pour le 1000e match du Varété-club de France suite à l’invitation de son président à vie Thierry Roland. Fin de l’incident. Alors, si l’on tient compte du souvenir laissé par monsieur Foote dans le souvenir français, verra t-on ThierryHenry invité d’un programme irlandais pour revenir sur l’incident?
Maintenant, passons au match suivant à ne surtout pas louper à Paris: l’Irlande.Avec Platini, l’homme du renouveau. Le joueur est un jeune international sur lequel on compte beaucoup pour le match contre l’Eire. Le 14 novembre 1976, soit 33 ans jour pour jour avant notre Irlande France, le match faisait déjà l’actualité. Ce jour-là, on préparait le match du Parc des Princes et le Journal Télévisé de TF1 nous présente le nouveau meneur de jeu de l’équipe de France: «un certain Michel Platini 21 ans en qui certains voient le grand patron de l’équipe de France de demain» dans reportage de Georges Dominique.«Face à l’Irlande, se sera une ballade pour l’équipe de France?
-On a tendance à dire que l’Irlande sera un match facile pour la France vue notre prestation contre les Bulgares. Il faudra se méfier parce qu’ils ont(...) un grand nombre dejoueurs qui jouent dans le championnat d’Angleterre (...)
(ndlr, une Angleterre bis comme aurait dit notre ami Raymond Domenech) Dire que ce sera la ballade, j’y crois pas du tout. Ce sera très dur au contraire, parce qu’on aura aussi à prouver face au public parisien qui est très exigeant, que l’équipe de France est sur le renouveau.»
Une victoire est impérative: «ce soir, il faut battre les Verts» titre l’équipe. Yves Mourousi, dans son 13 heures, reprend le titre pour lancer le reportage de TF1. Georges Dominique évoque le dernier entraînement où il rencontre Raymond Keruzoré, nouveau venu. Pour le journaliste, le contexte est le suivant: «après l’éclosion de Saint Etienne, après le renouveau manifesté, il y a un mois à Sofia, les (...)français seront ce soir dans une position inhabituelle, ils auront les faveurs des pronostics.» Ce qu’admet Hidalgo puisque les Français jouent à domicile. Le public vint très nombreux pour encourager ses favoris. A la mi-temps, 0 à 0. Tout restait à faire. Mais le match bascula en seconde période en faveur des Bleus. Six reprend un ballon suite à un tacle superbe sur un défenseur adverse. Il glissa le ballon à Platini. Le n°10 ne loupe pas l’occasion d’ouvrir le score: 1 à 0. Puis 2 à 0 grâce à Trésor qui réussit un tir splendide dans la surface que l’arbitre refusa pour une main... totalement imaginaire. Déjà une erreur d’arbitrage mais qui pénalise les Bleus! Plus grave, l’adversaire en profite pour égaliser. D’un 2-0 virtuel, on passait à un 1 à 1 tout aussi virtuel puisque l’arbitre le refusa pour un hors jeu... que personne ne vit, sauf l’homme en noir. Sur le ralenti, on voit nettement Bossis couvrir le buteur irlandais. Même Thierry Roland le fait remarquer en direct, «voyez que nous ne sommes pas chauvins» se croit-il obligé de préciser en affirmant qu’il y avait but, mais pouvait-il faire autrement tant les images sont accablantes. Oui les Irlandais ont marqué un but tout à fait valable, injustement annulé. Résultat, score virtuel 2-1, score réel 1-0. Puis 2-0 en fin de match grâce à Dominique Bathenay. Avec 3 points en deux matchs, les Français peuvent s’estimer à l’heure, malgré monsieur Foote et monsieur Maksimovic, arbitre de France Irlande. Notons que les erreurs d’arbitrages, au nombre de deux se sont annulées diront certains quand d’autres diront qu’elles se sont accumulées car le but de Trésor était valable. Mais passons, il reste à aller àDublin avant que Bulgares et Irlandais ne s’affrontent à leur tour.
1 France 3 points, 2 matchs, 1 victoire et 1 nul,
2 Bulgarie 1 point, 1 match nul,
3 Eire 0 point, 1 défaite.
Dublin: garder la tête froide!
Le 30 mars 1977 devait avoir lieu le second rendez-vous de Dublin. A ce moment-là, on en est au même stade qu’après le match précédent. Une victoire française et la route pour l’Argentine serait dégagée. Avec 5 points contre 0 pour les Irlandais et ces derniers seraient éliminés. Quant-aux Bulgares, il leur faudrait 2 victoires sur les Irlandais pour essayer de rattraper les Français. Un nul des Français, les Irlandais seraient en difficultés et les Bulgares resteraient en course. Par contre, une défaite des Tricolores et là, ils seraient en danger et sous la double menace de leurs adversaires avant leurs confrontations directes.
Quelques semaines auparavant, le 23 février 1977, les Bleus battaient à la régulière les champions du monde allemand 1 à 0. Mais, comme pour le match de 1973, on pouvait craindre le pire: les Français furent battus 1 à 0. Hidalgo parle d’une « grande déception pour nous tous» mais se veut confiant et optimiste pour l’avenir. Il fait remarquer, à titre anecdotique que les joueurs ‘ont joué avec leur cœur (...) Il nous a peut être manqué un peu de fraîcheur, mais ça, ce sont les aléas des calendriers. Il y a des joueurs qui en été à leur 7e match en ce mois de mars, alors on ne peut pas trop leur en demander.» A u classement, les Irlandais deviennent maître du jeu:
1 France 3 points, 3 matchs, 1 victoire, 1 nul et 1 défaite;
2 Eire 2 points, 2 matchs, 1 victoire et 1 défaite;
3 Bulgarie 1 point, 1 match nul.
A noter que cette fois-ci, le goal average général compte, donc, plus de match d’appui.
La France, si elle bat la Bulgarie, elle comptera au maximum 5 points. Mais les Irlandais, s’ils battent deux fois les Bulgares, ils compteront 6 points! Ils élimineraient les Français! Analysant les résultats dans Les Jeux du Stade, Thierry Roland ressort le cas monsieur Foote et rappelle qu’il est un peu responsable des difficultés françaises et affirme «qu’on risque de reparler de monsieur Foote à l’automne.» Mais il est dit que les erreurs d’arbitrage peuvent laisser des souvenirs variables dans les mémoires collectives. Si chacun se rappellera durablement de monsieur Foote en France, les Irlandais se souviennent-ils de monsieur Zlatanos? Qui était-il cet homme? Il est l’homme qui leur a peut-être barré la route du Mondial Argentin. En effet, partis pour gagner en Bulgarie, ce qui semblait possible puisque les Français ont failli le faire avant que l’arbitre ne faillissent à son tour, monsieur Zlatanos refusa un but alors qu’ils étaient à égalité 1 à 1. A 2 à 1 pour les Irlandais en seconde période, cela aurait été compliqué pour les Bulgares et donc pour les Français. Pourtant, bien des arbitres auraient validé un tel but sur lequel les journaux français ne s’étendent guère, l’important étant le résultat final.
Finalement, la décision de l’arbitre et le but de Jelyazkov rendaient espoir aux deux adversaires des Irlandais: Bulgarie 2 Irlande 1. Au retour, les Bulgares subirent la même domination irlandaise que les Français mais tinrent le 0 à 0 jusqu’au bout.
Au classement, les Français ont perdu leur première place, comme on pouvait s’y attendre, pas au profit d’Irlandais inaccessibles, mais au profit des Bulgares qui ne les devancent que d’un seul point. Tout se jouerait au Parc des princes. Bien entendu, pour cet ultime rendez-vous on reparle de beaucoup de choses dans les deux camps. De la qualification pour le Mondial chilien qui vit le commencement d’une série de participations de 4 coupes du monde pour les Bulgares. Côté français, on se console en rappelant que les Bleus ont éliminé les Bulgares de l’Euro 64.
Le jour du match décisif, c’est tout le sport français qui joue une part de son avenir. La jeune génération prometteuse, avec Six, Rocheteau, Bossis et Platini, doit confirmer son potentiel. Ils ont pu mesurer la capacité des Bulgares à tenir un résultat nul. Quelques lignes concernant l’arbitre dans France Football, on ne sait jamais. «Il s’agit d’un cadre supérieur de l’industrie néerlandaise,(qui) non seulement être un des meilleurs arbitres européens, mais encore répond au patronyme francophone de Charles Corver. Les Bulgares vont croire à un coup monté. Ils auraient tord, monsieur Corver sait toujours dire ’’bonjour’’ et ’’merci’’ dans notre langue.» Monsieur Corver n’allait pas faire parler de lui au cours du match, au contraire, il allait même entretenir sa réputation faisant de lui un des meilleurs arbitres européens. Jusqu’à la finale de la coupe des clubs champions Liverpool Real Madrid de 1981. Jusqu’à la fin de sa carrière internationale au cours de la Coupe du Monde 1982 au cours de laquelle Thierry Roland le présenta durant un match «comme un des meilleurs arbitres au monde, du reste on pensa même à lui pour la finale.» Plus tard, il déclara: «monsieur Corver, je l’ai déjà vu meilleur que ça» puis «très mauvais arbitrage de monsieur Corver, pourtant un des meilleurs arbitres au monde» suite à une agression dont un joueur se rendit coupable sur un adversaire: il s’agissait de la ½ finale de la Coupe du Monde de Séville, le dernier match de la carrière de monsieur Corver qui cristallisa la colère des Français. Non pas qu’il fût radié par la FIFA, mais parce qu’il avait atteint la limite d’âge. Mais pour France Bulgarie, il fut jugé «excellent.»
Le match France Bulgarie devait devenir le match de la renaissance de tout le football français.Concentrés mais pas angoissés titre l’équipe. Quant-à Platini, lui, il mobilise ses troupes: on a voulu être au sommet, maintenant on y est.» Bernard Père et Thierry Roland, qui commentent le match sont d’accord pour dire que «si la France ne bat pas la Bulgarie, c’est qu’elle ne mérite pas son billet.» Dès le début, les Français se ruent sur le but bulgare. Platini, Rocheteau ou Bathenay sont en action. Mais, frayeur pour les Français, les Bulgares se créent une occasion très nette au cours de laquelle, sur un centre, la balle passe juste à côté. «La grande peur de la première mi-tempset heureusement qu’il y avait le talon de Michel Rio.» Puis, sur une action confuse, au cours de laquelle Platini est bousculée dans la surface. L’arbitre ne siffle rien et donne corner. Sur ce corner, Rocheteau s’arrache pour tirer de toutes ses forces face au but et «marque le but qui va libérer l’équipe de France» lance au micro Bernard Père dans l’euphorie de la joie du Parc des princes. Hidalgo, commentant l’action, dit qu’on pouvait voir «dans cette action, toute la volonté de Dominique Rocheteau pour frapper.» Puis Platini place un tir superbe sur lequel le gardien est battu. Malheureusement, la barre renvoie. A la mi-temps, la France mène 1 à 0. Elle est, pour l’instant, qualifiée. Mais une égalisation bulgare reste possible. La qualification n’est pas encore acquise, loin de là. Platini, en seconde période, place un autre tir superbe, dans le cadre celui-là. A 2 à 0, la France y est presque. Six, seul face au gardien, loupe la balle du 3 à 0. Deux actions suivent, mais toujours rien et, 5 minutes de la fin, les Bulgares jettent leurs dernières forces et reviennent à 2 à 1. Le but libérateur vint à la 89e minute grâce à Dalger: 3 à 1! Douze ans après on y retourne, Hidalgo est porté en triomphe. «OUI! A NOUS L’ARGENTINE» titre l’équipe. Les trois buts de Rocheteau (38e), Platini (63e) et Dalger (90e) peuvent être célébrés. A la fin du match, Platini interviewé par Thierry Roland, fait part de son soulagement. Pour lui, la France peut prétendre à une bonne performance et participer au deuxième tour. Hidalgo, heureux de ce dénouement qui le confirme à la tête des Bleus et assure l’avenir de ce groupe qu’il a constitué se montre optimiste pour l’avenir: «vous n’avez pas tout vu» déclara t-il. Non, nous n’avons pas encore tout vu. Rocheteau, Six, Platini, Trésor et Lacombe, présents ce soir-là, seraient de la fête de l’Euro 84 sept ans plus tard, avec Hidalgo. Mais que se serait-il passer si les Irlandais avaient gagné en Bulgarie? A priori rien de grave pour les Français puisqu’ils n’auraient compté que 4 points, vu qu’ils n’ont pas gagné à domicile contre les Bulgares. Mais, cela aurait bien aidé malgré tout...
1982, en route vers la consécration espagnole grâce à une coopération espagnole...
Les éliminatoires du prochain mondial espagnol marquent une révolution dans le système de qualifications. Il n’y a plus de groupes de 3 équipes avec un qualifié, mais des groupes de 5 équipes, avec deux qualifiés. Pour la France, le groupe n’est pas des plus faciles. Si nos Bleus ont montré de gros progrès lors du Mondial argentin en tombant avec honneur contre les Italiens et les Argentins (deux défaites 2 à 1), ils n’ont pas réussi à disputer l’Euro 80, le premier à huit qualifiés. Du coup, ils souffrent encore d’un mauvais statut pour les tirages au sort. Du coup, ils se retrouvent en compagnie des Hollandais, doubles vice-champion du monde, des Belges, vice-champion d’Europe, des Irlandais, jamais faciles à jouer et de Chypres,l’équipe chargée de remplacer le Luxembourg, adversaire plus traditionnel pour nos tricolores.
Comme souvent, les premiers matchs sont cruciaux, les Français devant affronter Chypres à Nicosie et recevoir les Irlandais tout cela avant les premier test sérieux, le match en Hollande et contre la Belgique. Le premier test est bien négocié avec une large victoire par 7 à 0. Ce qui compte le plus, c’est bien la quantité de buts marqués car le goal average général était le seul paramètre qui départageait deux équipes en cas d’égalité. Pour information, Chypres ne perdrait plus à domicile que par 2 buts d’écart une fois (contre la Belgique) et, les autres fois, par un seul but. A l’extérieur, les Chypriotes ne céderaient que par un seul but face aux Belges et après les Irlandais, les Français furent ceux qui reçurent le mieux les Chypriotes, battus par 4 à 0. D’ou l’importance de cette victoire française. L’équipe, satisfait cde cette victoire, note à quel point il faut préparer la suite par un titre bien senti: Au cours de cette rencontre, un jeune joueur se fait remarquer de façon très positive: Jean Tigana. Un autre joueur conquiert enfin sa place en équipe de France: le Bordelais Alain Giresse. Michel Hidalgo se montre satisfait des joueurs larges vainqueurs là où les Irlandais n’ont gagné que 3-2 après que les Chypriotes n’aient manqué l’égalisation. Mais il demeure prudent pour la suite d’autant plus que les néerlandais ont réussi un bon nul en amical contre les Allemand de l’Ouest 1 à 1.
Avant de préparer les deux matchs contre les deux représentants de Benelux, la réception de l’Irlande, avec les mêmes joueurs que contre Chypres mis à part Lopez qui remplace Henri Michel, devait se passer correctement. Platini le dit très clairement: «je serai à 100%, j’espère que l’équipe le sera (...) On est obligé de gagner pour deux raisons: il faut rester dans le groupe de tête; si les Irlandais nous battaient, on serait mal partis» dit-il à la télévision. A 100%, Platini le fut et les Bleus aussi.
D’abord, Platini, sur une belle passe de Tigana, reprend de volée et marque. 1 à 0 pour la France son 17e but en sélection. Mais les Irlandais surent se reprendre et se créer de très bonnes occasions.
Dominique Dropsy fut mis à contribution à plusieurs reprises jusqu’à une égalisation entachée d’une main que l’arbitre refusa logiquement. Quel arbitre pourrait valider un but de la main dans un France Irlande? Personne, bien évidemment! Sauf que cette main, ni les commentateurs, ni les joueurs ne l’ont vue. A l’image, elle paraît bien absente de l’action ce qui est tout à fait normal, elle n’y est pas du tout! Michel Denisot, qui commente, n’a rien vu du tout.«Ouf, on avait eu chaud» conclue Thierry Roland dans son résumé sans citer le nom de l’arbitre espagnol, monsieur Lamo Castillo, encore moins en l’accompagnant de noms d’oiseaux. Peut-être a t-il laissé cela à ses homologues irlandais. A 1 à 0, les Bleus s’en sortent bien. Puis la forte pression irlandaise se poursuit jusqu’à la 77e minute. Alors que les Verts (exceptionnellement en blanc) essayent d’égaliser, les Bleus, par Tigana récupèrent le ballon. Il passe à Six qui a Rocheteau qui lui fait signe en se dirigeant vers le centre. Mais ce dernier aperçoit Jacques Zimako «qui arrive très vite» et lui passe la balle. Le Néo Calédonien marque après avoir été superbement démarqué par Six. Zimako, qui s’était vu privé d’un penalty (un vrai celui-là!) quelques minutes plus tôt, n’était entré en jeu qu’à la 66e minute de jeu à la place de Lacombe. Jean Tigana, au sujet du match, fait part de sa joie d’avoir pris deux points. «Dans quelques temps, on ne parlera plus que du 2 à 0.» C’est cescore que l’équipe retient, mais pas uniquement. «2-0... ET BIEN DES FRAYEURS!» titre le journal. Ce but refusé aux Irlandais leur aurait-il permis de faire au moins nul? Peut-être! Peut-être pas! Mais une chose est incontestable, il y aurait contribué grandement.
Comme l’a dit Thierry Roland, on a eu chaud c’est le cas de le dire...
Forts de deux victoires en deux matchs, les Bleus vont passer l’épreuve de la Hollande. Certes, la grande équipe des années 70 est diminuée. Les clubs hollandais ne sont plus aussi performants qu’avant. De plus, les internationaux Bataves ont déjà perdu en Irlande et en Belgique et ne comptent qu’une seule victoire. Ils doivent donc impérativement gagner et restent un adversaire de taille. Ce match suscita bien des polémiques au sujet des attaquants. En effet, Rocheteau, Lacombe et Six ont, tour à tour, manqué des buts tout faits. Platini, lui, était absent, remplacé avec succès par Giresse. Au cours de ce match, Dominique Dropsy serait, tout comme son coéquipier strasbourgeois Léonard Specht, mis en cause. En fait, Didier Six fut, tout d’abord malchanceux en tirant sur le poteau alors que le gardien hollandais était battu. Comble de malchance, Lacombe, bien placé devant le but, ne peut reprendre. Plus tard, filant au but, Six se loupe et le gardien capte le ballon. L’action fit la Une de l’équipe avec pour titre «quand passe la dernière chance.» Qu’on se rassure, la vraie dernière chance repassa pour le match retour et Six, cette fois-là, ne se loupa pas.
Concernant le but hollandais, il fait suite à une faute de Specht totalement gratuite si l’on peut dire, puisque les Français ont repris le ballon. Sur le coupe franc, la balle heurte le poteau puis le dos de Dropsy. But contre son camp. Critiqués, les attaquants Français marquent peu. Hidalgo se défend en affirmant que ceux qu’ils choisie sont les meilleurs sur le marché. Mais, suite à cette défaite, les bleus doivent faire attention car, mis à part les Chypriotes, tout le monde est en course.
Au classement, les places sont les suivantes:
1 Belgique 9 points, 5 matchs, 4 victoires et 1 nul, 7 buts pour et 0 but contre (+7);
2 Eire 7 points, 6 matchs, 3 victoires, 1 nul et 2 défaites 7 bp et 1 bc (+6);
3 France 4 points, 3 matchs, 2 victoires et 1 défaite 9 bp et 1 bc (+6);
4 Pays Bas 4 points, 2 victoires et 2 défaites 5 bp et 3 bc (+2);
5 Chypres 0 point, 6 défaites, 4 bp et 24 bc (-20).
Après la défaite en Hollande, la France reçut la Belgique. Pour ce match, qui se joua aussi sans Platini, la victoire était impérative afin de rester au contact de ceux qui sont les mieux partis. LA VICTOIRE OU L’ANGOISSE titre l’équipe. Il y eut un peu des deux, mais la victoire l’emporta sur l’angoisse.
Bien que menés d’entrée de jeu, la France réagit assez vite par 3 buts de Soler (13e et 31e) et Six (26e). Maintenant, il fallait se rendre en Belgique et en Irlande qui permettrait d’y voir plus clair pour la suite. Il ne fallait surtout pas revenir bredouille dans un groupe où tous les favoris ont gagné à domicile. Malheureusement, les Bleus, ne parvinrent pas à en gagner un. Les Belges s’imposent 2 à 0. Et la France reste dans l’expectative. Mais, en Irlande, une défaite et la situation se compliquerait. Il fallait rapporter au moins un point afin de faire la différence face à un adversaire en course pour l’une des deux premières places. Mais, là encore, des fautes individuelles allaient compliquer le parcours de Français qui ont, comme en Hollande, su se montrer dangereux. Un tel gâchis ne peut que mettre en rage. Le potentiel est là et une qualification manquée serait un immense regret. A Télé foot, Michel Hidalgo le reconnaît, «il y a eu des erreurs individuelles (...) et la bonne agressivité irlandaise a peut-être gêné et provoqué ces fautes.» A la 5e minute, alors que les Français ont le ballon au milieu du terrain, un une-deux Platini Janvion est repris par les Irlandais, en vert ce jour-là. Un grand pont de Robinson sur Lopez suivi d’un centre alors que deux défenseurs français se percutent et tombent, Philippe Mahut, du genou;trompe Castaneda et marque. Mais les Français, en dépit de l’ambiance survoltée, se remettent en marche et égalisent sur une superbe action collective. Puis ils poussent pour marquer un nouveau but. Sans succès. Au contraire, sur une nouvelle faute de marquage, les Irlandais marquent une seconde fois (23e). Enfin, une grosse faute de Janvion, passe en retrait très mal assurée offre un but aux Irlandais: 3 à 1 à la mi temps. Les choses vont mal pour les Bleus qui revinrent au score sur une action, la encore très belle. Mais les Irlandais ne concédèrent pas l’égalisation. La France va t-elle tenir le choc pour le rendez-vous décisif de la Hollande. Pour se qualifier, les Français n’ont plus de marge de manœuvre: il faut gagner ses deux derniers matchs à domicile contre la Hollande et Chypres. Les Hollandais se sont d’ailleurs bien repris en dominant les Belges 3 à 0.
Voyons le classement serré du groupe.
1 Belgique 11 points, 8 matchs (+9)
2 Eire 10 points, 8 matchs (+6)
3 Hollande 9 points 7 matchs (+6)
4 France 6 points 6 matchs (+6)
5 Chypres 0 point 7 matchs.
Les Belges et les Irlandais ont fini leur parcours. Les Belges sont dores et déjà qualifiés. Ils peuvent au mieux être dépassés par leurs voisins du Benelux, mais seront au pire deuxièmes. Quant-aux Irlandais, ils n’ont plus qu’à prier pour qu’aucun des deux clubs ne gagnent et ne les dépassent avec plus de 10 points et mieux que +6 de goal average. Quant-à la France, c’est très simple: 2victoires, même juste par 1 à 0, puis c’est bon. Avec 10 points et au moins +8 et la France sera deuxième. Mais, personne n’imagine que la France ne prenne pas deux points face au dernier du groupe. Tout doit donc se jouer au Parc contre la Hollande. Ce match, Michel Platini le considère encore aujourd’hui comme le plus important de son époque. Comme contre la Bulgarie, comme contre la Yougoslavie, comme contre l’Irlande ou la Belgique pour les qualifications précédentes, les Français ont un seul but: marquer pour gagner et franchir les Pyrénées. BRULER LE FEU ORANGE demande l’équipe. Avec juste 6 points en 6 matchs, ce qui est peu, une immense ferveur accompagne les Bleus. Pour ce rendez-vous, Hidalgo veut une «hyper concentration» afin de revivre les émotions de France Bulgarie. En première mi temps, rien ne bouge au niveau du score. A 0 à 0, les Français pouvaient se mettre à douter et les Hollandais prendre confiance. A la 50e minute, Platini obtient un coup franc dans son jardin. «Le maître artilleur» comme dit Thierry Roland, tire dans le mûr et les Néerlandais essayent de se dégager et Van de Korput semble faire main. «Un peu de l’épaule,» dit Jean Michel Larqué et «un peu avec le bras» renchérit Thierry Roland. Ce qui ne saute pas aux yeux car les Français, sur le coupneréclament rienalors que, suite au coup de sifflet, les Néerlandais protestent. C’est son 4e coup franc. Les trois premiers ont été manqués. «On efface tout et on recommence» dit Thierry Roland. Et le but de la délivrance est marqué avant celui de Six. Fin du match, «c’est fini, nous sommes en Espagne.» Avant même la dernière rencontre contre Chypres, pourtant décisive elle-aussi. BRAVO ET MERCI conclue l’équipe à son tour sans attendre davantage. Tout juste demande t-il UN DERNIER PETIT EFFORT. Effort accompli sans problème. Autre fait important, la France joue déjà sa qualification pour l’Euro 84. Pas sur le terrain mais auprès de l’UEFA. La victoire est annoncée alors que les Bleus sont en route pour le Mondial. Or, quoi de mieux pour le préparer que d’aller en Espagne! Qualifiée pour le Mondial 82, qualifiée pour l’Euro 84. Le football français est en fête. Et ce n’est que début... Merci monsieur Lamo Castillo pour ce but refusé aux Irlandais, vous avez peut-être, et bien malgré vous, contribué à l’histoire du football français. Un but en plus des Irlandais, c’était peut-être un point du plus pour eux et un de moins pour nous ce qui aurait légèrement modifié le classement final...
1 Belgique 11 points, 8 matchs (+9)
2 France 10 points 8 matchs (+11)
3 Eire 10 points, 8 matchs (+6)
4 Hollande 9 points 8 matchs (+4)
5 Chypres 0 point 8 matchs.
Voilà, trois éliminatoires qui ont réuni les Français et les Irlandais, trois qualifiactions françaises avant que l’équipe de Raymond Domenech n’en ajoute deux. Celle de 2006, sur laquelle il n’y a rien à redire, plus celle d’hier plus polémique. Mais ce dernier n’est en rien responsable de ce qui s’est produit à la 103e minute... Si cette incident de jeu n’est pas une première, souhaitons à nos amis irlandais de ne plus connaître de tels écueils...
Qu’on le rejoue, par pitié.
Tiens !
je décerne à cet article, à titre personnel, le prix du titre le plus chiadé de la décennie.
Bravo à son auteur.
:-)
De l’Histoire froide, des faits, absence de partisanisme...
L’article est long mais fait du bien.
INFO URGENTE !!! INFO URGENTE !!!
Souce iTélé
"Des oeufs ont étaient jétés sur la façade de la FFF"
Très bon article en passant...
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