Pour l’honneur !
L’Acte II du retour de Mahyar Monshipour
Samedi 24 janvier, Mahyar Monshipour organise dans la magnifique enceinte du Palais des Sports de Pau l’Acte II de son retour au plus haut niveau de la boxe lors d’un gala où se déroulent 7 combats
Cela fait 27 ans que Pau n’avait pas connu la joie d’accueillir un match international de boxe et c’est dans l’enceinte du Palais des Sports que Mahyar Monshipour décide d’organiser son gala. J’ai eu la chance d’y aller, et voici le résumé de la soirée.
Le premier combat voit s’affronter Sylvain Chapelle, 22 ans qui compte 11 combats professionnels pour un palmarès de 5 victoires pour 6 défaites et Fouad El Bahji, 20 ans qui compte 5 combats professionnels dont 1 victoire, 3 défaites et 1 match nul. Ce combat et l demi-finale Ligue 2 du Tournoi de France des Super-plumes (- de 58,967 kgs) et se déroule en 6 rounds de 3 minutes. A l’entrée des boxeurs, Sylvain Chapelle parait en confiance et cela se voit sur le ring. Il prend l’ascendant sur Fouad qui encaisse les coups. Fouad se défend mais Sylvain donne l’impression claire d’être au dessus. Cependant,la rencontre va au bout des 6 rounds.Lors de ce type de rencontre, le seul juge et arbitre est l’arbitre de ring et ce dernier va donner la victoire à Fouad par 58 points contre 57 à Sylvain Chapelle. Résultat surprenant et c’est tout le Palais des Sports qui fait une bronca (qui nous rappelle les plus belles rencontres de l’Elan) contre l’arbitre. En effet, il est difficilement croyable de penser que Fouad ai pu gagner cette rencontre vu la maîtrise affiché par Sylvain. La bronca dure bien 3 longues minutes...
Le deuxième combat met aux prises Malik Yahiaoui, 32 ans, 16 combats professionnels pour un palmarès de 9 victoires, 4 défaites et 3 nuls et l’aquitain Pascal Lacampagne, 34 ans samedi soir, 10 combats professionnels pour 4 victoires, 6 défaites et 1 match nul. Le combat compte pour la demi-finale Ligue 1 de la Coupe de France dans la catégorie des Lourds-Légers (- de 90,719 kgs) et se déroule en 8 rounds de 3 minutes. Les 3 premiers rounds sont assez équilibrés même si Lacampagne ose un genou à terre dès le premier round. Mais le chemin de croix de l’Aquitain commence à partir du quatrième round où il repose un genou à terre sous la puissance des coups de Malik Yahiaoui. Comme le dit le célèbre adage, "Jamaisdeux sans trois" et Lacampagne touche le sol lors du cinquième round. La suite sera à sens unique et lors du huitième round et d’une nouvelle chute au sol, les entraîneurs de Lacampagnejettent l’éponge, ce qui signifie la fin du match et la victoire de Malik Yahiaoui.
Le troisième combat est le plus attendu de tous. En effet, Mahyar Monshipour-Kermani AKA «Little Tyson» dans son second combat qui marque son retour sur les rings affronte l’anglais Sean Hugues. On ne présente plus Mahyar, 33 ans, 1m64 pour 55,8 kgs qui compte 35 matches professionnels pour 30 victoires dont 20 avant la limite, 2 matches nuls et 3 défaites dont la dernière était également son dernier match le 18 mars 2006 face à Somsak Sithchatchawal pour la ceinture de champion du monde WBA. Son adversaire du soir est un anglais qui, selon Mahyar, «ne triche pas, est loyal et est dur au mal». Sean Hugues a 26 ans, mesure 1m75 pour 56,7 kgs. Il a disputé 25 matches professionnels pour 15 victoires dont une expéditive, 1 nul et 9 défaites. Le combat se déroule en 10 rounds de 3 minutes chacun. L’entrée de Mahyar est triomphale, tout le Palais des Sports est debout pour accueillir le retour de l’enfant prodige de la boxe française. Le match commence en trombe, les coups fusent et l’anglais prouve qu’il n’est pas venu pour être un simple sparring partner. Il rend 10 cm à Mahyar qui, au début, a du mal à gérer cette différence. A partir du deuxième round Mahyar commence à dominer les débats, les coups se font de plus en plus précis et rapide. Malgré tout, Sean Hugues se défend et Mahyar prend lui aussi quelques coups bien placés. Mahyar monte en puissance et accélère de plus enplus et procède par de nombreuses accélérations pour atteindre son adversaire. Le combat est mené à un rythme d’enfer, Sean Hugues finit avec le nez en sang et au huitième round, l’arbitre décide de clore les débats. Mahyar n’a pas eu besoin de trop forcer malgré le fait qu’il ait prit pas mal de coups. A la fin du combat, Mahyar rend hommage à son adversaire qui fut dur au mal et qui ne truqua pas le match. En effet, malgré de nombreux coups, l’anglais se battit jusqu’au bout sans tricher. Monshipour, malgré tout serein, avoue qu’il n’a «jamais douté. J’ai été six fois champion du monde, des fous j’en ai eu en face de moi mais là je n’ai pas souffert.»
Vu l’intensité du combat, j’ai eu un peu de mal à suivre les deux combats suivants, vu que la pression et l’enjeu était retombé.
Pourtant, le quatrième match est un combat féminin qui met aux prises Isabelle Leonardi, 38 ans, agent de sécurité à la RATP (elle doit bien s’amuser avec les frères Guénot), 6 matches professionnels, 2 victoires, 1 nul, 3 défaites. Elle pèse 52 kgs. Chose extrêmement rare, elle a commencé la boxe à 34 ans, âge où la plupart des sportifs prennent leur retraite. Face à elle, Aziza Oubaita, 36 ans, styliste de son état. Elle compte 8 combats pour 7 victoires dont 3 avant la limite et 1 match nul. Le combat se déroule en 6 rounds de 2 minutes. A première vue, le combat est déséquilibré entre une Aziza invaincu et une Isabelle qui gagne peu. Le combat est brouillon, les filles se tiennent et s’accrochent, peu de coups partent. Le rythme est très haché et j’avoue que le match m’a paru très, très long. Malgré tout, la fin du match réserve une surprise car les juges déclarent Isabelle Léonardi victorieuse. C’est une désillusion pour Aziza qui quittent le ring, elle qui était invaincu jusque là.
Le cinquième combat est international et voit s’affronter Daniel Sassou Kodjo, togolais, 29 ans qui a disputé44 combats pour 26 victoires dont 7 KO, 4 nuls et 14 défaites dont 4 avant la limite face à Zsolt Nagy, hongrois, 24 ans, 17 combats pour 12 victoires dont 5 avant la limite et 5 défaites dont 3 par KO. Le combat compte pour la catégorie des super-coqs et se déroule en 10 rounds de 3 minutes chacun. Daniel Sassou Kodjo est un sparring-partner de Mahyar Monshipour. Le combat est assez serré malgré une puissance physique plus forte chez le togolais et c’est logiquement Daniel qui remporte ce combat aux points. Le combat ne fut pas des plus passionnants mais malgré tout intéressant.
Le sixième combat fait lever les foules. Pourtant, rien ne le présageais. Le combat compte pour la demi-finale de la Coupe de la Ligue des Mi-Lourds (- de 79,378 kgs). Les deux pugilistes sont Doudou (drôle de prénom pour un boxer pas vraiment doux) N’Gumbu, 26 ans, 1m80, 14 combats et invaincu dont 8 victoire par KO et Jose Tavares Borges Semedo, 33 ans, 12 combats pour 11 victoire dont 4 par KO et 1 défaite et qui a reprit les chemins du ring depuis à peine 1 ans après une année 2007 blanche. Le combat est à sens unique. En effet, dés la moitié du premier round, Doudou N’Gumbu ajuste Tavares d’un crochet du droit. Tavares est dans les cordes et N’Gumbu ne le lâche plus. Les trois autres rounds ne seront que le reflet du premier. N’Gumbu frappe dés qu’il en a l’occasion et Tavares se réfugie dans les cordes, stratégie qui n’est pas la meilleure pour se défendre. Jose Tavares essaye de se défendre en plaçant quelques attaques mais finalement, il doit abandonner au quatrième round sous les coups de boutoir de Doudou N’Gumbu. Ce dernier va enflammer le Palais par sa bonne humeur communicative et un fair-play respectueux.
Enfin, le septième combat voyait s’affronter Kamel Kada, 1 combat pour 1 défaite à Houaib Abdelli, 2 combats pour 2 défaites. Ce match comptait pour la demi-finale du Critérium espoirs des Super-plumes (- de 58.967 kg) et se déroule en 4 rounds de 3 minutes. Je n’ai pas vu le quatrième round, forcé de partir mais le match fut insipide. Les deux garçons se regardaient mais n’osaient pas cogner. Le public perdant patience commença à houspiller les 2 pugilistes qui commencèrent à enfin se lancer. Peu de coups, beaucoup de sauts et de courses inutiles. Finalement, c’est Kamel Kada qui remporte le match aux points.
En espérant vous avoir intéressé à la boxe à travers ce petit article.
Dédicace...
Salut Jazzy,
Sympa ton compte rendu.
C’est incroyable le nombre de retour d’ex champions, surtout pour s’en prendre plein la tête.
J’ai eu l’occasion de voir un gala de boxe amateur et déjà à ce niveau tu sent la puissance des coups.
ps : il était où Gomez quand Tavarez se faisait exploser la tronche ? ?
Merci Deco,on était au palais donc le ring était en plein milieu mais éloigné malgré le fait qu’on soit devant au 3éme rang. Mais même de là, on entendait les coups. En tout cas, c’est impressionant !
..."et Tavares se réfugie dans les cordes, stratégie qui n’est pas la meilleure pour se défendre"...
J’ai adoré !!!
Sinon, sympa ce compte-rendu pugilistique, il y en a peu.
Merci Bolchoï ! En effet, peu d’articles de ce style. Je dois être un des seuls à ne pas avoir faits 2 articles sur le même sport !
Merci à l’auteur.
La débauche d’énergie des protagonistes se retrouvent dans ton texte, rempli de sueur, de sang et de larmes (ben, oui y’a des femmes).
Sinon encore un boxeur qui bat Lacampagne ! Ca commence à faire beaucoup.
Pour Monshipour je crois à son retour. Grâce à son travail sur le concept de gants de boxe à la volonté propre et ses méditations sur le déplacement en tant que mouvement involontaire néanmoins consciemment provoqué je le sens armé comme jamais.
La réponse brillante qu’il donne à la question de la quadrature du ring lui donne un avantage intellectuel non négligeable dans un sport qui utilise beaucoup plus le cerveau que l’on ne le croit. A noter d’ailleurs que les boxeurs les plus intelligents ne sont pas connus parce qu’ils ne sont tout simplement jamais monté sur un ring.
Merci Capri ! Je te remercie, c’est vrai qu’il y a bcp de sentiments dans un combat. Lacampagne a fêté son anniversaire d’une drôle de façon ! Le pauvre n’était pas bien. Mais bon, à 34 ans, ça va être dur de remonter.
Au fait , où sont passés les photos ?

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