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le 5/11/2009

Ces Français qui ont tutoyé le titre


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Avec Alain Prost comme seul champion du monde, la France fait partie des nombreuses nations ne comptant qu’un seul de ses compatriotes à avoir connu les joies de la couronne à l’image de l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et d’autres. Pourtant, les occasions de sâcre tricolore ont été nombreuses, et ce grâce à l’initiative du pétrolier Elf débutée dans les années 60.

La filière Elf a permis à de nombreux pilotes de s’illustrer en F1. Jean-Pierre Beltoise a ouvert la voie avec Matra en 1965, débutant dans la catégorie reine en 1968. Mais le tricolore a dû s’incliner face au duo Ken Tyrell-Jackie Stewart, champions du monde dès 1969 avec un moteur Forf-Cosworth. La voie s’est ouverte à d’autres, qui ont connu des fortunes diverses: Johnny Servoz-Gavin, Jean-Pierre Jarier, Patrick Depailler, Jean-Pierre Jabouille, René Arnoux, Patrick Tambay et consorts. Trois pilotes se sont néanmoins distingués, frôlant la couronne suprême.

François Cevert: L’élève faillit dépasser le maître

Alors en F2 au sein du team Techno, François Cevert fut approché par Ken Tyrell suite à le retraite surprise de Johnny Servoz-Gavin en 1970, afin de compléter le team March-Ford mené par Jackie Stewart. Mais la March est pataude, et Tyrell créé son team dès 1971, reconduisant le duo Stewart-Cevert. Cette saison consacrera pour la seconde fois le pilote écossais. Mais la sensation du team britannique se trouva à bord de la seconde Tyrell, le Français Cevert réalisant unesaison de premier ordre, marquée par sa victoire lors du GP des Etats-Unis disputé sur le circuit de Watkins Glen. En 1972, les Tyrell subirent la loi de la Lotus 72 d’Emerson Fittipaldi, champion du monde à seulement 25 ans. Le regain de forme des monoplaces bleues ne sera effectif qu’en fin de saison, annonçant un duel des plus intenses pour 1973. Cevert poursuit son apprentissage aux côtés de son ami Stewart, et attaque 73 plein d’espoir. Son rôle est clair, il doit aider l’Ecossais à vaincre. Et c’est ce qu’il fera, malgré quelques erreurs de jeunesse le faisant échouer à la deuxième place à deux reprises derrière Fittipaldi, il sera également dauphin de Stewart en trois occasions. Suite au GP d’Allemagne couru sur l’impressionnant Nürburgring, Stewart déclara "François, et ce n’est pas la première fois, aurait pu me passer et me lâcher. Il ne l’a pas fait, c’est vraiment une belle preuve d’amitié." Effectivement, le Parisien respecte à la lettre les consignes de Ken Tyrrell, et cherche à vaincre les Lotus de Fittipaldi et Ronnie Peterson, qui n’ont pas la même complicité, c’est le moins que l’on puisse dire. Cette rivalité portera le titre chez Tyrrell. Mais Stewart a un secret, que seule sa femme Helen connaît. Il souhaite se retirer au lendemain du GP des Etats-Unis, qui clotûre la saison 73. Cette retraite ouvrirait grand la porte à Cevert pour 1974. Au fil de l’été, la rumeur enfle mais Stewart ne dit rien, pas même à son équipier et ami. Et pourtant, le Français l’a interrogé: "Quand est-ce que tu t’en vas, que je puisse me battre?!". Mi-sérieux, mi-rigolard, Cevert savait qu’à 29 ans, il avait l’avenir devant lui. Lors des essais du dernier GP sur le circuit de Watkins Glen, la Tyrrell n°8 du Français partit dans une embardée exceptionnelle dans la première courbe du circuit; la plus rapide, et la plus dangereuse. Essayant de réablir sa monture, Cevert décolla pour s’écraser dans le rail, avant qu’un poteau de soutènement ne broye les restes de sa monoplace. Après Roger Williamson à Zandvoort, le Français allongeait la liste des pilotes tombés enF1 durant la saison. Abasourdi, le paddock n’en revint pas, et Tyrrell ferma le rideau avant le dernier GP de Stewart, qui devait être son centième. La santé de la Tyrrell de 1974, pilotée par l’inexpérimenté Jody Schekter, a confirmé la probable consécration de Cevert s’il n’avait pas perdu la vie. Le deuil n’était pas seulement national, et lançait une série noire qui allait durer jusqu’en 1982.

Jacques Laffite: "Vous êtes tous des cons!"

Débutant en F1 sur le tard, Jacques Laffite sauva d’abord Franck Williams de la faillite en 1974 et 1975, avant de relever un nouveau défi en 1976, au sein du team nouvellement créé par Guy Ligier. Grillant la politesse à Jean-Pierre Jarier, Laffite débuta son aventure Ligier motorisé par un V12 Matra. La suppression des "boites à air" perturbent le team français, et les saisons 76 et 77 seront un pur apprentissage. Néanmoins, au GP de Suède sur le circuit d’Anderstop, Laffite signa une surprenante victoire, la première 100% française. Devenu avec Depailler l’un des espoirs français, il attendait beaucoup de 1978, mais l’apparition de la Lotus 79 et de l’effet au sol brisa ses illusions de progression. Le moteur Matra V12, lourd et gourmand, est abandonné au profit du V8 Corsworth pour 1979. La Ligier JS11 est une réussite esthétique. Et elle est rapide. Rejoint par Patrick Depailler, Laffite réalise un début de saison tonitruant, mais ne pourra rien contre les Ferrari de Gilles Villeneuve et Jody Schekter, le Sud-Africain étant sacré en fin de saison à Monza. Ligier n’a pas su faire évoluer la JS11, qui a décliné au fil des GP. En 1980, Ligier souffre face à Williams et son pilote Alan Jones, perdant le titre face à une écurie exploitant mieux le Ford-Cosworth. En 1981, Ligier renoue avec Matra, qui a su faire évoluer son V12, et abandonna GoodYear au profit de Michelin. A défaut d’être la plus véloce, la JS17 était fiable et constante. Remportant deux GP et multipliant les places d’honneur, Laffite se positionna idéalement pour disputer le titre lors de la dernière épreuve aux Etats-Unis, sur un tracé improvisé à Las Vegas. Face à lui, Carlos Reutemann et Nelson Piquet ont tous les deux des soucis au moment d’aborder cette dernière étape. Reutemann, en tête du championnat, est en froid avec le team Williams, qui lui reproche d’avoir court-circuité les chances du n°1 Alan Jones. Sa tentative de putsh a des conséquences dramatiques. Quand à Nelson Piquet, il a des douleurs persistantes aux cervicales, qui pourraient lui coûter cher sur un circuit sinueux comme celui de Las Vegas. Les deux hommes en forme de la fin de saison, Alain Prost etAlan Jones,n’ont plus de chance de titre. Lors de la course, alors que Jones pris les devants, Laffite évolua avec la Renault de Prost, tandis que Reutemann sombrait, visiblement aux prises avec une boite de vitesses défaillante, Piquet semblait incapable de se maintenir dans les six premiers. Les pneus Michelin souffraient sur le tracé américain, ce que Prost et Laffite comprirent très vite. Alors que le stand Renault obtempérait aux désirs de son pilote, le team Ligier restait muet aux signes de son pilote. Ayant réussi à porter sa Ligier-Talbot-Matra à la deuxième place, Laffite dégringola au classement avec ses pneus meurtris, avant que son stand ne l’appelle enfin. Au moment de son arrêt, il était tombé en sixième position. Finissant au sixème rang au prix d’une incroyable remontée, Laffite s’inclina face à Piquet, cinquième, qui coiffa un Reutemann hors des points. Au moment de poser pied à terre, Laffite, le regard sombre, prononça en direction de Jean-Pierre Jabouille "Vous êtes tous des cons!" avant de se retirer. Il avait raison, du propre aveu de Jabouille, car un changement de pneumatiques opportun lui aurait permis de coiffer la couronne. Chez Ligier ou Williams, Laffite n’a jamais eu d’autres chances de sâcre, jusqu’à l’accident qui marquera l’arrêt de sa carrière en 1986.

Didier Pironi: Au coeur de la tragédie

Débutant en F1 au sein de la solide équipe Tyrrell en 1978 aux côtés de Patrick Depailler, Didier Pironi a très vite prouvé sa motivation et sa vélocité. Couronnant aux 24h du Mans cette même-année, Pironi veut trouver un team capable de l’amener jusqu’à la victoire. Après deux saisons d’apprentissage au sein du team britannique, le Parisien rejoint Ligier, daont la JS11 s’est montrée fringante en 79. La saison 80 est celle de sa première victoire, mais la dévotion du team envers Jacques Laffite lepousse à aller voir ailleurs. Il répond donc à la sirène de Ferrari, orpheline de Jody Schekter. Avec la Ferrari 126C pour la première fois équipée d’un moteur turbo, la Scuderia remonte la pente en 81, après son fiasco de 1980. Et son duo de pilotes Villeneuve-Pironi est tout à fait séduisant. Les deux fougueux deviennent d’ailleurs très vite amis, et sont faits favoris de l’exercice 82. Mais la Ferrari 126C2 n’est pas à son aise en début d’exercice, pendant que Prost balade sa Renault. Le renouveau interviendra à Imola, où les altercations au sein de la FOTA amputeront l’épreuve d’une partie des équipes. Après l’abandon de la dernière Renault de René Arnoux, les deux pilotes Ferrari, Villeneuve devant Pironi,reçurent la consigne "slow", afin d’assurer le doublé. Mais au moment où le Canadien leva le pied, il vit son équipier lui souffler la première place. Villeneuve a très vite compris qu’il ne s’agissait pas d’un jeu destiné à amuser le public. Les quatorze derniers tours furent le théâtre d’une vive opposition entre le deux hommes, dont le vainqueur fut Pironi. Mais Villeneuve eut du mal à cacher sa rancoeur, et malgré l’attente d’une victoire de Pironi, il promettait au Français un duel acharné dès le prochain GP, sur le circuit de Zolder. Percutant Jochen Mass,la Ferrari de Villeneuves’envola dès les essais du GP de Belgique. Ejecté, Villeneuve fut tué sur le coup, laissant Pironi seulau sein de la Scuderia. Par la suite, le Français s’installa aux commandes du championnat, supportant le décès de Riccardo Palettiau Canada, lorsque l’Osella du jeune transalpin percuta la Ferrari du leader du championnat. S’embrasant instantanément, la monoplace de Paletti fut éteinte par les commissaires et par... Pironi lui-même! Malheureusement, le jeune pilote était mort suite au choc violent de sa voiture contre la Ferrari. Au cours de cette saison pénible, Pironi semblait promis au titre, car ses concurrents paraissaient incapables de rivaliser. Son seul challenger avait trouvé la mort, et on ne pouvait qu’admirer sa maîtrise lors des essais du GP d’Allemagne, disputé sur unepiste d’Hockenheim détrempée. Mais le sort s’acharna et Pironi heurta la Renault de Prost, s’envolant ainsi avant de retomber lourdement sur la piste. Là où Villeneuve avait été éjecté, le Français est resté sanglé, lui sauvant la vie. Malheureusement, ses jambes étaient broyées, à tel point que Nelson Piquet, arrêté sur les lieux, et Prost, ne purent rester devant le spectacle des diverses fractures ouvertes du pilote Ferrari. Impressionnant de courage, Pironi refusa l’amputation, et travailla des années durant pour revenir à la compétition. Pendant ce temps, Keke Rosberg était sacré, pour 5 petits points sur le Français. Didier, lui, travailla son retour, et semblait avoir réussi son pari pour 1988. Malheureusement, une course de bateaux off-shore en décida autrement. Pironi et son équipage trouvèrent la mort en 1987.

La France de Prost

Avec quatre titres mondiaux et 51 victoires en GP, Alain Prost a éclipsé ses contemporrains et ses compatriotes. La France a rarement connu un tel champion, que seul Sébastien Loeb surclasse désormais. Les différentes tentatives de pilotes tricolores depuis le dernier titre de Prost en 1993 se sont soldés par des échecs, plus ou moins cuisants. Que ce soient Eric Bernard, Jean Alesi, Olivier Panis, Jean-Marc Boullion, Eric Comas, Olivier Beretta, Franck Montagny, Sébastien Bourdais ou d’autres, ils n’ont pas réussi à se montrer à leur avantage. Il n’y a que Panis et Alesi qui ont signé une victoire, et l’Avignonnais reste le seul à avoir fréquenté les top-teams. La filière Elf n’éxiste plus, et on attend maintenant d’autres soutiens, comme Renault avec Romain Grosjean par exemple. Mais il va falloir un peu de temps encore avant de retrouver un Français capable de se battre pour le titre.

par Jayce
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par AxelBorg

le 5 novembre 2009 à 15H11

Ces Français qui ont tutoyé le titre

On peut aussi citer Arnoux et Alesi qui en avaient le talent, mais n’ont pas su l’exploiter pour aller dans le bon team.

De Pironi, Laffite et Cevert, Cevert était le plus doué, Laffite le plus insensible à la pression et Pironi le plus calculateur, le plus rationnel.

Un duel Cevert Fittipaldi en 1974 aurait été intéressant.

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par 888happy

le 18 novembre 2009 à 13H06

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par 888happy

le 18 novembre 2009 à 13H09

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par le condor

le 5 novembre 2009 à 16H08

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Excellent sujet Jayce. Je m’en tiendrais à Cevert. Il restera éternellement comme le première rock star du sport français... Cevert était un champion du monde en puissance aucun doute !

L’homme ? Je ne sais pas... Mais c’est étrange Cevert qui incarnait cette French touch à travers le monde charmant, léger, intelligent disparaît fin 73 juste au moment où cette époque qu’il incarnait va disparaître avec le choc pétrolier et l’experience abominable du giscardisme.........

Triste cette concordance des dates...

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par ouffoue

le 5 novembre 2009 à 16H23

Ces Français qui ont tutoyé le titre

bon article je viens le lire après

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par Jayce

le 6 novembre 2009 à 10H45

Ces Français qui ont tutoyé le titre

Bonjour Axel, selon moi, René Arnoux n’avait pas la carrure pour être champion du monde. Mis au pas par Alain Prost chez Renault en 82, il fut incapable de profiter de la lutte Prost-Piquet en 83, alors que sa Ferrari semblait redoutable (couronnée championne du monde au championnat constructeurs). Son éviction et les performances de Michele Alboreto en 85 ont démontré que les raisons de son licenciement par la Scuderia étaient justifiées.

Pour ce qui est de Jean Alesi, il a eu la malchance d’intégrer Ferrari au plus mauvais moment. Mais la 412T2 de 95 aurait pu le consacrer, si l’Avignonnais n’avait pas autant subi la fiabilité aléatoire de sa voiture. Car avant Villeneuve, Montoya, Hakkinen ou Alonso, Alesi a été le premier à ne pas avoir peur de Michael Schumacher. Contrairement à Arnoux, Alesi aurait mérité un titre, car son palmarès ne reflète pas son passage en F1.

Si Cevert était doué, Laffite était excellent en gestion de course, et inégalable sous la pluie. Pironi était téméraire, n’avait peur de rien, pas même de G. Villeneuve, tout en étant plus responsable dans son approche de la course. Si il est difficile de dire si Cevert aurait explosé en 74 (quoiqu’on s’en doute), il semble que Laffite était le plus méritant en 81, de même que Pironi en 82.

Condor, l’aspect de Cevert est particulier, car il fut le premier Français à pouvoir disputer un titre, et fut le premier vainqueur après Maurice Trintignant. Il était attendu comme la providence, et sa mort à l’aube de sa consécration avait tout d’une tragédie grecque. Laffite en 81, puis Pironi en 82, ont rapidement été supplanté par Prost. Leur gloire respective a été rapidement effacée par l’emprise de Prost sur la F1, de 1984 à 1993. Cevert a laissé la France orpheline, Car Beltoise et Jarier n’avait pas la carrure pour jouer les premiers rôles. De plus, le charme du Parisien, avec son physique d’acteur et ses gruppies partout dans le monde, en faisait une sorte d’idéal. Laffite, avec des débuts tardifs (31 ans en 74), et une sagesse peu glamour, et Pironi, dont le panache le rangeait dans les fous du volant, n’avaient pas la même aura. Cevert, à l’image de Stewart, fit parti de ces pilotes qui apporta de la modernité à ce sport, contribuant à sa médiatisation, se battant pour la sécurité, abordant les courses avec un flegme tout britannique. Ceci a contribué à sa légende.

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par Kema

le 6 novembre 2009 à 15H03

Ces Français qui ont tutoyé le titre

tres bon , parfait

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