Coupe du Monde 2010 : que vaut la délégation asiatique ?
Habituels souffre-douleurs des phases de poule, 2002 mis à part, les équipes asiatiques peuvent-elles espérer faire quelque chose en 2010?
En dehors du cas particulier de l’Australie, on constate que l’Extrême-Orient (les deux Corée et le Japon sont qualifiés) a nettement pris le pas sur les équipes du Moyen-Orient (Bahreïn et le Qatar respectivement 3ème et 4ème de leur groupe derrière l’Australie et le Japon lors du tour final, l’Arabie Saoudite et l’Iran 3ème et 4ème de leur groupe derrière les Corées). Il s’agit sans doute d’un effet positif des efforts entrepris à partir de l’attribution de la Coupe du Monde 2002. Concernant l’Asie du Sud-est, le niveau reste toujours aussi affligeant, aucune équipe de cette région ne s’étant qualifiée parmi les 10 nations ayant participé au tour final.
Bahreïn a remporté son premier barrage (départageant les deux troisièmes des poules finales) face à l’Arabie Saoudite avant d’être éliminée le week-end dernier par la Nouvelle-Zélande, qui avait préalablement remporté les qualifications en Océanie, lors du barrage final, jetant, si besoin était, un nouveau voile de suspicion sur la qualité du football asiatique.
L’Australie
Pour sa première participation aux qualifications en zone Asie, l’Australie s’est baladée et a terminé première de son groupe lors du tour final. Elle sera certainement le meilleur argument de la délégation asiatique.
Evidemment, l’Australie n’est pas géographiquement ou culturellement un pays d’Asie mais, qualifiée dans cette région et désormais affiliée à l’AFC (Asian Football Confederation), elle est incluse parmi les équipes asiatiques, de la même manière que la Turquie ou Israël sont affiliés à l’UEFA.
Essai transformé pour l’Australie, donc. Elle termine première et invaincue de son groupe de tour final, à peine ralentie par le Japon (match nul 0-0 à l’extérieur). Convaincante en 2006 avec un huitième de finale, l’Australie semble au moins aussi bien armée pour 2010. Rarement significatifs au jour J, les derniers matchs amicaux n’incitent néanmoins pas les «socceroos» à prendre le melon (défaite 3-1 face à la Corée du Sud à Seoul en septembre, match nul 0-0 contre les Pays-Bas à Sydney en octobre, ou encore petite victoire 2-1 contre Oman le 15 novembre 2009 en qualifications pour la prochaine Coupe d’Asie).
Le sélectionneur hollandais Pim Verbeek pourra compter sur Harry Kewell (ex-Leeds et Liverpool, aujourd’hui à Galatasaray, 13 buts en 45 sélections), toujours là, et auteur de 3 buts lors des qualifications. L’équipe d’une manière générale apparaît expérimentée, sorte de conglomérat de baroudeurs aux visages burinés. Tim Cahill et Brett Emerton, meilleurs buteurs australiens des qualifications, ont autour de 30 ans, de même que l’ancien lillois Mile Sterjovski. Le vétéran Mark Schwarzer, 37 ans et gardien de Fulham, devrait être titulaire dans les buts.
S’il sera difficile de faire beaucoup mieux qu’en 2006, une élimination en poules serait pour l’Australie un coup d’arrêt et un échec, quelque que soit le niveau de ces adversaires.
La Corée du Sud
Devenue une place forte du football asiatique, avec des participations à toutes les coupes du monde depuis 1986 et une demi-finale à domicile en 2002, la Corée du Sud a longtemps déçu avant de terminer les qualifications de manière plus convaincante (première de sa poule, qualifiée avant la dernière journée). Le difficile amalgame entre les vieilles gloires de 2002 et des jeunes trop timorés a fait tanguer le navire sud-coréen, finalement arrivé à bon port.
Le milieu de terrain de l’AS Monaco, Park Chu-Young, longtemps attendu comme le Messi(e) (meilleur buteur de K-League en 2005, à 20 ans), a mis du temps à s’affirmer en sélection, mais semble maintenant devenu un élément incontournable et un buteur régulier pour les «guerriers Taeguk». Il fait partie de la relève aux côtés d’autres jeunes prometteurs tels que le milieu de terrain Lee Chung-Yong (21 ans, passé cet été du FC Seoul aux Bolton Wanderers, où il effectue des débuts réussis) ou l’avant-centre Lee Keun-Ho, un temps annoncé au PSG ces derniers mois. Ils joueront aux côtés des vétérans de 2002, notamment le milieu de Manchester United Park Ji-Sung, capitaine, âme de la sélection et meilleur buteur coréens des qualifications avec 5 réalisations (devant Park Chu-Young, 4 buts) et qui n’aura jamais que 29 ans en 2010, le latéral Lee Young-Pyo, passé par le PSV Eindhoven, Tottenham ou le Borussia Dortmund, ou encore l’attaquant Seol Ki-Hyeon (auteur du but face à l’Italie en 2002).
Il reste qu’à l’exception de l’OVNI 2002, la Corée n’a jamais franchi les poules. Si une Corée du Sud au mieux de sa forme peut poser des problèmes à n’importe quelle équipe, il est difficile d’affirmer aujourd’hui que l’équipe de 2010 sera supérieure à ses devancières. Les derniers matchs amicaux (0-0 à l’extérieur contre le Danemark le 14 novembre 2009, victoires récentes sur le Paraguay, l’Australie et le Sénégal) et une très belle série en cours de 26 matchs sans défaite permettent néanmoins de nourrir un certain optimisme. La Corée du Sud a tout pour être un outsider crédible dans sa poule.
La Corée du Nord
Sortie de nulle part en 1966 pour réussir un des exploits les plus mémorables de l’histoire de la coupe du monde (quart-finaliste après avoir sorti l’Italie), la Corée du Nord était retournée au néant footballistique avant de resurgir cette année, menant la vie dure à son frère ennemi du sud (4 matchs entre les deux équipes au cours des qualifications pour trois matchs nuls 0-0 et une victoire 1-0 de la Corée du Sud dans les toutes dernières minutes du dernier match).
Equipe sans star et spécialiste des victoires étriquées, la Corée du Nord n’en a pas moins terminé devant des équipes comme l’Arabie Saoudite (goal average favorable), en faisant valoir beaucoup de cœur et de discipline tactique. L’équipe, essentiellement composée de parfaits inconnus, est plutôt jeune et se fournit notamment auprès du «25 Avril» de Nampo, le club de l’armée.
Au-delà des joueurs du championnat nord-coréen, on retrouve quelques joueurs issus de la communauté coréenne du Japon, et notamment l’expérimenté milieu défensif Ahn Young-Hak (né en 1978), qui évolue avec les Suwon Bluewings, champion en titre de Corée du Sud, après avoir fait ses classes en J-League japonaise.
Hong Yong-Jo, capitaine et buteur efficace pour la sélection, évolue en D1 russe au FC Rostov, club qu’il a rejoint en provenance de la D1 serbe.
Tout cela semble certes bien juste pour espérer s’extirper des poules, mais, après tout, qui misait sur la Corée du Nord en 1966? Cette équipe sera en tout état de cause une attraction à suivre en Afrique du Sud.
Le Japon
Le Japons’est qualifié pour sa quatrième coupe du monde consécutive, une série débutée par une première participation en 1998. Huitième de finaliste à domicile en 2002, la sélection n’a pas confirmé en 2006 mais n’est plus prise à la légère par ces adversaires.
Si le Japon, bien qu’orphelin de sa star Hidetoshi Nakata, s’est facilement qualifié, il n’en pas moins subi la loi de l’Australie dans son groupe, prouvant une nouvelle fois que grande équipe asiatique est encore loin d’être synonyme de grande équipe tout court.
Autour du milieu de terrain Nakamura (actuellement à l’Espanyol en provenance du Celtic Glasgow et premier Japonais à avoir marqué un but en Ligue des Champions) qui compte près de 100 sélections, on retrouve entre autres les joueurs de Ligue 1 Daisuke Matsui (Grenoble) et Junichi Inamoto (Rennes) et des joueurs d’expérience comme l’attaquant Keiji Tamada (Nagoya Grampus).
Le jeune attaquant Shinki Okazaki (23 ans) a parfaitement réussi ses débuts en sélection avec notamment deux triplés à son actif à quelques jours d’intervalle en octobre 2009 (contre Hong-Kong et le Togo), précédé d’un but contre le Ghana en septembre.
Depuis septembre 2009, le Japon a perdu en amical contre les Pays-Bas, battu Hong-Kong, le Ghana, le Togo et l’Ecosse, et a fait match nul le 14 novembre 2009 chez son futur hôte, l’Afrique du Sud. Des résultats encourageants à défaut d’être très significatifs. Comme pour son traditionnel rival sud-coréen, le Japon ne partira pas favori dans sa poule mais aura des arguments sérieux à faire valoir.
C’est quand meme dingue que la Coree du Nord, tellement isolationniste, accepte de selectionner des "etrangers !
Oui, une partie de l’equipe est composee de "zainichi", c’est-a-dire des Nord-Coreens qui sont issus de la communaute coreenne du Japon, qui etait en general deja installee la-bas avant meme la partition du pays et la guerre de Coree. Donc, plusieurs joueurs sont nes au Japon, vivent, jouent la-bas, parlent probablement mieux japonais que coreen, et connaissent essentiellement de la Coree du Nord l’aeroport, le stade et la route entre les deux...
Plus recemment, on voit une petite vague de Nord-coreens pur jus qui ont joue dans le championnat local et qui jouent maintenant a l’etranger. Je n’ai pas trouve d’informations claires, mais je pense que le regime accorde quelques bons de sorties en echange d’une partie du salaire du joueur. A ma connaissance, ce systeme existe deja pour d’autres types de travailleurs. Niveau football, l’expatriation de certains joueurs a surement eu un effet positif sur le niveau de la selection...
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