Federer termine le travail.
Finale de Madrid, Federer b. Nadal 6-4 6-4
Une bien belle victoire pour le Suisse qui met fin à plusieurs séries: ses 5 défaites consécutives face à Nadal, sa disette en Master 1000 et l’invincibilité de l’Espagnol sur terre. Une jolie victoire donc qui pourrait toutefois s’avérer plutôt amère au final.
Il était bien difficile de pronostiquer quoi que ce soit avant le match tant les paramètres à prendre en compte étaient nombreux et incertains.
A l’avantage de Nadal, sa quasi invincibilité sur la surface et ses 5 victoires de rang face à son rival. Pour Federer, un parcours sans fautes jusqu’en finale, un service performant et régulier, une terre rapide et surtout une mobilité accrue cette semaine.
Deux questions essentielles également: Nadal aura t-il récupéré de son marathon face à Djokovic? Et que vaut réellement Federer cette semaine sachant qu’il a atteint la finale à la faveur de victoires sur 4 souffres-douleurs plutôt dociles?
Le match commence sur des bases habituelles, c’est à dire favorables à Nadal. L’Espagnol met au supplice le revers de Federer qui craque assez rapidement sur ce coup dans l’échange. Dès le premier jeu le Suisse doit batailler malgré 100% de réussite enpremier balle. Mais il tient grâce à son service età un plan de jeu enfin cohérent face à Nadal: refuser le combat de fond de court perdu d’avance, écourter les échanges et monterau filet quitte à se faire transpercer en passings. Et la recette fonctionne. Nadal domine légèrement les débats mais il a du mal à se régler sur des échanges qui durent rarement plus de 3 frappes. C’est d’ailleurs l’Espagnol qui finit par craquerle premier en commettant des fautes inhabituelles. Federer saisit l’occasion breake et gagne cette première manche sans vraimentl’avoir dominée.
Le deuxième set est la quasi copie conforme du premier avec un break pour Federer un peu plus tôtacquis grâce à quelques très bons retours et aux imperfections du jeu de jambes de Nadal. L’Espagnol est atteint physiquement et le Suisse le met au supplice avec son coup droit et son service qui flirtent souvent avec les lignes. Et malgré un baroud d’honneur sous la formede deux dernières balles de débreak, Nadal ne peut empêcher Federer de remporter son quinzième Master 1000 sur un ultime Ace. Comme à la belle époque diront les fans.
Que tirer comme conclusions d’un tel match?
Federer revient-il au premier plan? Oui probablement parce que l’envie et la manière étaient là cette semaine. Ce n’était pas un grand Federer mais untrès bon tout de même et la confiance accumulée à Madrid devrait l’aider à jouer encore mieux parla suite.
A t-il ses chances cette année pour s’imposer? Pas plus que les années précédentes et probablement un peu moins puisqu’ilpartage dorénavant sa position de meilleur outsider sur terre avec Djokovic.
Il faudra très certainement la convergence de plusieurs facteurs favorables à Federer pour qu’il s’impose à Roland. Le plus important étant que Djokovic soit dans la moitié de tableau de Nadal. Non pas que Federer soit incapable de le battre (au contraire j’aurais même tendance à le mettre favori au meilleur des cinq manches contre n’importe qui d’autre que Nadal). Mais pour que, comme à Madrid, le Serbe entame sérieusement la résistance physique de l’Espagnol. Et plus encore même car à Paris, Nadal aura de toute façon un jour de repos après son éventuel marathon face au Serbe.
Cette semaine aura été riche en enseignements pour le top 4. Nadal a une fois de plus trop joué sur terre mais il reste le grandissime favori à une semaine du coup d’envoi de Roland Garros. Federer s’est rassuré sur son niveau de jeu et surtout nous assure qu’il n’est pas encore prêt à jouer les seconds rôles. Rassurant pour la deuxième moitié de saison. Djokovic a démontré à nouveau qu’il était un très grand joueur ce dont personne ne doutait, mais surtout il a étonné par sa volonté et son physique qu’il a poussés dans leurs derniers retranchements. Enfin Murray esquisse ici et là le profil d’un futur excellent joueur de terre mais il reste à l’heure actuelle très sensiblement en deça des trois autres.
Cette année le suspense pointera vraisemblablement encore aux abonnés absents porte d’Auteuil mais Madrid a certainement posé les bases d’une deuxième moitié de saison exceptionnelle.
Bon article, merci.
Article sympa.
Deux ou trois points :
Il n’y avait pas besoin d’être un génie pour pronostiquer une victoire de Federer au vu de la demie de Nadal et des conditions de jeu assez rapides, non en raison des particularités de la terre battue madrilène mais de l’altitude (Cf. mon post d’hier matin sur l’article "les Etats Unis dans un traquenard").
Par ailleurs, s’il a abrégé les échanges en prenant des risques, Federer n’est pas particulièrement souvent monté au filet contrairement à ce que l’on lit un peu partout et notamment ici. Seulement 18 montées au filet, un pourcentage très inférieur à l’OA ou à RG l’année dernière.
Il a surtout très bien servi avec une fréquence d’aces et de points remportés sur sa première balle comparable à sa moyenne sur dur face à Nadal. Il a exceptionnellement bien servi en seconde balle, gagnant aussi fréquemment le point que sur sa première. S’il n’a pas souvent fait le point sur la première de Nadal, moins que d’habitude en réalité, il a en revanche très bien exploité ses rares secondes balles et surtout, c’est là l’essentiel, gagné tous les points les plus importants : 4 balles de break sauvées sur 4 et 2 balles de break converties sur 2...Bref, un très bon Federer face à un Nadal logiquement émoussé vu son match de la veille, le tout avec des conditions de jeu qui sont assez voisines d’une terre battue américaine et puis voilà...
Tout ceci n’empêchera sans doute pas Nadal de gagner Roland Garros ; Nadal aura simplement perdu un match sur terre comme chaque année ou presque.
En revanche, Federer a posé le premier jalon d’une possible victoire à Wimbledon...
Un mot sur Djokovic qui a été très bon en demie : il a tenu la comparaison au troisième set alors qu’il commençait à être fatigué. Je ne pense pas qu’il aurait tenu deux sets de plus et ne vois donc pas comment il pourrait gagner en trois sets gagnants contre Nadal à Paris, sauf peut être à gagner les deux premiers et gagner ensuite l’un des trois suivants..Très improbable...En revanche, il peut battre Federer qui ne va pas jouer des matchs de cinq ou six heures...
"En revanche, Federer a posé le premier jalon d’une possible victoire à Wimbledon..."
C’est un peu ça ma conclusion. Sur cette finale je n’ai pas vu un Federer brillant mais un Federer appliqué qui joue sur ses points forts. C’est ça qui m’a plu. Qu’il admette enfin qu’il existe trois joueurs plus forts que lui en fond de court.
En jouant de cette manière, même sans briller, il est intouchable à Wimbledon et à l’UsOpen.
Nadal a t il vraiment trop joue sur terre ? Finalement de toute la saison, il n’a joue q’un match de plus que Djokovic (la finale de Madrid, soit 1H26). Djokovic a t il trop joue sur terre ? C’est la question qu’on se serait pose s’il avait gagne la demi..
..Tout à fait d’accord. Nadal a seulement joué trop longtemps samedi contre Djokovic..
Bon article
1- Nadal a souffert contre Djokovicen demi-finale, c’est Nole le vrai rival du Majorquin
2- La terre de Madrid est plus rapide que celle de RG
3- A Roland, les matches seront en 3 sets gagnants
4- Nadal s’est économisé pour ne pas se blesser en vue du Grand Chelem parisien, qui est son objectif majeur, plus que Madrid
5- Federer a certes gagné cette finale, mais il faudra bien plus de choses pour triompher à RG ... notamment s’il croise Djokovic avant Nadal sur sa route.
Merci pour cet article intéressant. Sur le fait que Nadal ait joué trop de matches sur terre battue, il n’y a pas de gros écart avec l’an dernier : 16 matches en 2008, 18 matches en 2009. Je ne compte pas les matches de Coupe Davis.
En 2007, Nadal avait joué 20 matches de terre battue avant d’arriver à Roland-Garros. Donc en nombre de matches joués 2007>2009>2008 avec à chaque fois un écart de deux matches.
L’écart entre 2009 et les autres années s’explique aussi par les deux W/O dont a bénéficié Nadal cette année

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