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le 16/11/2009

L’inexorable mondialisation du cyclisme


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Depuis plusieurs saisons, les grandes nations traditionnelles du cyclisme (France, Italie, Belgique, Suisse, Pays-Bas, Allemagne, Luxembourg), à l’exception de l’Espagne, sont malmenées par des pays émergeants: Australie, Grande-Bretagne, Russie, Etats-Unis, République Tchèque, Colombie ... Retour sur un phénomène désormais irréversible.

Actuellement, l’Europe de l’Ouest, berceau du cyclisme mondial, peine à s’imposer face aux nations émergentes.
Seule l’Espagne, forte de trois coureurs d’exception, Alberto Contador, Alejandro Valverde et Samuel Sanchez, se défend bien. Cancellara défend l’honneur de la Suisse, Boonen celui de la Belgique, Cunego les couleurs de l’Italie. Quant à la France, elle est bien démunie depuis que Laurent Jalabert a pris sa retraite.

Les pionniers de ce mouvement sont les Américains. Jonathan Boyer, en 1981, est le premier Yankee à venir sur le Tour.Mais c’est Greg LeMond, par sa victoire en 1986, qui amorce la révolution face aux Européens.

De même, dans les années 80, les grimpeurs colombiens se font remarquer dans les cols des Alpes et des Pyrénées. Luis Herrera, le meilleur d’entre eux, gagne même la Vuelta en 1987. Fabio Parra finit sur le podium du Tour en 1988, plus de dix ans avant la révélation d’un coureur éclectique, Santiago Botero, capable de grandes épopées en montagne comme de devenir champion du monde du CLM (ce fut chose faite à Zolder en 2002). Autre coureur latin à s’être fait nom en Europe, le Mexicain Raul Alcala.

D’autres coureurs nord-américainssuivent le mouvement amorcé par Greg LeMond: Andy Hampsten (vainqueur du Giro en 1988), Alexi Grewal (champion olympique en 1984), le Canadien Steve Bauer, Lance Armstrong, qu’on ne présente plus, George Hincapie,Bobby Julich, Tyler Hamilton, Levi Leipheimer, David ZabriskieouFloyd Landis.

Les coureurs britanniques, via l’émergence de deux pistards, vont faire renaître le cyclisme d’un pays qui attendait un successeur au regretté Tom Simpson, décédé en 1967 sur les pentes rocailleuses du Mont Ventoux. L’homme qui prétendait fumer de la marijuana, comme les Beatles, n’avait jamais trouvé de sucesseur, lui qui fut sacré champion du monde en 1965 près de San Sebastian.
Chris Boardman et Graeme Obree se disputent le record de l’heure avant que Miguel Indurain ne mette tout le monde d’accord en 1994. Mais Boardman, passé sur route, écrase Indurain et Rominger lors du prologue du Tour 1994, à Lille. Ce renouveau, jamais l’Ecossais Robert Millar n’avait pu l’incarner dans les années 80. Son homonyme David Millar portera le maillot jaune du Tour 2000, fort d’une victoire dans le chrono du Futuroscope. Depuis, Bradley Wiggins et Mark Cavendish portent très haut les couleurs du cyclisme britannique, récompensé par le grand départ du Tour à Londres en 2007. Sans parler du pistard Chris Hoy,nouveau maître des vélodromes depuis la retraite de Rousseau et Gané.

Les Australiens sont aussi désormais de redoutables compétiteurs, héritiers de Phil Anderson, premier à défendre les couleurs de ce pays dans les années 80. Neil Stephens futlongtemps lieutenant de Zulle et Jalabert au sein de la ONCE.Robbie McEwen fut le premier maillot vert australien, raté de peu par Stuart O’Grady en 2001 face à Erik Zabel. Michael Rogers, triple champion du monde CLM, a connu une belle carrière, tandis que Cadel Evans, Poulidor des années 2000 sur le Tour (dauphin en 2007 et 2008) vient de remporter le championnat du monde à Mendrisio, en Suisse. Evans portera le maillot irisé en 2010 et espère enfin gagner le Tour, chose inédite pour un coureur australien. Autres coureurs de talent venus du pays des kangourous, Bradley McGee et Baden Cooke.

Un autre sprinter venu d’un pays sans tradition cycliste est l’excellent Thor Hushovd, très régulier au plus haut niveau mondial. Le coureur norvégien est le meilleur coureur scandinave de l’Histoire, ayant réussi à ramener le maillot vert à Paris.

Comme Evans, l’objectif numéro 1 est de gagner leTour ...pour Denis Menchov, coureur russe de grand talent. Comme Evgueni Berzin ou Pavel Tonkov dans les années 90, Menchov a remporté le Giro. Mais il est aussi double vainqueur de la Vuelta. Autre talent venu de Russie, Vlatcheslav Ekimov, ancien porteur d’eau de Lance Armstrong à l’US Postal, mais aussi lauréat de classiques et champion olympique du CLM en 2000 aux Jeux de Sydney (devant Ullrich et Armstrong, s’il vous plaît!). N’oublions pas non plus Dimitri Konyshev.

Alexandre Vinokourov et le regretté Andrei Kivilev ont fait connaître au monde entier le nom du Kazakhstan, que l’on ne connaissait qu’à travers le cosmodrome de Baïkonour. Concernant les autres républiques issues de l’ex URSS, comment ne pas penser à Jaan Kirsipuu (Estonie), à Romans Vainsteins (Lettonie), champion dumonde sur routeen 2000 sur le circuit de Plouay,ou àDjamolidine Abdoujaparov (Ouzbékistan)? Les Ukrainiens Yaroslav Popovych et Serhiy Honchar sont d’autres exemples.Le coureur hongrois Lazslo Bodrogi a longtemps joué les trouble-fêtes dans les grands rendez-vous de rouleurs, comme le championnat du monde CLM

Un seul coup d’oeil sur les cinq premiers du Tour de France depuis vingt ans suffitpour réaliserquelle révolution importantele cyclisme vit: sont présentes dans les classementsla Pologne (Zenon Jaskula 3e en 1993), la Lettonie (Piotr Ugrumov 2e en 1994), la Colombie (Alvaro Mejia 4e en 1993, Santiago Botero 4e en 2002), la Lituanie (Raimondas Rumsas 3e en 2002),les Etats-Unis (Greg LeMond vainqueur en 1990, Andrew Hampsten 4e en 1992, Bobby Julich 3e en 1998, Lance Armstrong sept fois maillot jaune de 1999 à 2005 puis 3e en 2009, Tyler Hamilton 4e en 2003, Levi Leipheimer 3e en 2007), l’Australie (Cadel Evans 4e en 2006 puis2e en 2007 et 2008), le Kazakhstan (Andrei Kivilev 4e en 2001, Alexandre Vinokourov 3e en 2003 et 5e en 2005), la Russie (Denis Menchov 4e en 2008), la Grande-Bretagne (Bradley Wiggins 4e en 2009) ...

A quand l’Amérique du Sud ou l’Asie dans le concert des nations?

De l’autre côté, les grandes nations européennes ont de plus en plus de mal à placer un des leurs dans le top 5. La Belgique (Claude Criquelion 5e en 1986), les Pays-Bas (Michael Boogerd 5een 1998), la Suisse (Alex Zülle 2e et Laurent Dufaux 4een 1999), la France (Christophe Moreau 5een 2000), l’Italie (Ivan Basso 2e en 2005), l’Allemagne (Andreas Klöden 2e en 2006)neparviennent plusà hisser leurs meilleurs coureurs dans la lutte pour le maillot jaune ... Seule l’Espagne, qui reste sur quatre victoires consécutives depuis 2006, dont deux grâce à son prodige Alberto Contador, tient la dragée haute aux nations émergentes.

D’où vient ce mouvement? En 1992, le Tour de France était diffusé dans 35 pays, dans 169 en 1998, seulement six ans plus tard. Le Tour est désormais un évènement de portée universelle, comme peuvent l’être les Jeux Olympiques, la Coupe du Monde de football, les Grand Chelem de tennis ou la Formule 1. Le temps où le Tour ne faisait rêver que le public européen est révolu!

La chute du Rideau de Fer a évidemment contribué à faire venir les meilleurs coureurs des pays d’Europe centrale et orientale ... Sergueï Soukhoroutchenkov, surnommé le Merckx des amateurs, champion olympique sur route en 1980 à Moscou, peut en témoigner, lui qui n’a jamais pu se mesurer avec Bernard Hinault dans les cols des Alpes ou des Pyrénées ... A une époque où le Blaireau manquait de plus de rivaux de qualité, face notammentà un Joop Zoetemelk émoussé par une décennie passée à subir la férule de Merckx et Ocana. Le cyclisme existait dans les pays communistes à travers la célèbre Course de la Paix, aujourd’hui disparue.

Pour les autres pays, difficile d’expliquer l’engouement soudain de champions pour la petite reine. Greg LeMond découvrit par hasard le cyclisme en Europe alors qu’il était venu pour une compétition du ski, pendant son adolescence. Le succès du coureur californien suscita notamment les vocations de Lance Armstrong, tout comme Miguel Indurain fut l’idole de nombreux coureurs espagnols, comme Alberto Contador.

En tout cas, la concurrence est de plus en plus rude à l’échelon mondial, ce qui va rendre la tâche des Français très complexe. Trouver un successeur à Bernard Hinault (dernier Français vainqueur du Tour en 1985)et à Laurent Brochard (dernier Français champion du monde en 1997) ressemble à un casse-tête chinois. Malgré le talent de Sylvain Chavanel et Thomas Voeckler, force est de constater que Richard Virenque et Laurent Jalabert, fers de lance du cyclisme tricolore à l’époque des Indurain, Armstrong, Museeuw, Cipollini, Pantaniet autres Ullrich, n’ont jamais été remplacés. Le dopage ne justifie pas tout, le cyclisme français devrait s’imposer une réelle remise en questions s’il veut continuer à exister au plus haut niveau, que ce soit dans les grands Tours ou dans les classiques.

par AxelBorg
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par matrunner

le 16 novembre 2009 à 11H47

L’inexorable mondialisation du cyclisme

c’est vrai que le cyclisme pro se mondialise. Tu as oublié les Japonais ! Beppu et... j’ai oublié. Qui se sont bien montré d’ailleurs.

En y pensant , on ne trouve pas de de Grec, de Turcs, d’argentins...à moins que je dise des bêtises. En tout cas c’est vrai, si l’Asie s’y intéresse de plus près, ça amènerait du monde. Mais l’évolution risque d’être lente, surtout pour trouver des coureurs qui ont le niveau pour courir le tour par exemple

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par AxelBorg

le 16 novembre 2009 à 14H18

L’inexorable mondialisation du cyclisme

On voit que l’UCI tente d’exporter le championnat du monde. Au Canada en 1974 et 2003, au Venezuela en 1977, aux USA en 1986, au Japon en 1990, en Colombie en 1995, en Australie en 2010.

Loin de la traditionnelle Europe.

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par naranjito

le 16 novembre 2009 à 14H48

L’inexorable mondialisation du cyclisme

Bon resume, mais le constat est assez evident, c’est vrai qu’on peut se demander pourquoi la mondialisation a atteint le velo, sport qui rapporte quand meme beaucoup moins que d’autres et tres exigeant.

C’est bizarre quand tu demandes "A quand l’Amerique du sud", juste apres avoir cite les colombiens qui ont brille sur le Tour (et ailleurs). Certes les autres nations sont tres peu representees mais il me semble qu’il y a quelques argentins, Etxeberria le basque venezuelien et un bresilien dont le nom m’echappe.

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par AxelBorg

le 16 novembre 2009 à 17H26

L’inexorable mondialisation du cyclisme

La Colombie est très seule, et les grands noms de ce pays sont peu nombreux (Herrera, Parra, Mejia, Botero).

Le jour où le Brésil et l’Argentine auront des cyclistes de haut niveau, on pourra dire que l’Amérique du Sud aura gagné ses galons.

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par Lance

le 16 novembre 2009 à 19H40

L’inexorable mondialisation du cyclisme

Oui le cyclisme se mondialise mais il faut bien reconnaître qu’il est surtout populaire en Europe. De ce que j’en connais, dans la majorité des pays non européens, les gens ne connaissent qu’Armstrong et ne comprennent toujours pas pourquoi le cyclisme est un sport d’équipe et ce qu’est un classement général dans une course par étapes...

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par bangs

le 17 novembre 2009 à 14H16

L’inexorable mondialisation du cyclisme

Pour la France, je dirais que le problème vient (un peu comme au foot avec les clubs français) de la culture de la gagne. Laurent Fignon la souligné durant le dernier tdf, a écouter les néo-coureurs français du tour, ils veulent se faire plaisir et faire plaisir aux téléspectateurs. On s’en tape, dit que tu veux gagner une étape ou quelque chose.

Il nous faut un mec qui a soif de victoire, qui recherche uniquement la première place. Un mec arrogant, que l’on déteste MAIS QUI GAGNE. Voila,...

Faut arrêter avec Pierre de Courbertin, on s’enlise.

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par AxelBorg

le 17 novembre 2009 à 14H54

L’inexorable mondialisation du cyclisme

Oui, les grands champions sont égoïstes.

Les plus talentueux des Français de ces dernières saisons, David Moncoutié et Sylvain Chavanel, sont des agneaux comparés à Lance Armstrong ou Alejandro Valverde, qui ne vivent que pour et par la victoire !

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par RoyObannon

le 18 novembre 2009 à 14H01

L’inexorable mondialisation du cyclisme

Bon Article vote Oui

NB Un coureur argentin s’illustre en Pro Tour à la Saxo bank. José Martin Haedo(sprinteur d’une vingtaine d’années) avec quelques victoires de second rang à son palmarès.

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