Hommage à Claude PAPI.
Le meilleur footballeur corse de tous les temps.
Le 28 janvier 1983 il y a 25 ans, disparaissait Claude PAPI, victime d’une rupture d’anévrisme. Pour rendre hommage à sa mémoire, redécouvrons le parcours de ce footballeur rayonnant, attachant et d’une fidèlité infaillible aux couleurs du Sporting Club de Bastia.
C’est au cours de la saison 1967-68 (alors queBASTIA est en 2e division) que PAPI commence à faire des apparitions remarquées. Finalement en 1968 il réussit son bac et aura contribué à la montée du club en 1ère division, BASTIAdécrochant le titre de champion de France de D2.La 1ère année dans l’élite se passe bien,BASTIA termine 6e et PAPI s’impose en milieu de terrain. Sa vision du jeu, sa technique, sa vitesse et sa combativité sont appréciées. Même si les deux saisons suivantes sont difficiles pour BASTIA (17een 69-70 et 70-71), PAPI s’avère un élément indispensable. Après ces deux saisons éprouvantes, Pierre CAHUZAC, celui qui afait grimper tous les échelonsau Gazelec d’AJACCIO,devient l’entraîneur du club et BASTIA va connaître sesplus bellesannées. La saison 1971-72 se passe très bien pour le club qui, de surcroit, réalise un superbe parcours en Coupe de France, parvenant jusqu’en finale en éliminant l’AC AJACCIO dans un chaud derby puis LENS en 1/2 finale où PAPI se montra encore à son avantage. Mais l’OM de MAGNUSSON et SKOBLAR, champion de France la même année, se dresse sur la route deBASTIAqui perd sur le fil sur le score de 2-1 (Buts de COUECOU et SKOBLAR pour l’OM contre un but de FRANCESCHETTI pour les corses). Mais cette finale perdue contre les champions de France permettra à BASTIA de découvrir la compétition européenne en jouant la Coupedes Coupes (C2) l’année suivante.
Malgré un duel serré face à l’Atletico MADRID (0-0 à
l’aller et une défaite sur le fil 2-1 à Madrid), sur la scène nationale BASTIA reste encore dans la première moitié de tableau.
PAPI, enchaînant
les bonnes prestations, est convoqué en Equipe de France le 21 novembre 1973
pour un match au Parc des Princes face au DANEMARK. Alors que le score est de
0-0, il rentre en 2e mi-temps à la place de RAVIER, et contribue au succès des
Bleus qui l’emportent 3-0. Tout le monde croit alors que PAPI, qui a éclairé l’entrejeu des Bleus, sera à
nouveau convoqué. Mais lors du match suivant face à la ROUMANIE, PAPI ne lira pas son nom parmi les
sélectionnés. Qu’importe, Claude
travaillera encore et toujours, il avait un tempérament de gagneur et était
combatif mais toujours correct sur un terrain. Claude PAPIétait souvent partout sur lapelouse
et possèdait un registre étonnant. Il pouvait se battre dans un mouchoir, comme
pratiquer de très larges ouvertures. On le trouvait en retrait ou en pointe, au
centre ou à l’aile, en attaque et en défense. Ses tirsétaient à la fois précis
et meurtriers, du pied ou de la tête. C’était un joueur «super-complet». C’était
aussi un joueur «paradoxal». Il ne semblait pas doué d’un dynamisme particulier,
et pourtant il se battait pendant tout un match à une vitesse qui déroutait
souvent l’adversaire.Tranquille et même placide dans la vie civile, ilétait
extrêmement vif et combatifdans le jeu. Il a toujours paru(peut-être à cause
d’un commencement précoce de calvitie) plus vieux que son âge, au point que
Stéfan KOVACS, sélectionneur des Bleus devant qui l’on s’étonnait de voir PAPI «oublié» en Equipe de France,
répondit qu’il était «trop vieux»: il avait alors 24 ans! Mais le 26 mars
1975, PAPI est appelé une 2e fois en
Equipe de France pour un match au Parc des Princes face à la HONGRIE. Encore une
fois il est remplaçant, encore une fois il rentre en 2e mi-temps alors que le
score est de 0-0, et encore une fois il contribue à la victoire des Bleus qui
s’imposent 2-0. Et encore une fois, il ne sera pas convoqué lors du match
suivant. Claude PAPI a été très
marqué par ces deux matches car il avait eu l’impression d’avoir bien joué et se
demandait pourquoi on ne lui faisait pas confiance.
Claudeétait gentil, discret et modeste malgrésa
positionde leader etde meneur à BASTIA, il n’a
jamais eu la grosse tête. C’était une personne ouverte, c’est lui qui
accueillait les étrangers de l’équipe en premier et leur faisait découvrir la
Corse. Notamment Dragan DZAJIC qui est resté un ami de la famille PAPI, ou encore Johnny REP. Malgré son
rôle de leader dans le club et la réputation de star de ces vedettes étrangères,
PAPI était toujours au service de
l’équipe et facilitait énormément l’intégration de ces fabuleux joueurs. C’est
justementà partir de la saison 1976-77que BASTIA va
prendre son envol, PAPI distillant
des passes, des caviars, des ouvertures géniales à DZAJIC, à FELIX ou à
ZIMAKO,l’attaque bastiaise sera la plus prolifique de France cette saison-là et
le club termine à la 3e place, synonyme de qualification en Coupe de l’UEFA. Et
la campagne européenne 77-78 de BASTIA va marquer les
esprits, avec à ses côtés la star hollandaise Johnny REP et bien d’autres
joueurs, PAPI va se transcender au
niveau continental en marquant pas moins de 7 buts durant l’épreuve, dont celui
qui qualifie BASTIA pour la finale. Une finale perdue
qui laissa quelquesregrets. Mais cette fabuleuse épopée européenne lui valut d’être
sélectionné pour la Coupe du Monde 78 en ARGENTINE par Michel HIDALGO.Après
deux défaites face à l’ITALIE etl’ARGENTINE, PAPI ne joue que le 3e match pour l’honneur contre
la HONGRIE (victoire 3-0), il est remplacé en 2e mi-temps par Michel
PLATINI.Claude PAPI ne rejouera
plus jamais en Equipe de France et restera à 3 sélectionspour autant
devictoires.
En 1978, Claude
PAPI reçoit de nombreuses offres d’autres clubs, parmi celles-ci
:une du FC NANTES (intéressante sportivement) et une autre du COSMOS de
New-York du roi PELE (intéressante financièrement). Mais Claude PAPI préfèrait de loin les aiguilles de
BAVELLA aux gratte-ciels new-yorkais et décida de rester fidèle à son club pour
toujours. Le Sporting Club de BASTIA, c’était tout
pour Claude. Il sera encore un
exemple pour ses jeunes partenaires et emmènera à nouveau BASTIA en finale de la Coupe de Franceen 1981.
Malheureusement pour lui,PAPI est
contraint de déclarer forfait pour la finale à cause d’une blessure aux
adducteurs mais il aura la consolation de voir ses partenaires remporter la
Coupe aux dépens du champion SAINT-ETIENNE, privé du doublé. Une victoire 2-1 grâce à des buts de MARCIALIS et MILLA. Ce fut un événement
historique pour la Corse.
La fin de carrière deClaudefut difficile à cause de blessures, il
jette l’éponge en 1982. Avec BASTIA, Claude PAPI aura joué 421 matches pour 114
buts inscrits.
Le 28 janvier 1983,la Corse (et le monde du football) apprend avec stupeur le décès de Claude PAPI d’une rupture d’anévrisme alors qu’il était en train de jouer au tennis.
Enfants de CORSE, n’oubliez jamais que Claude PAPIreste le meilleur footballeurque notre île ait connu.
merci lonzu,bel hommage a un joueur trop meconnu en dehors des "frontieres" corses...aujourd hui,meme si un joueur explose,que ce soit a bastia ou ailleurs,il n y a plus cet amour du maillot,du club,de la ville,y a plus tout ca...le joueur se barre...encore une fois,merci
superbe article, un plaisir de découvrir un joueur dont je ne connaissais presque rien.
Ca devient rare les joueurs fidèles, qui portent un club toute leur vie. Aujourd’hui il y a encore des joueurs fidèles comme Bernard mendy au PSG, mais c’est parce que personne veut l’acheter.
Bravo Papi, ca avait l’air d’être un type bien. Il a du apprécier de pas être sélectionné en Equipe de France à 25 ans car trop vieux... Faut dire avec une calvitie précoce et un nom pareil, il y avait de quoi se méprendre.
Enfin merci l’auteur de mettre en évidence des grands moments bastiais autres que des tacles au niveau de la gorge de Rool ou Jurietti
Merci pour ce souvenir. Bastia a souvent eu des joueurs très attachés au club, un attachement à leur île souvent très fort.
très bon article. Les enfants de Corse ne l’oublieront pas mais l’enfant de bretagne que je suis ne l’oublie pas non plus. C’est tous les enfants du "continent" qui doivent savoir que Claude Papi était le meilleur footbaleur que la corse ait connu. J’étais petit mais je vois encore mon père écouter à la radio l’épopée bastiaise. de ma chambre, une fois couché, je l’entendais rire ou crier à chaque but bastiais. Une équipe soudée, euphorique et qui a su communiquer son enthousiaste bien au delà de la corse !! 1983 : sale année pour nos idoles !!

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