Prost et Senna, tous les chemins mènent à Rome
D’un côté, le Professeur, adepte de l’équilibre parfait de son châssis, tacticien hors pair, à la recherche du moindre risque et du rendement maximal de sa monoplace. De l’autre, l’Archange, le chasseur de poles, à la lutte contre le chronomètre, esthète de la trajectoire, viscéralement attaché à la performance ultime de son moteur ... Prost et Senna, deux façons opposées de voir la course et la victoire, mais au final, des destins qui convergent ... vers la gloire, tout en haut des podiums!
Leur duel a illuminé la Formule 1, entre 1988 et 1993.
Chacun de ces deux pilotes est issu d’une école ... Alain Prost, plus rationnel, plus cartésien, hérite de Rudi Caracciola, Juan Manuel Fangio, John Surtees, Jackie Stewart, Emerson Fittipaldi, Didier Pironiou Niki Lauda, réputés froids calculateurs.
Ayrton Senna, plus fougueux, plus combatif, était le digne successeur des Tazio Nuvolari, Bernd Rosemeyer, Jean Behra, Stirling Moss, Jim Clark, Ronnie Peterson, Gilles Villeneuve, Alan Jonesou Jochen Rindt, conquérants de l’impossible.Cependant, certains avaient plus de discernement que d’autres en course.
Depuis, Fernando Alonso, Juan Pablo Montoya, Kimi Raikkonen, Sebastian Vettelou Lewis Hamilton ont repris le flambeau de l’école Senna. Quantà Michael Schumacher, il est unique en son genre, parfaite synthèsedes deux écoles.
Alain Prost se préocuppait de sa course dès le vendredi matin. Sans négliger l’importance d’une bonne place sur la grille, récompense d’une qualification réussie le samedi, le Français optimisait tout son setup: équilibre du châssis, adhérence, choix des meilleurs pneus, limitation du sous-virage en courbe... L’objectif de Prost était toujours de partir avec une monoplace parfaitement réglée plutôt que de tenter le diable en "surconduisant". Prost partait souvent "loin" sur la grille car son défaut majeur, dans l’exercice délicat des qualifications, était de ne pas réussir à suffisamment chauffer ses pneus, condition nécessaire pour un tour parfait.
L’exemple le plus frappant de cette stratégie fut le Grand Prix du Mexique 1990. Qualifié treizième, le triple champion du mondejura aux mécaniciens de Ferrari qu’il remporterait la victoire le dimanche. Ces derniers le prirent pour un fou. Après un départ sage, afin de roder la 641, Prost dépassa tout le peloton, Senna y compris, sur l’autodrome de Mexico, prenant un plaisir fou ... Implacable, le Français montra ce jour là sa propension à faire basculer une course par son sens aigu de la mise au point et sa science tactique. A part en 1993, où il disposait via la Williams Renault de l’arme absolue pour chasser les pole positions, Prost parvint durant toute sa carrière à ramener des victoires sans forcément partir de la première ligne.
Ayrton Senna, lui, avait une approche différente. Evidemment, le Brésilien, stakhanoviste, harcelait ses mécaniciens pour disposer du meilleur package technique. Le dialogue avec les ingénieurs était pour lui essentiel, avec un luxe infini de détails (Senna était capable de se rémémorer des détails incroyables d’un tour de circuit), lui qui était réputé pour faire traîner les debriefings techniques, obsédé par les performances de son moteur, ce qui avait fait de lui une idole pour les ingénieurs motoristes de Honda. Senna chassait la pole position le samedi afin de viser le cavalier seul en course. Durant les premiers tours, Senna attaquait au maximum pour sortir son premier poursuivant de son aspiration et ainsi limiter le risque de dépassement. Mais aussi pour briser le moral de l’adversaire. Il appliqua notamment cette tactique au Grand Prix de Macao 1983, sa dernière course de F3avant son arrivée en F1 chez Toleman, en 1984, pour le Grand Prix du Brésil, couru à Rio de Janeiro. Son sens aigu des trajectoires lui permettait ainsi de s’échapperavec panache dans un risque calculé. Comme Jim Clark ou Alberto Ascari jadis, Senna était obsédé par le fait de courir en tête du peloton (notamment sous la pluie, avec l’avantage non négligeable d’avoir une piste dégagée devant soi). La pole était bien entendu la condition sine qua non de cette stratégie ... et Ayrton repoussait sans cesse ses limites en qualifications, comme à Monza en 1989 où il signa une pole position d’anthologie le samedi, pulvérisant le chronomètre établi par Berger le vendredi et pourtant jugé imbattable!
Autrecaractéristique tactiquedes courses de Magic, sa gestion du trafic. Ce n’est pas un hasard si AyrtonSenna avait choisi un casque jaune, couleur facilement reconnaissable dans un rétroviseur. Une fois devenu prédateur dans la jungle de la F1, Senna exerçait une pression mentale terrible sur les attardés en leur prenant un tour. Ces derniers laissaient ainsi passer Senna san rechigner. Cela lui permit souvent de creuser des écarts à Monaco, notamment en 1991 devant Stefano Modena, lancé à sa poursuite. Mais Senna paya le prix de cette stratégie agressive en 1988 à Monza, s’accrochant avec la Williams de Jean Louis Schlesser. Suspension cassée pour la McLaren Honda, qui dut laisser la victoire à la Ferrari de Gerhard Berger. C’est pour cela qu’en 1993 à Suzuka, Senna considéra le comportement d’Eddie Irvine, rookie dans ce Grand Prix duJapon, comme uncrime de lèse-majesté. L’Irlandais avait préféré poursuivre le combat avec Damon Hill plutôt que delaisser le passageau roiAyrton.
Autre énorme différence entre les deux titans, la gestion des courses sous la pluie. Senna considérait la pluie comme un avantage à exploiter. Prost, malgré son talent, ne souhaitait pas prendre de risque inutile, conséquence de l’accident de la Ferrari de DidierPironi à Hockenheim en 1982, dont il fut le témoin involontaire à bord de sa Renault. Ainsi, Prost jeta l’éponge à Silverstone en 1988 (laissantaussi un gros joker à l’avantage de Senna dans la course au titre)et à Adelaïde en 1989 (fin du premier tour). Sans parler d’erreurs de pilotage dues à l’aquaplaning comme à Estoril en 1985 ou à Interlagos en 1993 (accrochage avec Christian Fittipaldi).
Quant à Magic Senna, c’était pour l’occasion, comme pour d’autres rois de la pluie à toute les époques(Caracciola, Clark, Ickx, Schumacher, Hamilton) d’étaler sa virtuosité dans des conditions précaires d’adhérence. Ainsi, le Brésilien offrit un festival à Monaco en 1984 (2e), puis par des victoires retentissantes (Estoril 1985, Silverstone 1988, Spa Francorchamps 1989, Interlagos 1991,Donington 1993). Il fut très rarement vaincu sous la pluie (Adelaïde 1989, Barcelone 1992, Spa Francorchamps 1992).
Plus incisif que Prost, Ayrton Senna n’hésitait pas à dépasser dans le peloton, quand il ne partait pas en pole. Ainsi, trois victoires superbes, à Suzuka en 1988 (remontée après avoir calé au départ), à Phoenix en 1990 (duel avec Jean Alesi) ou à Donington en 1993 (dépassements sur Michael Schumacher, Karl Wendlinger, Damon Hill et Alain Prost dans le même premier tour) en témoignent. Le panache du Brésilien lui joua parfois des tours, comme à Silverstone en 1985 où il tomba en panne sèche devant Prost. Mais Senna apprit très vite à courir intelligemment, utilisant l’offensive avec parcimonie. Sa victoire de Jerez en 1986 en témoigne. Il économisa les pneus agonisants de sa Lotus Renaultdans les derniers tours afin de mieux pouvoir contenir Nigel Mansell, qui revenait comme un boulet de canon sur sa Williams Honda ... qu’il devança de quelques millièmes sur la ligne de chronométrage! La photo-finish désigna Senna comme vainqueur.
Moins spectaculaire que Senna, Prost préférait exercer son sens tactique, même s’il a prouvé savoir dépasser (notamment au deuxième tour à Estoril en 1988, bien que tassé contre le mur des stands par Senna). Trois victoires témoignent de son discernement exceptionnel en course. Jacarepagua 1987, Monaco 1988 et Silverstone 1990.
Au Brésil en 1987, mal qualifié sur sa McLaren Porsche, Prost économise ses pneumatiques en début de course, Rio étant un circuit terriblement exigeant pour les gommes. Il ne fait qu’un seul ravitaillement, contre deux à ses rivaux, et gagne ensuite le Grand Prix avec plus de trente secondes d’avance.
A Monaco en 1988, Prost se fait piéger par Berger à Sainte-Dévote au départ. Troisième derrière Senna et Berger, il voit son coéquipier chez McLaren s’envoler, loin devant la Ferrari de l’Autrichien. Ayrton tutoie les rails avec virtuosité et panache et se construite une avance de cinquante secondes ... Prost met lui cinquante-quatre tours pour venir à bout de Berger. Sachant qu’il ne pourra pas rattraper Senna et encore moins le dépasser, Prost exploite son seul point faible. Il connaît l’orgueil exacerbé de Senna, son désir d’absolu et de perfection. Prost accélère le tempo et prend le meilleur tour à son coéquipier, envoyant ainsi un message offensif. Senna répond avant de redescendre son rythme. Mais Prost est parvenu à troubler la concentration de Senna, moins chevronné. Ce dernier commet ensuite une faute grossière au virage du Portier et termine dans le rail ... Prost cueille ainsi une magnifique victoire en Principauté de Monaco, sa quatrième en cinq ans.
A Silverstone en 1990, Prost est dominé aux essais par son coéquipier Nigel Mansell, réputé pour son redoutable coup de volant. Mais Mansell est loin d’être le meilleur pilote quant il s’agit de gérer une course. L’attaque à outrance du pilote anglais ne vaut pas la régularité de Prost qui passe Mansell et s’envole vers une superbe victoire sur l’ancien aérodrome de la RAF. Mansell, mortifié par l’hégémonie de Prost au sein de la Scuderia, déclare qu’il prend sa retraite, avant de revenir sur sa décision!
Senna, enfin, était capable de trouver des ressources mentales inouïes pour résister au dépassement d’un rival. Prost en fit l’expérience en 1993, à Kyalami et Silverstone, la Williams Renault ayant du patienter plusieurs tours pour piéger la McLaren Ford du pilote brésilien, dont la combativité était sans égal en piste. Idem à Barcelone en 1991, où Senna ne céda qu’en bout de ligne droite face à Mansell. A Jerez en 1986, Senna usa ses pneus agonisants pour devancer sur la ligne la Williams de l’Anglais, aucun des deux ne voulant abdiquer. A Budapest, la même année, il s’inclina dans un duel inoubliable avec son ennemi intime, Nelson Piquet, le pilote carioca. Les deux Brésiliens ne cessaient de se dépasser et de repousser leurs limites.
Au final, juste pour préciser, Prost c’est 51 victoires en 199 GP, Senna 41 en 161 courses.
Soit un taux de 25 % pour chacun.
Bonjour Axel, excellent article. Pour ma part, je classerais Fernando Alonso comme un descendant de la lignée Prost, plutôt que de Senna. Pas le plus véloce (notamment face à Hamilton en 2007), l’Espagnol use de son intelligence de course pour dégoûter ses adversaires. L’exemple le plus flagrant est le GP de Hongrie 2006, où après avoir parfaitement exploité les conditions difficiles de cette course disputée sous la pluie, il remonta patiemment le peloton, usant Michael Schumacher lui-même, avant de s’envoler vers la victoire au prix d’une stratégie sage et efficace. Une roue mal serrée lors de son ultime arrêt l’a contraint à l’abandon, mais personne, et surtout pas Button, vainqueur surprise, ne pouvait lui contester la tête.
Michael Schumacher est un mélange des genres, terriblement efficace et usant d’un panche incroyable. Cette attaque à outrance lui coûta cher à Hockenheim en 94 où son moteur Ford ne résista pas au harcèlement de l’Allemand sur la Ferrari de Berger, et à Montréal en 99, où sa Ferrari termina dans le mur alors qu’elle était en tête.
Prost avait peur de la pluie, suite aux accidents de Villeneuve et Pironi en 82. Avant ça, il y était tout à fait performant. Il maîtrisait aussi l’art du dépassement, sa seule tentative étant souvent la bonne. A près avoir écoeuré Mansell ou Rosberg, Prost se montra plus intelligent que Senna là où le Brésilien ne pouvait être concurrencé en vitesse pure. L’une des plus belles course de Prost se disputa à Imola en 93. Traumatisé par le GP précedent à Donington, lâché par son team (Patrick Head particulièrement), Prost a vaincu Senna dans son domaine, sous la pluie et au prix d’un dépassement prodigieux. Au lendemein de la course, le Bésilien salua la performance de son rival, évoquant les problèmes de boite récurrents de la Williams du Français, ce dont Prost se plaignait depuis le début de saison sans qu’on le prenne au sérieux ! Je pense que Senna avait compris qu’il perdrait le titre, la faim de Prost étant plus grande.
Le principal défaut de Prost était en fait son incapacité à tirer le meilleur d’une voiture imparfaite. A Donington justement, le Français avait misé sur une amélioration de la météo, alors que McLaren avait joué la pluie. Senna se joua du plateau sur une voiture idéalement préparée, alors que Prost dû composé avec une monoplace trop rigide et trop basse. Les errements de son stand l’ont contraint à sept arrêts, et il échoua à la troisième place dans des conditions apocalyptiques. Pensant s’arrêter en cours de saison, jugeant que son année sabbatique lui avit fait beaucoup de mal, Prost a été remis en selle par la conférence de presse d’après course. Senna, goguenard, le provoqua, lui coupant la parole au moment où il évoquait ses soucis "Tu préfères peut-être ma McLaren ?! Si tu veux, on échange !" Senna plaisanta avec Hill et les journalistes, tandis que Prost, humilié, ravala son amertume pour continuer le recit de son calvaire. Le coup de grâce fut porté par Patrick Head, qui déclara après cette conférence "On peut toujours parler de problèmes de boite, de tenue de route, de réglages ou de stratégie. On peut tout dire après une course." Après ses démélés avec la FIA (qui prendront un sens terrible un an plus tard à Imola), Senna et Williams enfoncé le poignard d’un début de saison mitigé. Sur le circuit de San Marin, Prost lança sa saison, avec brio. Il ne fêta pas sa victoire avec le team Williams. Cette victoire, c’était la sienne.
Prost et Senna s’appréciait beaucoup hors circuit, notamment fin 93. Senna savait que Prost était celui qui lui avait empêché de gagner tous les titres de 88 à 91, et en 93. Il donnait de l’épaisseur à ses performances, et le faisait entrer dans la légende.
salut Jayce !
Tu classes Alonso dans la lignée Prost ? Pourquoi pas en effet ... Comme Prost (et Senna), Alonso court avec intelligence et sang-froid. Oui mais il a aussi du panache et des nerfs ... en fait on pourrait presque le classer du côté de Schumacher, hybride !
Du panache, via son dépassement sur Massa au Nurburgring en 2007, avec opportunisme
Des nerfs, par sa victoire à Imola en 2005 malgré le harcèlement pendant douze tours de la Ferrari de Michael Schumacher.
Budapest 2006 me rappelle plutôt Donington 93 par sa capacité à écoeurer le peloton ...
En effet, Prost était tellement attentif à l’équilibre de la voiture qu’il avait du mal à compenser une imperfection de sa F1. Donington 1993 en est l’exemple le plus frappant, même si Williams se fourvoya de façon exemplaire avec la météo ce jour là (7 ravitaillements pour Prost).
Comme avec Villeneuve en 1997, à Monaco et Spa.
Pour Alonso, dernier détail ... il affirma en 2007 avoir permis à McLaren de gagner 6 dixièmes sur la MP4/22 par son travail en essais hivernaux
Et à Silverstone, lorsque Lewis Hamilton décida de ne plus copier les réglages de l’Espagnol, on vit de suite que le jeune rookie anglais était en difficulté ...
A Imola en 1993, Prost intériorise sa victoire et serre le poing dans son cockpit, à l’abri des regards ...
A Monaco, toujours en 1993, Frank Williams fut laconique quant Prost remonta de la 22e à la 4e place ... Répondant à un observateur qui affirmait "Quel pilote, ce Prost !", Williams déclara froidement "Il faudrait qu’il le prouve ...".
Quel contraste avec les liens tissés avec Ron Dennis entre 1984 et 1988 (sauf en 1989 où Dennis prend le parti de Honda et d’Ayrton Senna, qui représentait l’avenir à Woking).
Après ses passages chaleureux à Woking et Maranello (Prost garde un excellent souvenir de 1990 malgré l’épisode d’Estoril avec Mansell), Alain fut déçu des relations humaines à Didcot ...
par contre moi, j’ai toujours pas digéré les aneries de mansell chez ferrari.
Le départ d’Estoril 90 tu veux dire, manoeuvre anti Prost ?
Après avoir vu Piquet gagner le titre face à lui chez Williams en 1987, Mansell ne voulait pas à nouveau voir un de ses coéquipiers devenir champion. Ce Grand Prix du Portugal 1990 fut le glas des espoirs de Prost pour la couronne mondiale, même si Alain, en gagnant à Jerez alors que Senna abandonnait, put maintenir le suspense jusqu’à Suzuka ...
Il y a aussi l’hommage de Senna à Prost, la matin de sa mort. Vibrant.
Cette période sonne comme l’apogée de la F1 et du spectacle. Le caractère différent et fédérateur des pilotes, rendait la F1 humaine voire noble.
Il y a une excellente génération de pilote qui émerge, mais pas assez de forte personnalité. Seul Hamilton suscite ce mélange exaspération et d’admiration et encore il s’est calmé.
Tout le monde a son idée sur l’âge d’or du sport automobile, disait le journaliste anglais Denis Jenkinson.
C’est vrai que Senna, Prost, Mansell, Piquet, Berger, Patrese, c’était une belle époque ...
Perso, je trouve que la période la plus dense en talents furent les années 70 ... Lauda, G.Villeneuve, Ickx, Regazzoni, E.Fittipaldi, Peterson, Mario Andretti, Reutemann, Hunt, Jones, Scheckter ...
La période actuelle est fertile aussi ... Alonso, Hamilton, Raikkonen, Vettel, Kubica, N.Rosberg, Massa, Button.
Axel, je reste sur le point de vue que Senna avait du mal à rester concentré sur un week-end complet. Alonso est donc plus proche de Prost, capable de coups d’éclat mais surtout d’une efficacité redoutable. Jackie Stewart avait dit à propos de Prost qu’il était le seul "à être si rapide en donnant l’impression de ne pas faire souffrir sa voiture. On a l’impression qu’il peut toujours lui trouver des ressources."
En fait, la période 1994-2003 a été dure pour la F1, à cause du talent de Michael Schumacher, et de l’absence de challengers sérieux. Seuls Mika Hakkinen, et dans une moindre mesure Damon Hill, avait la carrure d’un champion. Effectivement, depuis l’émergeance de la nouvelle génération Alonso-Raikkonen, on retrouve un niveau de concurrence intéressant. Les "descendances" sont visibles entre Prost-Alonso, Senna-Hamilton, et Mansell-Raikkonen. En 2010, entre Alonso, Hamilton, Vettel et Rosberg, la lutte sera intense, pour quatre pilotes de quatre teams différents. On peut ajouter à cette liste Kubica, Massa et Button. Ca fait longtemps que la bataille n’a pas été aussi intense.
Les années 70 ont cette particularité qu’elles comptaient sur des constructeurs indépendants construisant une voiture autour du Ford-Cosworth, Ferrari mis à part. Dès lors, des écuries nouvelles ont su se montrer compétitives dès leur apparition, comme Tyrell en 71 (championne du monde) ou encore Wolf (3 victoires en 77). On peut ajouter à ta liste de pilotes Jackie Stewart, sans parler de Jochen Rindt, mort trop tôt tout comme François Cevert. Car entre Cevert, Reutemann, Peterson, Regazzoni ou Villeneuve, ils auraient tous mérité un titre de champion du monde. Seul James Hunt a profité d’un hold-up, du fait de l’accident de Niki Lauda en 76. Les années 70 sont aussi celles de la médiatisation de ce sport, avec ses gloires et ses drames. La mutation a été importante, avec l’abondance de sponsors, et l’arrivée des grands constructeurs, qui ont changé la discipline à l’aube des années 80.
Raikkonen est tout de même d’un autre calibre que Mansell.
Montoya était lui proche de Mansell.
Oui en effet, Michael Schumacher a été bien trop "seul", seul Hakkinen et un peu Damon Hill ont pu rivaliser avec lui. L’émergence d’Alonso en 2005 a donné le rival qui avait toujours manqué à Schumi, et que Senna aurait du être en 1994-1995.
James Hunt a mérité son titre en 1976, malgré l’accident de Niki Lauda. Il était le "George Best" de la F1, et son talent était immense. Il n’a gagné qu’un seul titre car il ne s’est vraiment consacré à son sport qu’une seule saison ... 1976. Il n’est pas l’imposteur que l’on décrit si souvent.
Oui Cevert et Stewart bien entendu, deux autres excellents pilotes, mais c’était le début des 70s, je parlais plutôt de la fin.
Quant à Prost, en effet, il était plus propre que n’importe qui, en terme de trajectoire mais aussi de préservation des pneus. En 1986 à Monaco il claque la pole et le journaliste Denis Jenkinson fut ébahi. Frank Williams déclara dix ans après la mort de Senna que Prost était meilleur que Senna car il était aussi performant sans même aller à la limite de son pilotage.
Pour Senna, sa concentration n’était pas optimale en début de carrière, mais par la suite, il fut reconnu qu’il était le pilote le plus fort dans sa capacité à se focaliser sur la course et à ne rien laisser le perturber ...
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